I.F.S rOTTI.TSSFS DTT PASSÉ
fle disputer un exemplaire du Diable Boiteux l'épée à la main, a fait de* détestables pièces avec ses traductions du théâtre espagnol. J'ai en la patienee de les lire. Dans une
seule, le Point d honneur, où l'auteur met aux prises le Glarin espagnol et le Crispin français, quelques traits comiques font deviner l'heureux bouffon de Criepio rival de aen maître et de la Tontine, Crispin, qui a reçu un soufflet de Clarin, veut se persuader que ce n'est qu'un coup de poing, la maiu n'étant pas tout a fait ouverte. 11 s'adresse à son maître — un Fracasse — pour le venger. Mais eelui-d, apprenant qu'il s'agit d'un autre valet, renvoie Crispin dans le Code du duel à l'article des soumet» ro^ turiers.
11 faut le dire, les liardiessos du Turcaret ont singulièrement embarrassé et refroidi le public. Le défaut d'iatérèt, auquel l'auteur s'est condamné volontairement en ne mettant en scène que d'odieux filous (et il en convient
lui-même dans la ci-itîque dialoguée qui pi'écôde et suit Turcaret) a rendu assez pénible la représentation de la comédie jusqu'au cinquième acte^ qui a seul égayé la salle. Jusqae-là on sentait que les passions qui ont armé généreusement la main de Lesage et accentué son légitime succès manquent aujourd'hui. — Ce ne sont pourt€Uit pais les scandales qui ont fait défaut dans ce siècle 1
Marivaux est le vice du Théâtre-Français, qui ne peut s'en défaire. On a beau se dire que tout cela est prétentieux et musqué. L'auteur a son tour me Richelieu près*
que aussi souvent que Molière, et, à côté de cette large humanité du génie, il y a naturalisé pour toujours son petit monde de convention, où tous les personnages ont le
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même esprit, le môme langage, presque le môme Age, et semblent toujonra jouer une sorte de prologne de la ^ie * sans jamais y eiitrer. Toutes les pièoes de Mariyaux finissent par un mariage; mais ne croyez pas que ce mariage puisse avoir lieu. Ces gens-là ne sauraient se présenter dans une -vraie église, où se trouvera un vrai prêtre, aveo un vrai suisse pour les reoevoir, frappant d'une hallebarde sur le pavé. Gomme le prinoe de Grenade de Rob^t h Diable, ils ne pourraient franchir le seuil du lieu saint. Ces fantômes du sentiment s'évanouiraient devant le sacrement.
Prenons donc ces gens-là pour ce qu'ils sont, pour
des trompe-l'œil de la passion, pour des doefarinaires du Tendre. Ecoutons-les dire ces minuties qui ont traversé déjà plus d'un siècle. Cherchons les broderies que Tabbé Deslontaines disait avoir été faites sur des canevas de toile d'araignée, dont resteront tapissées pour jamais, à ce qu'il paraît, les grandes parois de la maison de Molière. Disons toutefois que si la vie de Marivaux nous montre un athée de la poésie qui travestit grossièrement l'Iliade, injuste pour Voltaire, impuissant à comprendre tout ce qui est grand on supérieur à lui, elle nous révèle en même temps un homme bon (il disait qu'il fallait l'être trop pour l'être assez), un croyant — à aucun titre on ne peut le dire esprit fort, éprouvé par de vifis cbagrins. Il perdit sa femme, qu'il avait épousée par amour, après dix-buit mois de mariage, et dix-huit mois après sa fille qui entra au olottre, ne pouvant se consoler des mécomptes d'une affection mal récompensée. Marivaux, chose bizarre 1 avait surtout des prétentions au naturel. Ce chroniqueur futile du boudoir fut un homme de famille ; ce professeur de goût alambiqué était un fanfaron de simplicité.
Il y avait, du reste, parfois dans Marivaux une certaine
^0 U£b G0uusb£b DU PAitôi.
