LA REPRODUCTION ET LIMITATION
Il était dit d’ailleurs, que la Tour, tant discutée elle-même, serait encore une cause de discussions.
Nous voulons parler de la fameuse question des « reproductions de la Tour Eilfel. » Jusqu’en 1887, M. Eiffel avait autorisé, et sans prélever sur elles aucun droit, toutes les reproductions de sa Tour Sans compter les gravures de toute sorte la représentant, on vit à la vitrine des bijoutiers, quantité de Tours Eiffel miniature en or ou en argent, sous forme de pendules, de cachets, de breloques, etc.
Plus tard, MM. Jules Jaluzot et Cie, du Printemps, demandèrent à M. Eiffel la cession du droit de repro-
duction de son œuvre. Le célèbre ingénieur passa avec ces messieurs un traité où il se réservait certaines formes de la reproduction, comme la gravure, la photogravure et les dessins de la Tour. La nouvelle une fois répandue fit grand bruit parmi les bijoutiers qui avaient en magasin un stock énorme de réductions de la Tour et qui devaient payer de gros droits (20 0/0) à M. Jaluzot.
L’émotion fut telle parmi eux que M. Eiffel, faisant preuve d’un grand désintéressement, proposa à M. Jaluzot la résiliation pure et simple du traité, décidé à laisser le commerce parisien fabriquer des images de la Tour sans payer aucune redevance. Mais celui-ci ne voulut rien entendre et intenta à M. Eiffel un procès qu’il a perdu définitivement, le constructeur de la Tour n’étant qu’entrepreneur et ne pouvant faire commerce d'un droit qu’il ne s’était par réservé.
M. Jaluzot a même été condamné à des dommages intérêts à cette occasion envers M. du Pasquier, un fabricant chez qui il avait fait saisir un modèle en miniature de la Tour.
Tout le monde a approuvé le jugement qui était la sagesse même. L’œuvre de M. Eiffel étant la propriété de l’Etat pendant la durée de l’Exposition et celle de la ville de Paris par la suite, il est évident que le constructeur n’avait pas qualité pour empêcher le petit commerce de gagner quelque argent en exploitant la reproduction d’un monument appartenant à tous les Français, au moins pendant l’Exposition.