LS8 RIVAUX BBS GRANDS HOMMES
— j^éiiérol, père et fiancé à la fois. Il paraît bien plus occupé pendant les premiers actes de mettre en sftretô t'ai vie , sa promise , que de détruire l'éternel adversaire ie home, tètte l^vie pourrait chanter l'air fameux :
Akl quefême Ui milHêireit Mon, il faut Favouor à la ivoire des amei, Faustine, les gntnlert ont pour nous plsi ùê oMmei,
Leur mérite à mes yeux luriUe «vae plM d*éclat Que ceux de qui la pourpre est toojoars an Sdnat.
If^égulus tombe entre les mains des Carthaginois par\â trahison tribun iniUtaireykanniuSy un rival--- bien entendu, et tout le troisième acte — le cœur do l'action 'î —
se passe sans le i^ rsoiauiye principal, — ce qui indique assez l'absence du sens dramatique chez Pradou. Ré^ulus revient , et quand arrive la sc^e donnée tout 'à 'fait par l'histoire , le poëte met dans la bouciie àe Régulus des
vers à coup sur au niveau de cette tradition sublime :
tà fomlt^ MMCDii, Vient 4e chàViger de 1^;
en doit fièrement ^tenir la disp^râce.
Si vous voyez en moy, par un bizarre effort. Vu èxêVnpYe T&ihe'ûx 'dè& catArib'èë dà soA; Si mon bras a manqué la prise de Garlhage, C'est dans un grand revers qu'on voit un grand eDurage. Blîlle et mille succès semblaient m'av oir promis Que je devais compter tant de fiers ennemis. Les entraîner un jour au pied du Capitole. Vous me voyez captif, mais ce qui m'en console, fêljf rempli mon devoir et, si je suis vaincu, ifêlt là tÊmtà du lert et aoa de ma vertu.
Aomains, fé vous Vmroiie, en ce péril extrême, Pour vous persMder je stiis venu moi-même^ La paix, plus que la mort^ m'a donné de VeOMf;
J'ay tremblé des bonl(''s que vous auriez pour moy, Ainsi, je vous défends de racliotor ma vie Par cette paix honteuse et pleine d'infamie.
Il me semble que si ce yeps
8i . LB8 C0UU88BS DU* PASSÉ.
J*ai tremblé des bootés que vo«» auriez pour moi,
se fût trouvé dans Corneille, il serait resté dans toutes les mémoires. — Régulas ensuite redevient Tamoureux le
plus vulgaire et, à part ces deux vers, dont le second est beau,
On s'oppose à mes pas, on veut ternir ma gloire, On m'arrache, en un mot, ma plus belle victoire,
cette inspiration intermittente abandonne complètement Pradon. Tout finit par l'inévitable récit de la mort de Ré* gulus.
Dans Scjpwn 1* Africain ^ le poëte n'a pas manqué de faire le général romain amoureux de la nièce d'Annibal, ce qui fait que, lorsque Scipion est sur le point de gagner la bataille de Zama, il en est ravi comme grand homme, mais désolé comme neveu futur*. L'entrevue d'Annibal et de Scipion interrompt heureusement ces grotesques perplexités* La scène n'est pas indigne d'ôtre comparée à celle de Pompée et de Sertorius. Voici ce que dit Ânnibal à Scipion, s'étonnant de lui voir demander la paix :
Je le veux, je le dois ; la fortune éclatante.
Qui fut assez longtemps pour moy ferme et coBitenle*
Ne m'a point éblooy ; ses InégeUtés
Vont fait YOir qualquefois ses infldélitës,
Et, bien qu'elle ait paru s^attaoher à mes tracas.
Ses foveurs m*ont instruit bien moins que ses disgrioas*
Pour vous, seigneur, je crains qu'un éternel bonheur
Du dessein do la paix in'éloigue votre cœur.
Jusqu'icy la Fortune à vos vœux fut fidelle ;
Vous n'avez point encor été trompé par elle.
Commandant dans un âge où l'on doit obéir.
Mille et mille succès ont dû vous éblooir.
