VILLAGE SÉNÉGALAIS
C’est sous la direction du commandant Noirot, que la petite colonie de Sénégalais, composée de trente personnes, hommes, femmes, enfants ont achevé leurs habitations et formé, au cœur de Pans, un village tout pareil à celui qu’ils habitaient sous leur ciel africain.
Les Sénégalais ont le type le plus pur du nègre, mais cela ne les empêche point de parler très correctement le français et d’être de mœurs très affables.
Leur chef est cette sorte de colosse très vigoureux, dont les mains énormes qui pourraient ployer de grosses masses de fer, fabriquent très adroitement,
des bijoux. Son nom est Somba-Hamlé-Thiam; c’est un des joailliers importants de Saint-Louis.
Voici, à côté de la bijouterie, la forge où un forgeron Sarakolé travaille avec un aide, sous la maison commune du village, puis un tisserand, Lébon, avec son métier ingénieux, et enfin un bijoutier sambalavlé dont l’atelier a été reconstitué tel qu'il est dans son véritable village. Près de lui, se trouve un second bijoutier, qui celui-là vient du Soudan Français, puis un cordonnier ouolof, un pasteur Peulh dont le gourbi en bâtons et bambous tressés est entouré de cases bambora du Fouta- Djallon.
Et pour donner une plus grande illusion, dans les rues circulent les griots , musiciens noirs, harnachés bizarrement, jouant de la guitare, ou d’une harpe faite d’une calebasse, et faisant, en dansant, des incantations sacrées.
Le costume des Sénégalais est très simple, comme vous le voyez. Il se compose presque uniformément, pour toutes les peuplades de ces parages, d’une large culotte approchant de celle des Arabes, et de cette sorte de veston ou plutôt de gilet sans manches, taillé tout droit, ouvert sur la poitrine, qu'ils appellent boulou. Ils portent aux pieds des sandales que retiennent des courroies réunies au cou-de-pied.
C’est à la couleur et au plus ou moins de broderies du boulou que se reconnaissent les riches et les pauvres. Le bleu est leur couleur préférée.
Les Maures ont un costume plus simple. Leurs femmes se drapent à l’antique dans une pièce de coton de dix mètres de Ions.
La tour Saldé, qui se trouve à l’angle du village sénégalais, sur un revêtement de terre, et formant une tourelle coiffée de paille, est la reproduction du premier blokaus français au Sénégal, construit par le général Faidherbe.