ûerté de caractère, uae virilité d'idées qui contraste souveat sin^lièi^emedi avec son répertoire efféminé. J'ai cité ailleurs la ferme réponse iju^il àt à un magistrat, le sommctnt cfe subir patietnment les outrages dont des libelles raccablaieiit, comme const iiuence de la liberté réclaméô par les gens de lettres. « SmftVez donc, avait dit Maxûvaux, que cette liberté s*étende jusqu'à parler de vous, et peut-être alors vous changerez cl'avis. » — « Je serais ché de compter dans mes ennemis, dit de lui Voltaire, un homme du caractère de M. d^e Marivaux, et dont j'estime l'esprit et la probité. 11 a surtout dans ses ouvrages un caractère de philosopliie, (l'humanité et d'indépendance dans fequel j'ai reirouvé avec plaisir mes propres sentiments. »
Voltaire avait quelque mérite à parler ainsi, car il avait eu avec Aarivaux un de ces diuels de paroles, aussi fré« queùta que d^autréa, — tnoins littéraires aujourd'hui, — entre les écrivains. L'avantage était du côté de Voltaire. Vim-
vaux avait liit de Voltaire ([ue « c'était un bel espiàt fieffé, dont tout le génie n'était que la perfection des idées communes. • Voltaire, dans cette passe d'armes, s'était contenté de parer avec un très-joli mot : « Marivaux, avait^il dit, est un hoinnio <{iu connait tous les sjntiei's du cueur humain, mais qui n'eu counait pas la grande roule, v
Collé, très-méchant pour ses confrères, nous montre aussi cependant sous un aspect honorable Marivaux, « n'ayant jamais connu, dit-il, de plus honnête homme ou du moins qui aimât plus hi pruljité et riioinicui-, mais ne s'étant pas aperçu lui-même que sou dérangement l'a £iiit souvent déroger à ses principes et l'avait conduit à recevoir dos bienfaits de gens dont il n'eût dû jamais on accepter. » On ne découvrit qu'à sa mort qn'il était pensionné de mille écus par M'"* de Pompadoui-, et Collé ajoute qu'il
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avait vécu aux dépens d'une demoiselle Saint- Jean avec qui ^
il demeurait depuis près de trente ans. Mais rien ne prouve
qu'il n'y ail pas eu tout au moins de part et d'autre, dans *!
celle liaison, njipui iiuitiu'l. ('ollé fait du reste l'éloge do
Marivaux, comme écrivain, mais ajoute «qu'il point l'homme ^
d'après lé nu. » L'éloge est singulier au sujet d'un peintre J
en miniature de personnages qui ne sauraient se passer
dè dentelles, de poudre et de mouches. ^
Les Jeux de l'umour et du hasard se relèvent par une ^ partie comique assez franche. Les hausses Conûdences ont moins survécu à la vie artificielle que leur prêtait l'admiràbfe talent dfe nuances de Mars qui en diamantait le dialo;j:ue de niilk" li.iosses.
Si le Pvûjugé vaincu (repris il y a quelque temps au Théâtre-Français), a une portée sociale un peu plus élevée que bien des pièces de Marivaux, Texécution n'en diffère guère de ses autres pièces. Il y a toujours cette même analyse assez ingénieuse des librines du cœur humain, toujours cette même anatomie à la loupe; mais on serait souvent tenté de se résumer comme Lisette dans la pièce, c C'est par trop finasser aussi », dit-elle. Ces cinq mots sufliiaicnt au fenilloîon. L'attention se soutient pourtant pendant cotte lutte micruscupii|uc de senLimcniiculo. U y a môme un instant une idée francheftienf comique, mais dont l'auteur ne tira point assez parti. C'est lorsque la soubrette, fille d'un fiscal, refuse avec affectation un do-
nicslifpie (pii n'est pas suriisanmicnl né pour elle, alin de donner le cou{) de grùco indirect aux. idées vaniteuses de sa maîtresse à demi vaincue.
Au demeurant, je ne vois pas pourquoi ce petit acte, qui n'a guère plus que le Ltn^, VÈpreuvey les défauts du talent de Marivaux et qui en montre à peu près autant les finesses, ne resterait pas au répertoire.
LES COULTSf?ES DT' PA^SK.
Le grand succès que rouwage obtint en 1146 s'expUqpie de lui-même lorsqu'on voit que Grandi» le beau Grandval, jouait Dorante; M"** Gaussin et Dangeville, Angélique et Lisette. Louis XV porta à cette occasion, par une faveur tout exceptionnelle alors, à quinze cents livres la pension de mille livres que tenaient les deux actrices de sa munificence.
Le Préjugé vaincu fut la dernière pièce de l'auteur. Il me semble, pour ma part, digne de remarque, que ce soit là, comme suprême inspiration, la donnée littéraire du chroniqueur officié de toutes les surprises de l'amour. Sous cette forme fùtile et quintessenciée, il y a là comme un pressentiment du grautl mouvement social ({ui devait, quarante ans plus tard, bouleverser la b'rance et remuer le monde. Angélique, la grande dam», épousant un roturier, brûle ses titres à la lampe de Psyché, vaincue par l'amour. Le Préjugé vaincu pourrait s'appeler : la Nuit du 4 août à Cythère.
