THEATRE ANTIQUE KT ÉTRANGER
vaii entrepria oomplôiemeni en vue de nos idées et des convenanoes de nos scènes.
Les réoUs de M. Molsnd sont eependoni intémsants. La plus saisissaule de ces nouvelles {IrauuiUques est la première : Le Muet. — 11 sagil d'une jeune savante, ainsi i|ae le moyen Age noas en offre qn^qaes types eurieoz. Isabelle Lulle est non-senlenent saTante , mais eneore reconnaissante. Prise par des corsaires, gi Ace à nn gentilhomme, Faustin de Balagnier, qui a ofleri de prendre M place (ce que les eorsaûree ont acoepté, espérant une plus riche rançon), elle a pu éohapper à k captivité. Au moment d'épouser son cousin Horace Salvlati , elle retrouve son généreux libérateur, qui n'aurait eu aucune ressource personnelle pour se tirer des mains des barbares d^ Afrique , mais qui a précisément été racheté de sa captivité par le cousin et le fiancé d'Isabelle. Cette dernière , dans l'élan de sa jj^ralitude pour Faustin , se jette dans ses bras. — Horace, qui les surprend , croit à une trahison de sa fiancée et , pour punir Faustin , impose A oelui-ot d*errer trois ans mendiant et muet. L'Idée en a été inspirée à Horace, par la rencontre d'un pauvre (lue les traitenionls cruels des vrais infidèles ont réduit à ce piteux état. Faustin, qui doit sa liberté à Horac6, bien qu'il ne soit pas coupabie envers lui, se soumet à celte lamentable pénitence. Mais Isabelle découvre quel odieux abus son cousin a fait de son autorité contre sou libérateur. C'est alors que la savante , indignée , reftise de tenir ses sermmits Yis«é*Ti8 d'Horaee. Heureusement un dénoûment gracieux Tient dore de façon moins pénible celte poétique légende. La sœur d'Horace, une «harmante jeune iille , rencontre le faux muet. £Ue apfgtvA qu'on bals^ est la eaime de sa disgrAee. EUe se ^t qu'un antr9 baiser potirrait l*<ii déliYrar et ronqpt avec
L£S GOULlSSls^S DU PASSÉ.
ses lèvres le charme fatal qui pèse sur celles de Faustiii. Grand seandale qui produit le mariage de Faustin et de la jeune Saiviati, en même tamps que celui d*Horace et
d'Isabelle.
La seconde nouvelle» le Mari imaginaire^ es! assez théâtrale—> et aaaes absurde surtout, — pour pouvoir faire le sujet d'une opérette. Il s'agit de deux flanoés dont l'un (le
futur époux) avait fixé le délai de trois ans à la jeune Me pour la lin d une absence consacrée à la consolidation de leur avenir commun* N'ayant point vu revenir son fiancé à Pépoque dite, celle-ci se résout à aecepter la inaiu d'un galant nouveau, un brillant genlilhomme , Fabricio délia Uoca; mais, au jour du mariage, revient Fabio Nardini, le premier fiancé. De là confiit» qui pourrait devenir sanglant, si le second - prétendu ne s*éva* notiissait tout à coup. Il n'est autre que Floi'ine, raiieieiiue nourrice de Celia et ex-coaiédiennc de la Comédie Italienne, une (Ënone-Frétillon que l'on n'a point reconnue sous son déguisement masculin , où elle cumulait deux emplois. Le rival n'était qu'un travesti de théâtre.
Je n'aime point le troisiumu récit, Silvia Demetria, qui n'est guère qu'un tragique imbroglio assez confus, dans lequel une jeune fille trahie par son amant s'enipoisonne. Le dernier, la Folie d' Eusehio , a un peu plus de clarté et d'intérêt, bien que fonde sur un quiproquo assez subtil. Une lettre adressée par une jeûné fille à Eusebio, son promis, qui revient, est interceptée effrontément pin* un rival qui fait accroire au père de la jeune fille et au fiancé lui-même que ce billet est pour lui. Le i)romis, qui avait rompu ses vœux de chevalier de Malte pour pouvoir épouser la femme qu'il aime, s'enfuit croyant à la trahi* son, et va (comme Pernand de la Favorite) demander asile à un couvent d'hospitaliers ; mais, appelé au chevet
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d'un homme frappé morteilemont dans une tentative de
rapt contre une jeune fille, il reconnaît son perfide concurrent, qui avait voulu s'assurer par la force la possesr 8ion de sa fiancée, «ju'il avait isolée, grâce a sa perfidie, de son défenseur naturel. Les aveux du mourant dissipent pour Eusebio une illusion cruelle et achèvent de réunir les deux amants.