L'univers étonné vous craint at vous adaiira; Mais dans ce haut degré de gloire at de splendattr, Boipion» redoutai yotra propre grandeur.
LÊB RIVAUX 'DB8 OIUICDB HOMMES. '
J'en passe et des meilleurs. /
Ânuibal rappelle à Scipioii la circonspectiou salutaire de Fabius :
Et toujoars devant moi ce graod homme ploy«iit| Rétablit sa patrie et vainquit en fujant.
temom.
Je m'accommode peu de pveillt victoire, Bi laisse à rabias ses lealsiirs et sa gloira.
N'est-ce pas là le souflle de Corneille? Mais voici qu'Annibaly à bout d'ar^^ameiLts, songe à sa niôoe. Les maisons Foy et Williaame auraient pu se diarger d'une partie de la mission d'Annibal. Ce dernier, qui se rappelle le tort que Capoue a fait à ses soldats, essaye de le faire réparer par sa nièce Ispérie ; mais celle-ci u'aime pas le héros, et Seipion, yainquenr après la bataille de Zama, réalise à peu près le trait de sa eontinenoe légendaire. 11 marie Ispérie à un certain Luceius, eu vers qui valent mieux que la situation.
Dieas I ne grâce, achevés Va triomphe hnmorlel dont la gloire sessée De tout ce (lae f ay fait passe la renommée, Vonr laisser na exempte à la postérité, Rare, mais cependant qui paisse âHe ianité : Oui, madame, aiijourd'huy jo veux, quoy qu'il m'en COAte^ Enseigner aux inuriels cette nouvelle route ; Leur montrer comme on peut dompter sa passion, Et vainqueur d'Annibal, vaincre encor Scipion.
Je ne pois mieux terminer que par cet admirable vers
l'examen de tout le théûtre imprimé de Pradon , à part Phèdre et Hippoiytet dont je vais m'occuper. 11 était évident que ee dernier si:get appartenant exolusivement à la passion, Fradon, qui n'a jamais eu que de la galanterie
fade, en exceptant, si Ton veut, les petits vers si connus et assez ^oiis ;
Vous nV'crivez que pour écrire.
Moi qui vous aime tendreuient.
Je m'écris que pour YOtts le dire,
pei-drait là tous MS avantages et se retrouverait avec toutes ses lacunes. Je n'analyserai pas la pièce. L4iliarpe l'a fait avec passion et sans fendre la moindre justice même à Thomme. L'actioti est Kdfitfbse , absurde^ les situations, parfois indiquées en germe, avortent; les irivraisemblanees y sont monstrueuses. Phèdre, même qtiaild ThMê est là, sécpieBtre Impudemment Aricia et menace de la faire périf. Hippolyte, làehement, ou plutôt béteement, refuse la mniii flo celle ffu'il aiino de peur d'exposer sa vie. Les moyens y sont d'uae rare puérilité ; — la jalousie de Thésée est éToillée contre son fils pai' un oracle. IIip[»olyte^ dfi demaiidani grâce pont da belle, sé laisse surprendre aux j,''enoux de Phèdre par Thésée — ce (Jui, comme le dit très-bien Laharpe, n'est que comique.
Le rôle de Phèdre — le seul cependant qui âii qttelqde effet, — contraireiRenl aux assertions des apologistes de
Pradon qui veulent ({u'il ait fait également valoir tous les personnages — est incohérenti illogique, à la fois timide et odieux. On sait (fu'ells s'est que la fiancée de Thésée, et êèë lors il n*y a plus ni ofime, ni drame, ni ^mords, ni ijitérôt. On ne compi-eud pas à la lin poiuqiioi elle part avec Hippolyte, qui la repousse et la méprise — ce qu'on vieal êâammt à Thésée* Oi^-iLi pri» tous deux le eàar antique à l'heure pour les conduire k quelque lae', aux portes de Trézène ? Ce n'est même pas expliqué.
Nous apprenons enfin que Phèdre s'est poignardée sur le corps d'Uippoiyte, lequrt a versé seul dans fahkMr de la fatalité. — L'auteur n'ose pas mènie faire reparallrè Phèd re à la fin. Un récit du confident vient s'ajouter à