Le Théâtre-Français a repris Mérope. Dans cette saison de villégiature, il va on tragédie, — comme d'autres vont à la campagne, — pour se faire oublier. Le lendemain d'Heraani on voit tout à coup apparaître Voltaire — aussi Racine et Corneille sur l'affiche entre deux comédies comme appoint du spectacle. Le génie tragifjuo sert de lever le rideau. Melpomcne devient une ressource de régie aux abois. On pouvait dans tous les cas choisir mieux que Mérope, C'est un mélodrame versifié dont les situations ont été refàites vingt fois avec plus d'art et d'intérêt sur toutes les scènes du boulevard. Quant à la forme, qui seule sufUt à consacrer la supériorité des
DIZ-UUlTlàm SliGUB*
vrais mattres sur tous les faiseurs habiles, elle a quel*
quefois de l'effet dans Mérope ; mais l'ensemble est vulgaire, lourd; oa y trouve des platitudes telles que ceiie-ci :
Simple dans ses difCOurSf mais ferme, invariahlê, La mort ne fléchit pa» cette âme impénétrable.
Et ce qui est pis encore, — des déclamations qui rappellent plus le collaborateur de TEncyolopédie que l*éorivain inspiré de l'antique :
Qui aert Uen son pays n'a'pai besoin d'alttax Ge ofeet point aux tjrans- à sentir la natuie.
Voltaire» dans sa préfSuce adressée au marquis Maffei, auteur de \9i Métope transalpine, s'excuse de ne pas avoir
imité davantage l'œuvre italienne, et les raisons qu'il en donne sont curieuses.
L'£gisthe de Maffei est un moment soupçonné d'être un voleur ; — atooking ! à Paris ce n'eût pas été toléré. Tous les béros de la tragédie doivent être comme la femme de ('ésar. Voltaire fait observer que les détails empruntés aux mœurs grecques, que des traits d'un naturel naif ne seraient pas supportés sur la scène française. Il est vrai que l'Egisthe de Voltaire invoque Hercule, — à titre d'aTenl, mais sa Mérope ne se hasarderait pas môme à cette invocation vraiment archaïque :
« Triple divinité, puissante Diane, qui du haut de votre « char éclatant, êtes témoin de ce qui se passe en ces lieux, • « receves les vœux que je vous offre. » Les cheveux de Voltaire se fùssent dressés sous leur poudre, s'il lui avait fallu commencer son récit tragique traditionnel du cinquième acte par ce détail que je trouve dans Maffei et qui
hEB aycutstmn rte paî^sé.
no^M rtfnuMhè 6tf plMn HoHière : c pBWlife STSit déjà coupé kr ch» kr Ièl0 d«er Tiotimes potir. le jeter dans le
féW sacré. >* Voltaire sunligne aussi (^oiiTmc inarlmissihlos ces détails de l'ilaiien, charmauts même dans les vers blancs destinés à faire apprécier précisément l'impossibilité de leur nâinralisatîon dans notre littérature :
Oh! qu'il était humain! qu'il était libéral!
Que, des qu'il paraissait, on lui faisait honneuff
Je mo souviens encor du festin qu'il doimaf
De tout cet appareil, alors qu'il épousa
La flUe de Glicoo et de cette Olympie,
L* beUe-flOBur d'Uipparque. Buriae», ffwi donc voust
Toai, cet aimi^le eoMf» <iite «t iavvetit dnvte
8e (tàMÊit vu plaisir de conduire à la conrT
Je crois que c'es'i bief. C que vou^ flféâ profnptc!
One vous croissez, jeuncs?o! et que, dans vos beaux JoOffi
itoÉ nousT averijsdez de vous céder la place i
i\ if*y â Tièh i*m&àt Ti^flnf dans tout ^oltai^e que cet^e
lin, et clic fait presque regretter que l'écrivain IVanrais ne se soit point borné à traduire Maifei comme il lo voulait d'âbord.
