ROLAND
Peut-être. Si lu conaaia ma valeur, commeol peux-lu parler ainsi Y
Parce qa'on • offensé mon rei, qui est di^ie de tous lee bonneait.
I10LA?ÎD.
Tu te ûes au sauf-cuuUuit accordé à tout messager.
BttRâBO.
Mon pas ; J'ai confiance en ma lame d*aoier qui est la meilleue des proieciions. Ici même. Je vous attends, toi et tons ceux qui sont STec toi.
8aia»ta que Je sois Robndf
MlHAte
Sais-tu que je suis iiernard ?
lf»LAIUI«
Quoi l Tu serais Bernard f
IMB OOUUSaift BU PASSÉ.
Lui-mémo.
ROLAIS'D.
Jo suis charmé de to voir, Bernard, tu es un homme vaillaal et lorL Voici mes bras et mou upée.
Arriérai
Que oraiaB-iu t
UMIAAD.
le n'ai pas tfembmaemettts pour mon] ennemi ; ai ta veux me voir en face» illastra Roland, qa'attènds-ti f
aOLAMI».
Non, retire-toi en paix. Relourno en Espagne, c'est là qu'il faut m'attendre , c'est là que je veux îe Toir de près, et non pas ici, ce qot ne serait pas on bien grand expMl. le m*estlinerai henraux si, après tant de triomphes et de gloire, Thistoira de mes hauts faits |iettt dire que fat donné la mort à Bernard*
BBMIARn.
Tu fais conaditre ici ta grande âme. Cumte, Je te baise les mains ; tu as épargné ma vie ; je no sais pour tofusl it nois ëssA et seiS le meilleur. {Aux eke9êUeri)i Venez en Espagne , e vous ferai connaître ce <ine vaut cette épée. (1/ ser/.)
Le « Je sais moi-même > vaul le Moi de Médée et restera sublime malgré la parodie aoeidentelle du sire de Framboisy.
La rencontre) dans cette dernière scène; de Roland et de Bernard, ce contact de deux hérotsmos, présage un duel
de géants à Roncevaiix. Vainqueur de Holand et libérateur do l'Espagne, Dei'nard del Carpio demande au roi la liberté do son pèro ; mais, comme dans le Homancero, Alphonse ne raccorde que lorsque le comte de Saldaaa est mort. Alors Bernard fait arracher sa mère au cloître, met s a a in nuicc rôe dans la main glacée du vieillard, et les mane dans une scène saisissante qui pourrait s'appeler la Buperchorio de l'honneur.
vBÈÈtmm âwnpw m ifnawuiL III
DONA XIMKNE.
Je te suiS| Ueruard ; mais remari^ue, ciier lïls, que mou habil me le défend.
Mèto, âtès-voUs réillgieusè f
At«^vobs prommoé m tqmue f
DORA xmiiB.
Je n'ai pu le faire^ puisque nion mari irinàL
hËÊMàÈCÙi
Il n'est plni vtytot, il est mort ; msis, puis(|iié TOOf iflfiR pÊÊ piv» noaeé Yoe vœux, yenez» et vous verrez votre époux.
MMA TmÉM ÊÊânêÊÊMi le eme ^ dtae dteete.
Olil Migaenr cemtel
Il faut que vous nie rendiez le bien dunt vous m'avez privé. Oui, il ëSi nlort, né voiis évanouisi-ez paâ. Légilimez-mui aujourd'hui èh lui donimt vott# flnfiii
DONA. xiaftNE; tfeva/t< le corps de ion Sanekei Mél powfliie, 6 mon époÉBt qmjo vevs veie aonr
miiiMi*
RiAte ftmi&éj Itifiiitef ififtiilrèz du coctfage viril, tte pleurez pas ; car, vive Wm\ ne aère, je perdreie le respeet qgd veu eti i*.
DOMA XIMBNI.
Que voulez-vous donc, eniiQi mou fils ?
WÊMXàMlb»
Je veux qiie voof épeuttei mon père. Donftez*noi votre maiaf
DORA XJMiHK.
La voici.
tottt mirtez'Votts écvec luli madKUe f
9V1 j BNBi w w«m*vw es Temii ineB m» 7 .
UUUlAftft.
Je deviondrai ainsi votre fils légitime. Mon père, serrez-lui la main. Tout mort que vous ôtes , dites : oui ; vous le pouvez. {Uf retournant .) Il a dit oui, je crois, mais si vous no pouvez pas bien prononcer co oui, baissez la tôte en signe d'assentiment. {IL (ait baisser la léle à son père.) Touf voyez qu*U a dit oui, et clairoment, et celui qui dira maintenant que Je ne guii pas légitime, je déclare qae celui-là mem Drille foif . AllooSt Je donnerai la aépvltnre à eelnl qoi tut mon père, et voua» ma méra, retournez dans votre cloître*
Schlegei, tout en préférant Galderon ù Lope de Véga, est un de ceux qui le mettent en parallèle avec Shakespeare, ce qui euf&t à la gloire du po6te de Gaetille. La- Harpe, dans son Cours de lîltérulure, en dépit de ses attaches au Parnasse ofliciel, le déclare bien supérieur à tout ce qui a précédé en France nos grands tragiques du dix-septième siècle, et avoue implicitement par là l'ayance, demeurée incontestée, que l'art libre et sans entraves avait prise eu Angleterre et en Espagne sur notre théâtre.
