‹ Les coulisses du passéChapitre 29 sur 70 · L.iyiii^ca Uy GoOglc · texte numérisé non relu

L.iyiii^ca Uy GoOglc

jours hidalgo ea Espagne, — hésite à «hsoiMU»» wu la

i»cutcucô, mais le ^eure de suppliée :

LE ROf.

Hais s'il en est ain<:i, pourquoi, étant soldat et geatUhomiue , ne lui ^yes-vuus p4S f^U traucber la tête ?

cuBste.

Le roalez-yotiâ savoir, sire? Comme nos gentilshommes se conduisent bien dans le pays, le bourreau que nous avons n'a pas appris à décapiter. D'ailleurs ceci regarde le mort, et, juiqu'à ce qu'il se plaigne lui-m^ia&, yos^osko» a*a ie droit do s'en nAlif;

Il ne peut se trouver rien à la fois do i)lus simple et de plus héroïque que la réponse de Crespo, et que ce prodigieux fleatiment de Végàlité dans le pays le pins SBTannné à*tH ristocratie qnl soit au monde ; c'est, en un senl mot, tout un 89 de la moi alité sociale. Aussi est-ce, non un honneur pour Galderon. à coup sûr, mais un fait caractéristique tont au moins, que Collot-d*Herbois, m plme révofai'tioa, ait tiré le Paysan megisttmt de VAIoaée dê Mêhimea.

Ailleurs (Aimer après la worl), deux cavaliers se battent dans uae chambre, l'un iirotégeant contre Tauti^ l^hoanenr d'aae fémme qui s'est réfogiée dans la auttsoa. On ftrappe à nno poFts extérienra. « Qns forana-Mnaf »

dit l'un des combattants.

— « Que l'un de nous meure et que l'autre ouvre. »

&L Gsldaron lie eoanaisaait pas le trait oélàbfe d§ por* avilis, il a oréé le « Wii moarût» aspagaoL

Lu vie (le Calderou reflète riispa^iie dans tous ses types : gupi rière, religieuse, royaliste. 11 a été tour à tour soldat, po^ta de eour et poôts sacré, psdtnu On aima à ooanattra oeox qu'oa adiùire et l'on voudrait asouvrir laor cercueil si, hélas 1 la mort elle-même n'était destinée à se décomposer et presque à y dispai^aîtve. l'intéressant avsnt^iurapoa de M* da La Toar, an tisp^ya ua fia«t#ait tle

Galfleron par lui-même. — Mes lecteurs, à coup sur, mo aauroat gré fio leur doiu\pr que Jo n'aurais pu écrkd, et qxie» dans tous lea oas, j'ouase liU plus flatlé.

c Je suis un homme d'une etaiure si peu sociale que grande entre les petites, elle est petite entre les grandes. Demandez plutôt à mou cràue rasé, à mou Iront iésndé... i'ai le front gros de je ne sais quoi» sans que jamais enrive Theure de l'enlantement» mais j'en ressens

les douleurs à chaque quartier de la lune. J'ai à la tempe gauche certaine cicatrice que, pour cause de jalousie, me fit la pointe d'une épëe ; puis viennent les souroils, qui, par des rides inégales, Tont, en se fronçant, r^oindre et l'un et l'autre.

c On ne me trouve pas aisément les yeux si l'on ne les cherche avec grand soin; enfoncés dans leurs orbites, s'ils pleurent, l'un est Huesoar, l'antre le Jnear. La peinte de mes moustaehes se dresse hardiment Yors eux, vrai corbeau que j'ai élevé moi-même pour m'arracher les yeux. — J'ai le teint pâle, la peau sèche et rude, depuis eertain mal qui me vint. Le nés est à sa plaoe, point trop bdte ni trop pointu, mais discret à tel point que le tabac ne lui arrache pas un éternuement.