tié^êniêiii tà Mêropeiiàliehne est faibte ; mais on y sent' cétte individualité qtie donnent la conviction et l'étude profonde du sujet, — débarrassée de toutes les polémiques philosophiques et de l'expression de rancunes sociaïes qtû ont leur force ét leur valeur dans tEasai sur les mœuré^ mais parfaitement déplacées sur le terrain d'Èuripide et de Sophocle. Il y a une autre scène orii^inale devant laquelle Voltaire recule et qui fuit jeter les hauts cris à Laiiàrpe, admirateur passionné du poète français ef critique scandalisé de Maffei dans son Cours, — la scène où Mérope fait attacher à fine colonne le meurtrier présumé de son fils, qui n'est autre que sun fils Ini-nii nie, pour lo percer <rini javelot (ce qui est l)ien autrement vrai qu'Ëgisthe offrant son sang à titre de politesse à
une raine iocunnuo). lii, ^jgi»Uiu ej^ »f^\iyé par Poly* phonke, co .qui se trouvp à (a {ois drainat|^qM0 # VAuf, et, au lieu do fiuivre ce bapal sentier do Tiv^tjDct fiUal qMÎ
cuniluit à une l ecoiiiiaissaiH e. il ivste l'objigé rcoo^'iaLs^inut
4m meurtrier de t^on ]k re jus(^i^'au ;çLgmijBi4 iW/ pownaitru jDl^eux ses devoirs. HtdSei a itéB•hevife9}^/w^^^ 9119 da^s la bouche de Uârope un irfùi conaa. Sll^ ipe pjialii^^e ^es malheurs maternels, — scnj confldent lui rappelle (ce qui nous laisse dans la couleur antique) q^u\Vg<uiueninon fut obligé d'immoler s^ propre ûlle daa^ lea jidaiQe^ de l'AuUde : « Ahl ff^on cher £ari«tes »> D§pp94JUt reine,.* Ifi^ dieax n'auraient pas doniié oet ordire à une mère. »
i.a pjvfaec de Voltaire est curieuse, du reste ; il nous initie au^ raisons qui lui lurent diCférer de douiier sa pièce> ooiapoçée en ilBÔ et Jouée en 1149 twisment» Il craignait une tragédie sans wour — nutia U ajoute que l'amour doit être Tâme d*un ouvrage de théâtre ou en être entiércmenl banni. 11 a eu parraiteuionl raison de ne pas intercaler ici le ridicule épisode de quelque PhilAotète dameret» eomme dans Qùiipe, — son imuJJeur ouvrage cependant. Voltaire nous donne la liste de tous ses pré* décesseurs dans le sujet tju'il traite. Un seul vaut d'être fi(}mipf^ ; le cardinal de JtUchelieu qui y travailla &ous le nom de Téiépàoate, tmêi infé^eur «ans doute é «as aides littéraires, CoUetet,* Boip-Robent» Oemarata» Chappelin, qu'il était en politique au-dessus de son collabo* ratcur royal. Voltaire cite même une iMérojjo anglaise dont il fait ressortir iraui^uemejojt les licences. La pièce était mauvaise «ans doute» maie elle conduit l'écrivain à dire qu'il n*y a pjoint de nation au monde qui ait peint plus mal la passion de Tamour, et a i^Joutar ces réflexions :
f 11 semble que la «léme oauge qvù prjive i^i iA^l«i«
il6 Li$ oovusmaB du passé.
t du génie de la peinture et de la musique, leur ôte aussi \
« celui tle la tragédie. Cette île qui a produit tous les i>lus | « grands philosophes de la terre, n'est pas aussi fertile | c pour les beaux-arts ; et si les Anglais ne s'appliquent c sérieusement à suivre les préceptes de leurs excellents c citoyens Addisëon et Pope, ils n'approcheront pas d08 « autres peuples en fait de goût et de littérature. »
N'est-ce pas là le comble du naïf quand il s'agit d'un | pays qui a produit Shakespeare et Bornéo et Juliette f
Laharpe, le panégyriste aveugle de Voltaire, lui a rendu cependant un bien mauvais service en faisant eennaître ou en rappelant que l'auteur de la Mérope française, piqué de voir que l'on tournait contre lui les éloges de politesse qu'il avait donnés à la Mérope italienne^- a publié ensuite sous le pseudonyme de La Lindelle une lettre qui dénigre systématiquement l'œuvre qui lui servit ' de modèle. Laharpe convient lui-même que le procédé c n'est pas trés-loyal, » mais il trouve les critiques justes. I
Mérope, admirablement jouée par Dumesnil, — une Dorval classique, — fut le plus grand succès de Voltaire. A ce moment, du reste» il était à l'apogée de la faveur et au aénith de sa prospérité, — grâce un peu aussi à une muse moins chaste que Melpoméne, la Pompadour ; mais le Théûtre-Français actuel n'a pas de ' M^^"" Dumesnil, et ferait bien de laisser dans T oubli ces hémistiches surannés. I
Le génie est le droit au pamphlet. Il ne faut pas s'irriter I des attaques dirigées contre les plus grands hommes. Le plus bel hommage (car c'est le plus exceptionnel) qu'on puisse rendre à une intelligence hors ligne, c'est la lutte • qui continue sur son tombeau. Quand un siècle a passé sur une persqime illustre, généralement le calme se fait
t)iX-HUlTIKME SIÈCLE.
autour de cette mémoire. £h bien, les œuvres de Voltaire suscitaient encore, il y a quelque temps, des passions plus yives que n'en a jamais soulevées de son vivant le laborieux triomphateur philosophique du dix«huitième siècle, et à la moindre occasion, elles se réveilleront. On se battra éternellement pour ce symbole.