Pour ma part, peut-être dans ces citations ai-je réussi à prouver que Lope de Yéga est bien effectivement et tout au moins par moments : un Corneille pittoresque.
Toutefois, je le déclare, il m'est impossible de partager renthousiasme du traducteur pour l'ensemble des pièces qui composent ces deux volumes. M. Baret a pu contempler sans voile la muse de I^ope de Véga. Mais, si fidèle que soit le portrait qu'il en tire, un portrait, il faut le dire, n*a jamais la vie de l'original. Tout en reconnaissant les traits ingénieux, la vie du détail dans ces imbroglios touffus, on se fatigue à suivre la course déré* glée de cette imagination d'aventures.
Dans les Caprices de Beliae, qui ouvrent le second volume (nous retrouvons souvent ce nom chez Lope de Véga, de même que nous avons Jes Géronte et les Dorante dans
notre aneien théfltre), oelte préeieiise est dé«ol6e parée
qu'elle est amoureuse d'un esclave, — elle veut se périr (sic) (c'est peut-être fraot^ais en espagnol), ? et voici les hésitations et les combinaisons Yariées que loi inspire son désespoir d'amonr:
Gomment vous terminer, 6 mes tritles journées f Par le poignard? Je resterai pâle, san^lanto et décolorée. Par la corde Y Je serai afTreuse, lalan^o épaisse, la bouche tordue; car, si on ne veut pas de l'épée, il ne reste guère de genre do mort agrc^ablc. Par le poi^îon ? Je serai noire et toute Ixniffie. U me reste la saif?née, la moil do S^necpie. Je mourrai insensiblement, sans douleur, et le cas ne sera pas peu nn^morable, mourir en pleine philosophie. Mourant par la saignée, je demeurerai beUe et propre. Allain, envoie quérir un barbier. Je dirai que je veux me IMre saigner; puis il me sera loisible tfdter la bande, en attendant moD dernier aei^r. Ya, Ftoea» ftis-mol venir ce barbier»
FLOCA.
Que Atet-vonsf Étes-vous folle?
BBUSB.
le venz wte périr,,.
Une note du traducteur, en faisant allusion aux prohi*
bitions teri'il)lcs qui s'élèvent cnti'C Maures et chrétiens, renvoie à une touchante histoire, tirée des Chroniques dAvila, par M. de La Tour, attaché, comme on aait^ à la personne de M. le duc de Montpensier et qui occupa trèsdignement les loisirs de son exil Tolontairo à d'intéressantes recherches dans sa nouvelle patrie. J'ai suivi le courant magnétique de l'indication, etj'ai ti'ouvé, en effet, dans les Nouvelles études ant VEspagne^ un récit des plus saisissants et infiniment plus digne de la plume de Lope de Véga que le sujet des Caprices de Bclise.
Dans les Amours de Jazinin et do la BeUe Galiana, nous voyons une jeune Mauresque, ûlle d'un roi dépos* sédé, envoyée avec une députation à la cour d'un chrétien et devenue l'inséparable de l'infante, sa fille. Galiana
■MîM Itelittttiaa et iNrav«q«9 piMMîmi pveio«de d'an
jenoo ^ntilhomme chrétien nommé Nalvillos, lui-même âauoé à une iiile de grande maison. Nalvillos u'héeitc paa à Mbltet Ms sormante, mais la difiléreiioe do réligkm éilèye, entre lui ejt la femme qa'il aime, nn ^tado insurmontable. Galiana consent à abjurer sa foi pour devenir la femmp de Nalvillos, dont un frère prend, pour dûee, le compte courant d'obligations vis-à-vis de sa fiimoée espa^nple. Le mariage a donc lieu, mais an bepi| • matlvif tlamin w>\ envoyé en ambassade A la pour du mi
chrétien. Le sentiment de sa nationalité et de sa foi pre- W^fS 8^ réveille 0)104 (iaUftoa à |a yui^ di^ mu^ulfpai^. Dans des luttas d^adroasa, il t^amporta aur Nalvillaa. Oahu* ei, outré et déjà jaloux, blesse ^èyement dans le tournoi Jesmin, — ce qui arrache une pxclaip^tion do 4Pule^^* à Galiana, qui avait suivi palpitante cette lutte, avec un intérêt qui n'avait rien de conjugal.
An eri d'angoisse qui lui éehappe, une femme ohrétienne s^éeria avec un admirable instinct : € Maudite soit lafomme qui peut s'affliger d'une belle action de son mari!
Pendant un voyage de Nalvillos, Jezmin enlève la belle Galiana. Une vengeanee terrible du mari qui punit les deux eomplices, clôt ee petit drame si intéressant.
Revenons à Lope de Véga.
Dans le Certain pour Vlncertain, nous retrouvons don Pedre et Transtamarre, frères célèbres par le fratricide, non pas Gain et Abel, mais deux Gains.
Ge sombre sujet a inspiré une tragédie à Debelloy, et
une autre à Voltaire. Debelloy fait s'entr'égorger les deux frères pour l'amour d'une princesse française qu'on appelle, dans la pièce, fiourbon {sic) :
Mon ^éses^oir jaloux to prierait Bourj^oQ, Tel yeux sans'Édouard la Veitaient expirante.