« La bouche est un vrai panier rompu qui, par ses déebirures, laisse échapper tout ce qu'on y met; elle ne garde que les dents, ces outils de la mftehoire. Mes mains sent des pieds de porc avec leurs soies et leurs ongles, et si maigres que si je les ronge, après autre chose, cette autre chose parait succulente. J'ai la taille longuo s'il plaît à mon tailleur ; sinon elle sera courte, car de la fraise à In oeintnre, il est le maître idies moi. De la cetoture aux jarretières, rien de caché, rien d'inuUle, sauf quatre poches où il n'y a di plus, ni uHrë*

M ifajamheestaa jambe, riendephw: ni telles ni re-

buste, avec les pieds tant soit peu en dedans, mais non cagaeuse du ^enou. Le pied est la seule partie de ma personne dont je poisse dire do bien, saof pourtant qu'il est mal fait, qo*il est long et qu'il sue. Me voie! peint au naturel sans me llatter aucunement, et, si c'est ainsi que jc me vois, boulé du ciel! comment me verrez- vous? »

« Mais laissons pour ce qu'elle est ma sublime figura el allons à la folle bande des ayentures de mu vie, et que tout en raillant, leur souvenir ne m'en soit point trop amer... Un sage, je ne sais plus lequel, ayant dit qu'il fallait se eonformer au temps, s'il faut à mon amour une provision de trois dames, je me conforme en m'arrange ant de deux. . , »

Je m'arrête. — ,1c l'aurais fait plus tôt; mais je trouve ce portrait physique et moral siagulièrement piquaot, -~ ne fùt-ee que par le compromis qu'il indique entre les passions du poôte et la foi religieuse de sa chaste inspiration poétique.

Il n'y a pas à songer ici à analyser les huit drames dont se compose le volume du Galderon, traduit par M. de La Tour.

]j*AIcn(Io (le Zalnumn, le Médecin do son Honneur, A Outrage secret secrète Vengeance (ces derniers ouvrages pourraient se résumer, comme dit le tradncleur, dans un titre suivi d'un sous-titre), sont d'ailleurs très«connus par les imitations (pii les ont popularisés sur notre scène. La Dévotion à In croix est un mystère très-singulier et d'une saveur essentiellement loeaie.

J'aime mieux m'arrôier à une pièce d'une notoriété moins banale, la Magicien prodigieux ^ — dont M. Philarète C-haslesa cependant donné idée déjà dans sos Etudes sur r Espagne^ à ce que nous dit Alphonse Royer dans son Théâtre mdvenel ^ — parce que si oet artiole tombe

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8008 les mains de quelque composiieiir aetael oa futur — que puisse agiter le souffle de Oluok, de Mosart, voire

même de Meyerl)oer, il y trouvera uu poimie mn^nnliffuc. Gounod le tenterait peut-ôtre s'il ne s'était déjà inspiré du Faust de Goethe.

ïje Magicien prodigieux est en effet un Faust; seulement

la Marguerite est une jeune et inoormptihle vier^^^» fine le Méphistophéles espagooi peut diffamer et compromettre» grfloe à des sortilèges — mais non séduire.

Toute la pièce appelle un génie musical. Un choeur d'esprits invisibles, de leurs voix amoureuses, trouble l'âme, cherche à cveiller les sens do Justine (la Marguerite espagnole). Elle lutte, s'apaise et s'inquiète tour à tour, triomphe enfin, et lorsque le démon apparaît, elle le brise sous son pied. Quelle scène lyrique ?

Une autre scène, — non moins musicale, — est celle OÙ Cyprien (Faust) suit une image masquée de celle qu'il aime, substituée à la vertueuse jeune fille que le démon n'a pu lui donner. fausse Justine Fenîvre d'amour; mais au moment on Cyprien veut lui arracher son mns;f|ne, il ne trouve que la mort. — Quel duo et quelle péroraison magistrale il y aurait là sous la main d'un Rossini (celui de OaiUaame Tell, du Stabat et de la Mease aolennalle).

Cyprien se plaint amèrement au démon de sa déception. Voici le dialogue qui s'engage entre eux:

LE vtmm.

Je t*avai8 promis de t'enseigaer une science capable (Tattlrer Justine vers toit à rappel de Ut voix, et, puisque le veat te l'a apportée iel, te coDtral est valable, et j*ai tenu ma parole,

CTPRIEN.

Tu m'as promis que mon amuur recueillerait le fruit que mon espérance souhaitait dans ces ravins incultes.

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