M. Liéouson-Leduo vient de publier un petit ouvrage dont le titre seul dit l'esprit: VolUdre eê la Polies. C'est un extrait d'un manuscrit précieux enlevé à la Bastille en 1789 et emporté à Saint-Pétersbourg. Ce volume se rattache au théâtre par le récit des luttes de Voltaire contre ses critiques et ses parodiâtes. Voltaire, apdtre de la liberté, se recommanda à l'arbitraire pour se défendre contre des plaisanteries. Il rencontre pour censeur royal, Crébillon, dont il a refait les tragédies tombées. Il s'assure du lieutenant de police pour comparaître devant son rival. Il faut eroire que ce dernier, peut-être à son insu, se laissait influencer par quelques instincts jaloux, car il supprime des vers dont l'interdiction est peu justiliahle. Voltaire lutte et iinit par obtenir, en dehors de Tintervention du censeur — trop confrère — le rétablissement de ses vens. Jusque-là rien de trop à dire contre Voltaire. Ce qui semble moins avouable, c'est l'abus qu'il fait de la protection qu'il s'est acquise, pour empêcher une innocente parodie de Sémiramis, parodie qui ne fut pas jouée, et que l'auteur tvLÏ obligé de faire imprimer à Amsterdam, tout comme si ç'avait été une attaque au roi et à la religion.
Instruit par le passé et mieux dans son droit. Voltaire se précautionna encore contre Crébillon, à propos de son Oresie (CrébUlon avait fait une Éleeire). Cette foi» Crébillon se montra plus digne de son propre talent, il renvoya la pièce, complètement approuvée, ne l'ayant
HH LES eOUUSM» BU PA88B.
gardéo qu* trois à quatre joursi avec oas <|uèk[tta0 lignas»
vengeance plus* noble à coup si^r que celle qui lui eût fait luuliler uu rival : « J'ai été couleul do mon Électref je aoohaite que le frère vous £aaae auUuàt d'iioaiiaur qua Im sttur m'en a fait. »
On trouve dans le livra de M* Léouson-Leduo dea ràclamations fort curieuses de Voltaire, contre la construction des théâtres d'alors, et les privilégei» des spectateurs %ai aoaaooAbraiant ia soèna par las Jbanqttattes ^*ils s'y fusaient plaoar. Mitbridata apporté moarant disait : Pardon I MasaiaufB 1 avant d'agonisar et dans Sé^rmiê, un tactionnaire des coulisses criait : Place à l'onihrel
11- eût fallu volouiiei'S attacher uu huissier à Tantiohanbra du tombaan pour faire faire la haia devant la fiantéme. Mais ne vo|rons-noua pas da noa joitrs des ébm presque équivalente, et pour ne citer qu'un théfttre, est-oa que tous les soirs, à l'Opéi-a, Léonore dans la Favorite, ne meurt pas au pied de la loge de son directeur» at Maaaniello ne paut-il pas se heurter dans sa folie au sous* lacâtaire du bail de ee pauvre dootaur Véron^ (|ui tenait tant à son petit parloir sur la scène ?
Les costumes aussi à ce moment étaient profondément ridieulea, et constituaient plutôt un recul qu'un progrès sur l'époque à UAquella nous reporte le beau portrait de Molière, peiut par Mignard, en empereur romain*
Le livre de M. Léuuzun-Leduc m'a mis en goût de Voltaire. Je ne préleuds pas avoii* lu tout ce qui se rapporte au philosophe militant, une année n'y suffirait pas; mais j'a& parcouru quelques-uns des ouvrages qutl a inspirés ; la consoiencieuse monographie de H» Dasnoî» resterres : la Juuncssa de Vulunre; la généreuse et enthousiaste étude de M. de^ Pompery; — le Hoi VoUaire d'Arsène Houssaye» qui me panUt disna la mssurs da la
irérité: Mais le tmrail le eomplet, o'eet eehn ée
M. MaynartJ, chanoine hotioraire de Poitier*.
M. Maynard parle de Voltaire comme tout ecclésiastique ml coudaauié à eu parler. Son livre a'eei qu'une diaU'ibe •à éeox velttmes* Maie le hiiiiie e sen bon cMé même pedr lee défeneeure dé le Tibiime; An poini 4e Tee hift« torique et aneedotique , ce recueil est peut-être le plus complet qui ait été lait. L'auteur y prouve à divers eadx'oits qti*il eèt été digne d'élro plnetmpeiilel.
âîrhonrible dlsaeeîiMl de dieralMT de Lebarte (Febbé Mapianl reooirfietlqtld la peine fat en dieproportieii âiree la fitute) ne fait pas pousser à l'écrivain le ci i d'horreur qu'il doit arracher, au lux'' siècle, à tout esprit sain, i'eceléaiaetiqae fait «n «sedk ieste reproehe à Voltairè de m'alroi^ pas l'éelamé eontre l'ellreyable euppliee de De * mions, tenaillé à dire d'experts, et torturé de pai- ia Faculté pour un acte de i»ure insanilé.
