LS DÉMON
C'était UA prodige.
crniEtf.
De qui?
LE DÉlfON.
]^ ^ujdqtt'im tpû a voulu la couvrir de sa protection. Et ee quelqu'un, que| est-Il T Je ne vetiz pas )e le dire.
Go dernier trait est ailiniral)le. La conclusion du Magi" don prodigieux e&i d'une bien autre grandeur que celle FMuai* Oypriea sa raehèto du ooatrat fatal qui le lia an dénon, &a adoptant et en eoDfeaaaat la foi du Ghrial devant le gouverneur d'Antiochc (l'action est du temps des premiecs apôtres)» et il s'unit dans le martyre avec la vierge eluétieaiiey qui tombe égalemeat vietime de sa foi. Juatine» qui avait repoussé jusque-là le pafea et le protégé du démon , fait rayonner sur ce dénouement du drame ce chaste et touchant aveu : t Je t'avais dit que ja t'aime* rais dans la mort, GyprieAi VQÎpi que nous mourons en- 89m]ble j'ai taim ma prQme8S9. »
Cette brève étude aura peot-ôfre fait luire aux yeux du lecteur; ce génie de Calderon qui tient de l'éclair — éblouissant et intermittent.
Il ne faut demander aux pompositions du poète ni la
logique, ni la conceutratioa, ni la suite dans l'intérêt, ni la couleur historique ailleupâ qu'e(i Ëspague. Son
THKATRE ANTIQUK ET KTRANGFn. 1*^"]
fTMîûM ^Itgaioire Ml lourd al làligaBl; raoliûAfMilMa* woi oonlàsa et le développMMnl mi mI égalemol pénU
ble ; mais le podte frappe parfois assez fort et assez jiislo, pour qu'on ait le droit de l'élever uussi iiaut que les piug
fraude f éniee tragiquee du théâtre eaeiea ei sodeme i Beohyie, Sfadieepeare» GomeiUe, — e*il ae peut ee meiii'-
tenir à leurs eAtés, — et pour quMl ait justifié en même ' temps i[ne l'admiration diflicile de Sclilegol, un aveu do Laharpe analogue à eelui que j'ai dé^ rappelé pour iiepe de Véga.
Le Dangeeu du Paiweee eleeeiifne metleni, oomiiia il le
devait, Calderoa au-dessous des poides du CJd et de P/jè- I dref convient qu'il a devancé ces d^rniejse daus la voie I de la paeeioQ) dane lee eepumtione auUimee, et qu'il a leiaaé
loin derrière lui uee iragiquee français, aulértears aux
I deux grands génies dont il fait la hase do son culte. ' Après cette conséoration et cette conieaeion, jen'ai plue rien à ajouier.
Le Tertige prend à relire Shakeepeere. Ce n'eet paa w éeriTain, ç'a été une encyclopédie vivante. Tout ee trenve
dans ce pandémoniiim littéraire , depuis l'Eschyle du ' Boi Léav jusqu'au Habelais de Falstaff, — depuis le sublime de €k>meille jusqu'aux déplorables oalemboors <pi émaiUent aujourd'hui la Bellê HéJàoê. M. Monlégnt, I dans sa traduction, nous donne le mot de soiffeur, qui appartient à l'actualité des rôles d'argot populaire. L'expression du « eoupdetorchon » pour désigner un vigoureux combat, a là aussi son origine. Enfin, c?est au récit bouSfèn du fameux combat imaginaire de Falstaff contre lee , hommes habillés de bougran, de quatie devenant inetau.-
ftanément huit, puis onze, qu'il faut faire remonter la Boarce aniheiitiqae de toutes les hyperboles de la peur qui ont diverti par les mêmes moyens tant de parterres
français. Le magnétisme ot les esprits frappeurs sont devinés par Shakespeare. Une de ces apparitions dit à oeox qui révoqfuent : c Finisses vite, ear je ne pois en supporter davantage, t
Ce personnage de F'alstaff, qui donne un contraste comique si puissant avec tant de scènes sublimes, fut d*abord, sur la scène anglaise, porteur du nom d*ua martyr de la foi protestante, brftié en place publique, sir John Oldcastle. Shakespeare répara ensuite une erreur historique en substituaut, sur la liste des personnages, Falstaff à OldcastlO; pour ce Silène du moyen âge.
On pardonne à Shakespeare d'avoir, dans cette grande épopée historique d'Henri VI, tant accusé le contraste des Anglais mal armés, mal nourris, dévoués par avance au martyre, remportant ù Azincourt la victoire la plus éclatante sur cette brillante chevalerie française teute bardée de fer et tout étincelante d*or. On lui pardonne moins ses calomnies dialoguées de la Pucelle d'Orléans. Il faut pourtant dire que parfois la grandeur invincible du personnage impose rimpariialite au génie britannique de Shakespeare et lui arrache l'admiration pour l'ennemie viotorieuso de son pays. Mais i! fa\it pouvoir oublier ensuite qu'il nous montre Jeanne d'Arc en commerce avec les démons, et que dans la soène où elle marche au bûcher, la vierge-arohange, pour sauver ignoblement sa vie matérielle, se déclare enceinte d'abord des œuvres du Dauphin, ensuite d'autres princes. U y a bien là un de ces traits impitoyables qui oaraoterisent encore une profonde intuition des faiblesses de l'humanité, mais qui demeorent sans ex« plicatton possible et sans excuse quand ils essayent de
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flétrir la gloire la plus pure de l'histoire. Aasai
M. François-Victor Hugo hésite-t-il à croire que celte * première partie d'IIcnrJ VI soit de Shakespeare, mais il est difticiie qu'elle puisée être disii*aite du passif du ' grand homme. Au reste» on ne pourrait trop déploi-er le I malheur littéraire de cette personnification sublime du I patriotisme, de la foi et de riioiiueur. Jejume d'Arc a clé mise en scène, par les deux plus grands génies dramatiques de l'étranger — Shakespeare et Schiller. Je viens de rappeler comment le premier Ta traitée — l'autrCy plus enthousiaste pourtant, en a fait Thérolne d'un roman d'amour vulgaire, et a enlevé à celle grande figure le piédestal ardent du vieux marché de Rouen. Eu France, abstraction faite du poème enfoui de Chapelain, des tragédies oubliées de Davrigny et d'Alexandre Soumet, d'un . ' mélodrame sans valeur si^ué de ( .harles iJcsno^ ei-s, un seul esprit national éuunent. Voltaire, a songé à poOliser Jeanne d'Arc, et qu'a-t-il fait? Cette pornographie qu'on appeUe luPaeelle!
La Mégère domptée est une pièce peu connue et trèscurieuse. Elle est piécedée d'uu prologue qui n'est autre chose que le conte du dormeur éveillé dont on a fait plusieurs pièces, notamment l'opéra de : Si j'étais roi. La comédie a pour sujet la fable si popularisée depuis en France d'une jeune rLunac acariâtre ct)rrigée par un mari I qui crie et frappe plus Tort qu'elle. Pour ne citer qu'une seule imitation fiançaise, je rappellerai un petit acte de ' M. Etienne, la Jeane Femme colère, qui faisait partie du répertoire de Mars et dans lequel Armand lui servait de pai'tenaire. Shakespeare, ce sublime piodigue, dans une seule composition, use deux riches et excellents sujets. La Mégère domptée est une des pièces du grand écrivain où ses défauts se retrouvent le plus frappants ;