Je ferai encore un reproche à M. Moland. C'est que dans son volume disparaissent tous ces types italiens dont la physionomie est si jovialement populaire. Arlequin y devient Ocrtolin, Cassandre, Parrhasius, Pantalon Bartholomeo Miuiato, etc. On y regrette tous ces types, d'autant plus vivants, chose bizarre 1 qu ils n'ont jamais existé, et sur lesquels l'ouvrage curieux de Maurice Sand, Masques et Boa fthns, nous a fait tant de pii|uantes révélations. Comment ne pas rire du berj^Mmasque à tète de nègre, lorsque, dans sa superstition amoureuse, il compte un à un les boutons de Meszetin et dit à chaque bouton:
— J'aurai Golombine, je ne l'aurai pas; je l'aurai, je ne l'aurai pas; je l'aurai, je ne l'aurai pas; je l'aurai, je ne l'aurai pas ; je l'aurai, je ne l'aurai pas (il pleure) ; je ne l'aurai pas I
HnZETlN^
Qa'ayez-Toas? Pourquoi pleum-vooB?
Je ik*mini pM Golombiiiel Bil Ul bil
mamN.
Qui est-ce qui yous a dit cela?
Cest la bootonômanoiel «
Trahi par sa maltresse, il veut se tuer. Il songe à s#
boucher le nez et la bouche pour que « le vent ne soi to
pas. » Mais toutes les issues n'étant pas hennétiquement closes, il craint de... respirer malgré lui et se résout à se faire mourir de rire en se chatouillant. ' Cest à Tacteur type de rArlequin, Carlin, qu'arriva cette disgrâce si comique de ne voir dans sa salle de spectacle qu'un seul spectateur, un soir d'été, iiar une chaleur étouffante. Humilié, on parlemente avec M. Tout-Seul; on veut rendre rargent^* Mais c'est un provincial, venu pour un jour à Paris, qui ne veut pas mourir dans sa province, où il retourne, sans avoir vu Carlin. On se met dqnp e$i frais de l^zi et de gambades , de farine et de •oup9 de pied§ pqur cet unique spectateur, qui se tord de rire à Taise. Mais soudain, au dehors, le ciel se couvre ; un orage éclate et une réclame diluvienne rend, pour les innombrables promeneurs du soir, tous ses chai-nies au spectacle de la foire où Ton court en foule chercher un abri. Alors Arlequin, à la ûn du spectacle , interpelle M. Tot(t-Seul, per^Q dans la foule des spectateurs, et re* mercie ce passant providentiel dont l'insistance a valu ù lui-môme une bonne soirée et uuc énorme recette à la troupe.
Y a-t-il une plus jolie définition de la coquetterie que celle-ci, faite par Golombine, dans une pièce du répertoire?
a 11 ne faut pas que les choses aillent dans Texcès. Mais je vous assure qu'une petite pincée de coquetterie répandue dans les manières d'une femme la rend cent fois
plus aimable et plus appétissante... Et ici Je ne parle que d'après ma mère, (jui était une merveilleuse femme sur ces matières-là. 4a lui ni entendu dire eent fois qu*il en est de la coquetterie comme du vinai^ : quand on en mot trop dans une sauce, elle est piquante et insupporblei quand il y en a trop pou, cUo est si (ade qu ou
THi^TRB ANTI9UB ET iTRAlVOBR.
n'en saurait tât«r; mais quand on attrape cotte médiocrité
qui révoillo rîq)pclil, on mniigornit ses doigts. Il ouest de môme d'une feinnie. (Juand elle est coquette aux dépens • de son honneur, fi 1 cqla ne vaut pas ie diable; quand elle ne Test point du tout, c'est encore pis; sa vertu semble confondue avec son tempérament, et vous diriez d'une l)eauté en léthargie. Mais quaml une belle se sont et ([u'elle p> d'enjquement que ce qu il en l'^ut pour pinirei ma foi, fnxyçlnmùpi, ei j'étais homme, j'en voudrais par ii. >
Qaejlp p).g^ fme critique de la guerre que ce dialogue ^ntre Mpzzctin et Pasrjiiaricllo — où le second iail lui |»ri!- . micr à la lois tablt^uu des honueurs et dea périJg qui raUpndent; — ^ chafjue bataille il perd un membre et gagoe un grade, — si bien que lorsqu'il a le droit de monter à cheval à la tôte de l'armée, il n'a plus de jambes, et qu'au phapeau 4 plumes du cuinmandaut , manque la tàte?
Le procureur ^ui-nufti^e est amusant, M. Gri^pîgnaii» qui«
sous sa robe de magistrat, laisse voiries chausses bariolées d'Arle iuin. Lorsqu'un voleur, ({ui a (liqiouillé uu voyageur de vingt-ciaq pistoles, yicot se recom^aauder à lui, Arlsqiûn-Grapignaoi Irouve moyen non-seulement de DBiire rendre le produit de ^on vol pour les frais do ]a procéduio jirévaricalrioe , pour les faux témoignages à ^oh^Jé^p file. y mais encore lui fait succossivcineut dépogç^ à ce greffe burtosque jusqu'au dernier sou Ujo» économies qu'il a faites aux dépeas du prochain.
Enfin, dût-on m'ftccuser d'avoir le nre facile, jo jn'âmuse de Tabarin qui fait, ou une heure, cinquante paires d^ SQulier^, — à la condition qu'on lui laisse coiqjeu' à la
blutear de la obeviUe cinquante paires de J^oites, dé* couvre qu'il y a des gens qui désirent être borgnes — -
Jte^ uv^ugle^ — et d^èj^mUe p^ruii les animaux de sou