Poer meif si j'élaie eaflîHamment édiâô sur cet inépni* •able MÛ^^ et je doute onoore que j'aie le droit d'etf perler. Voltaire ne serait pourmoi ni le comédien ignoble
qu'y cherche l'ahhé Maynard, encore moins l'inrainic persoimiiiée, comme l'a dit uu prélat pour qui ce même livre de l'abbé Maynard, relativemeot modéréf eet ene le^on, Bi le quaker inréproobable qd'y roit preeque M. de Pedipery. Voltaire est ttn être impersonnel. G*eet la revarfebe séculaire, c'est l'cclal de rire providentiel {{ui venge tant d'annéee d'intirmités, d'asservissement de ia pensée kuftlBue. C'est l<i préonreeur chronique du ccniperet deWi ne répondant que trop a«x Croisades albigeoises» à l'Inquisition, aux dragonnades, aux meurtres juridi* ques des parlements royaux.. 11 devait subir toutes les boutes, toutes les oppressions de ce régime abooûaable auquel il a porté les premiers ooups. Il devait entendre
LB8 COOLUm DU PASSi.
les Terroas infâmes de la BastOle se femer sur loi, il
devait sentir le bâton armorié des laquais tomber sur ses épaules, dans un guet-apens odieux, sans que l'épée égalitaire, mal assurée entre ses mains, pût parvenir à en tirer réparation. Il a eu quelque chose en effet du comédien, mais B*il se drape, c'est parfois du linceul de Galas, qu'il arrache — nouveau Lazare — à la seconde mort de la honte. Amoureux du bruit, des applaudissements, de la flatterie, il est passionné aussi pour l'humanité souff^nte, pour l'innoeenoe assassinée. Il va en représentation sur la grande scène philosophique au prolit des faibles et des opprimés. Courtisan au besoin à Versailles, patriarche à Ferney, idole à la représentotioii d'/rèn^yVoltaire ne me représente pas ces hommes bibliques ou épi({ues, tout d*une pièce pour ainsi dire, dont la vie est un austère apostolat, tout d'ascétismes et de privations, dont la mort doit être le martyre, — mais bien plutôt une sorte de sage bien entendu, empruntant parfois l'habit bariolé du bouffon de cour pour prononcer un arrêt de mort, avec les formes d'une cause grasse, à ce régime vermoulu qui s'écroule, à ce monde usé qui va se transformer — Socrate parlant la langue de Rabelais!
A-t-on dû élever une statue à Voltaire? A coup sûr ce n'est pas moi qui blâmerai les enfants affiramchis de symboliser dans un monument éternel cet instrument diversement appréciable, mais incontesté du rachat. Toutefois ce serait plutôt selon moi à la liberté de conscience celle-là contient toutes les autres) qu'il eût fallu élevée un temple, et alors j'eusse demandé à voir apparatfre, dans quelque masearon vengeur, Voltaire triomphalement sardonique, avec son immortalité grimaçante et son rictus libérateur.
DIX-UUIT1£M£ SIBGI^.
Jj École des bourgeois est une comédie un peu languissante de Dallainval et surtout dénuée de cette verve comique qui rachète souvent dans Molière et Uegnard le défaut d*aotion, mais elle ne manque ni de force ni de hardiesse dans l'observation. On a comparé VÉoole des bourgeois, au Bourgeois gentilhomme. Elle serait plutôt la suite du Chovnlier a la mode, si Dallainval ne nous" avait dit que son marquis est jeune. Dans la pièce d© Daneonrt» le roué titré se fait. . . défirayer effrontément par des bourgeoises; dans celle de Dallainval, il s'assuro une fin à leurs dépens, jouant une comédie d'humilité intéressée vis-à-vis de la pai'ealé qui V encanaille et se parant en même temps sans vergogne, auprès de ses amis, de la vulgaorité de sa nouvelle famille, comme s'il prenait plaisir à couvrir de fange son habit de cour. \m traits vigoureux et-môme cyniques avec lesquels ces deux personnages, — OU plutôt ce même personnage est tracé, — prouvent (ce que Turearet a démontré aussi) que la scène jouissait alors de certaines immunités.
L'abbé Dallainval était dansune telle misère qu'il passait des nuits, faute de mieux, dans les chaises à porteurs stationnant dans les carrefours.il trouva pourtant un asile plus stable, mais au dernier moment, à l'Hétel-Dieu, alors l'hétel des Invalides civils pour les poètes. Si les droits d'auteur ({u'a pu rapporter jusqu'à ce jour l'A'co/e des bourgeois ( la pièce qui eut peu de succès dans la nouveauté n'a guère quitté le répertoire depuis une brillante reprise en 1781) avaient pu être d'avance capitalisés par Dallainval, il aurait été riche. Voici les titres de quelques-unes de i>es autres pièces, qui n'ont jamais
fft
LES COULISSES nu PA88Ë.
été réunies: les B^ouissaDces publiques. Un Tour de carnavalf la Fée Marotte, et... V Embarras des richesses f f On voit que Dallainval était gai et riche. . • en rêve.
