‹ Les coulisses de l'expositionChapitre 49 sur 212 · COMPARAISON · texte numérisé non relu

COMPARAISON

Il faudrait être, d’ailleurs, de bien mauvaise foi, pour ne pas convenir que M. Eiffel a fait un surprenant tour de force, quand son édifice dépasse presque de moitié les plus hautes manifestations de l’architecture universelle.

En effet, vous le savez, les tours de Notre-Dame ont 66 mètres de haut; le Panthéon en a 79; le dôme des Invalides, qui est le monument le plus élevé de Paris, a 105 mètres de hauteur.

La flèche de Strasbourg a 142 mètres ; la grande pyramide d'Égypte, 146 mètres; la cathédrale de Rouen arrive à 150 mètres du sol, et n’est dépassée que par la cathédrale de Cologne, qui, terminée depuis peu, atteint 156 mètres; mais les Américains ont repris la corde, en élevant à Washington un immense obélisque en maçonnerie de 169 mètres de hauteur, qui n’a été construit qu’au prix des plus grandes difficultés.

Ajoutons que, pour les yeux, la forme élancée de

la Tour semble augmenter encore ses dimensions, elle forme une entrée triomphale de l’Exposition : et sous ses grands arceaux, on voit, du pont d’Iéna, se découper le dôme central qui conduit à la galerie des machines, et de chaque côté, les dômes des galeries des Beaux-Arts et des Arts libéraux, où ils s’encadrent merveilleusement.

De l’intérieur même des jardins de l’Exposition, on voit apparaître le Trocadéro, qui forme le fond d’un admirable décor. En un mot, au grand étonnement de beaucoup de personnes des plus compétentes, mais non au mien, elle encadre tout et n’écrase rien, pas même les intéressants édiiices de l’habitation humaine, que construit à ses pieds le célèbre architecte Charles Garnier.

M. Eiffel avait donc raison d’avoir foi en son œuvre et de penser, avec un légitime orgueil, qu’elle serait la grande attraction de l’Exposition ; et aujourd’hui, il semble que, en mettant à part le grand souvenir auquel cette Exposition se rattache, elle n’aurait plus de raison d’être, plus d’attrait sans cette merveille du génie constructeur, digne épilogue du siècle qui finit, exemple admirable pour celui qui commence.

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