Il n'est pas étonnant qu'on ait transporté an iMAIro
\ crC-Vert. 11 a suffi à sauver rut^sset de l'oiibli. Dans un temps où un ({uatrain rendait célèbre, un coûte pouvait facilement faire immortel. Ce récit agréable, raillerie cwns aigreur, irrévérence sans impiété, et où la négligence de
la forme se fait pardonner comme une des conditions du naturel, eut uue vogue prodigieuse et à coup sur trèsexagérée.
Mais (îressel a fleuri dans un siècle où les suceès étaient encore plus fsciles que les vers qui les produisaient. Ce jjadinage agréable aujourd'hui ferait à peine la fortune littéraire d'un amateur.
On sait que se petit poème avait déjà été le sillet d W vaudeville du Palais-Royal avant d*étre opéra-oomique» et qu'avant M. Gapoul , Virginie^ Déjaset avail déjà mtr dossé riiabit couleur des prés.
Ce qu'on ne sait pas. c'est que ce rimeur si spirituel, mais si anodin du boudoir, ee déplorable poète tragique qui par la hardiesse des combinaisons pourrait prendre place entre Campistron et Deirieii, avait eu pourtant lidée révolutionuaii e d'ensanglanter", pour la première fois, la scène par un couj) de poignard autre qu'un suicide, en faisant immoler devant la rampe, par Arondel, un certain VpllEui , un trattre, dans Edward III, On avait vu déjà 4ooaste se poignarder sur le théâtre, et dix autres mains de princesses tragiques « sur «oi-mèine tournées. » Mtiis la
BlX-UUITIKIia SlàGLB.
Mâipunnpae à frimus ne permettait pas d'imoiolQP goa pfoablÛB autrment que dans la coulisse.
I41 gmdCorfteillt lm-môni«in| tortir Oanille àm Mè&o ponf être iounolée par son êrèrè. On ne tuait pas alors —
en société. Il paraît que le — coup — de théAtre d'Érdouai'd II J eut le plus grand auooès. U est vrai qu'il fui très-bien exAauté par Taiitaiip, ai qu'il servait à faire Justioe d*ua personnage pdieuVt exploitent einsi très-habilement les instincts dn eimir du publie pour faire violence à SCS timidités, mais je le répète, il ne fallut rien moins que la popularité et r$(drcsso da Dufresne pour faire passer cette audaoiease entaille à l'étiquette tragique — ce qu*un biographe de l'auteur, le père paire, appelle avec nn rare I)onheiir d'expression ; ouvrir au public une nouvelle source de plaisir.
Aujourd'hui les défenseurs de l'innocence qui immolent qnetldlsimemeiii les traîtres au benlevard, ne se dontent pas quite ont peur premier ancêtre nn héros de Gresset. Aussi un commentateur, notre contemporain, M. de Cayrol en prend-il texte pour foudroyer les romantiques qui foi ont esé «'engager dans la voie ouverte par Qresset et oenttnuer à ensanglanter la scène dn théfttre français, sans y mettre les ménagements voulus de l'alexandrin.
U y a dans Bdoaàrd- /// une certaine princesse Alsonde, sons le non d'Aglaé, héritière dn tréne d'ESeosse, qnl est bien réjouissante. Le ehef-d'œuvre de Gresset, le Méchmt,
que Laharpc , eiiKpiante ans après, dit n'avoir pas été égalé pondant ce laps do temps dans la genre de la comédie, est demeuré sur notre scène inconnu de mé<* moire d*homme fait, et reste prisonnier dans le volume. Gresset reçut de Louis XVI des lettres de noblesse dixhuit ans u peu près avant la nuit du 4 août et lit pénitence
publique de ses légèretés poétiques. 11 n'avait pas sea« lement composé Ver^^Vert, le Lutrin vivaat et autres badinagoB sans oonséqiieiice. n avait, dans la pièoe de VAbbayOy écrit les vers suiyantstasses mauvais du reste),
qui semblent précurseurs de la Révolution , et par la pensée déjà contemporains des lois sur les mesures prises 4 régard des biens du clergé à notre époque.
Pour l'honneur de rinimanîté.
Malgré cet empiro durablo Des erreurs quo l'aotiquité Marque de son sceau yénéreble, /ew croire qu'un temps Tiendra, Où tant de ridiesses oisives Que le monachtsme enterra Cesseront de rester captives, Et qu'on reverra do ces l)ien3 Couler onûn les sources vives Sur les utiles ciioyens.
Gresset, dans le surplus de son épltre, proteste beaucoup de son respect pour la religion et stipule qu'il distingue, dans sa pensée, le cloître laborieux, la cure édiiiante et tutélaire, du couvent oisivement dévorateur des ressources publiques. Il ferait mieux, pendant qu'il s*excuse, de chercher à pallier la platitude de sa poéne.
Elle ne s'élève pas davantage quand il fait parler un chartreux qui exprime les sentiments que lui a inspirés la vue d'une femme qu'il aime et qui est venue visiter le couvent. A peine un moment sent-on palpiter le cœur dans ces rimes monotones. Ce chartreux-là a gardé un peu de la poudre à la maréchale, même avec sa tonsure.
Toutes ces petites impiétés de société n'empêchèrent pas Gresset d'être comblé d'bouueurs . . . y compris l'Académie» et d'avoir pour son meilleur ami i'évéque d'Amiens, sa ville natale, où il voulut finir sa vie. Le sceau fût mis à la gloire du chantre de Verl- Vert par des éloges hyper*
DIX-HUmBMB SIÈCLE
boUqoes de J.-B. Rousseau et par d'assez mauvais veiBy tout bariolés de mythologie pompeuse, de Frédéric IK On dirait des hexamètres en grand uniforme. Gresset eut dans ses derniers jours, comme La Fontaine, des accès de résipiscence pieuse qui lui ûrent désavouer ses gaillardises peu orthodoxes : ee qui lui attira de vifs sarcasmes de Voltaire, que pourtant il avait loué en prose et enyers.
Voltaire le traita de polisson et de plat fanatique, La tolérance n'était pas là, il faut le dire, du côté du patriarche de Femey. Mais il faut ajouter, pour ne pas trop, surfaire
aussi la mansuétude de l'évèque d'Amiens, qu'il avait obtenu de Gresset son amende honorable et môme le sacrifice de trois comédies. D'après ce que nous connaissons du théâtre de Gresset, le sacrifice était médiocre ; on offre
à Dieu ce qu'on peut.
Appelé d'Amiens, pour répondre à l'abbé Suard que l'on recevait à l'Académie française, Gresset y fit l'effet d'un
immortel de province. Il y attaqua avec fort peu de goût et d'à-propos les aberrations des usages et do la mode. Voici un fragment de son discours que cite Laharpe:
c Quel étrange idiome est associé à nos mœurs par les
» délices du luxe et par les variations des fantaisies dans » les meubles, les habits, les coiffures, les ragoûts, les » voitures ! Quelle foule de termes essentiels, depuis i'ot- » Umaae jusqu'à la chifÛmnière, depuis le frac jusqu'au » caraco, depuis les baigneuses jusqu'aux iphigénies, » depuis le cabriolet jusqu'à la désoIjUgeaiiie, etc. etc. »
Laharpe se fftdbe tout rouge contre cet ouhli de toutes les convenances somptuaires en pleine Académie française. « Qu'importe! » s'écrie-l-il dans une indignation qui n'a rien non plus de majestueux, « qu'importe qu'on
iS.
l49«Ut aujourd'hui caracQ œ qa'oo epiMlaii un {mI^-mk l'airt Ym vtui h^B^ reulr». t Laharpe a raison ici plus flus daus sou SttthawslsiSl»
ûxcLissif pour VerhVert
i4fet»6sl mi euuQre des h^irdiessei» philosophiques ao plains Aoadémia, iQi^qu'ii r^çuU-4iawbm*( m» il^HjtmuA l^évêqua da Vsucs, que l'on cas^^laoait n w sou « assola
résidence, » il osa mettre en cause les prélats agréahlaa al
jprofanes crayonnés autrefois par pes|jréaux.
Bien <|Ui) piîtte j)olito irrévéreupe s'abritât §ou§ un^ Wtorité çlassiqu^t ceU fit It^aucoup luruit. {jç r^l tourna \9 do« à routeur Yer<- Vor^ quau4 oe ^^riiier
paa se présenter Seyant le 8QqverMn,ct, a\i mompi^lde ponfptîSion finale et ç}e sou auto-da-fé de conscience, il i\ jjjj^
o]i çofttpr ^us douta 4 Qr^iS^t u^p «pmédi^ c)e j^lu^.
U Ecran da roi, donné au théâtre Uéjazet, est la mise à la scène d'une des mille mésaventures de Poinsinet, si célèbre au siècle dernier, par sa crédulité. C'était' le plus béte des gens d'esprit, car il avait de l'esprit. On pouvait bien prêter, en effet , l'espoir d'être nommé : l'écran du roi, à un homme qui abjura le catholicisme pour devenir proiéaaaur d'un prince de Prusse, qui n'existait pas, et à qui on fit apprendre le bas-breton pour dn rusas , dans aon désir d'avoir part aux bienfaits de Qalhsrine II. H j a d'autres myslilications plus grossières ; mais Laharpe, qui Ta connu, et qui en faisait fort peu de cas, expliqua
pourtant qno souvaol il ao prélait à 4fff plsisfu^twi^
quHI %¥0it doyinâOO , Ot Sifflllloit 1# do 4îlH
m di§po§é à lui prêter.
^)i^%»r 4^ tbéàU:a ibtUaui il sut un ipoinfit^i d« vs^up