DIX-HUITIÈME SIÈCLE
par une pièce au ThéAtre-Français : le Cercle, Fort critiqué par les contemporains, notamment par Collé, olget de lettres toutes spéciales et rendues publiques ( ce qui
prouve môme le succès), rouvrai^'e n'est pas sans intentions de comédie et, bien joué, pourrait représenter, encore aujourd'hui, un tableau superficiel, mais agréable, de la société — pas la mieux choisie, d'alors. Molé contribua surtout à cette réussite dans un rôle de fat.
Poinsinct, do qui on avait dit qu'ayant appris de Voltaire l'art des vers, il lui avait bien gardé le secret, eut le tort de ridiculiser dans une Soirée k la mode un po6te demeuré obscur, Durozoy, qui porta plus tard avec coura^^e sa tète sur l'ccliafaud révoluliounaire. Au reste, si Poinsinet ne ménagea pas ses confrères, il n'en fut pas épargné. Le recueil qui lui fut consacré avilit plus encore le personnage qu'il ne le ridiculise , et , de son vivant, on le mit en scène sous la forme d'un fine dans une pièce de la Foirn. Atin que la victime n'en ignorAt, les acteurs de la parade s'écriaient à la vue du baudet : c Qu'il est beau 1 qu'il est net ! » sur quoi l'aliboron artificiel se livrait à quelque inconséquence bruyante : « Point si net ! » répétait-on en chœur.
La mort de Poinsinct fut aussi invraisemblable que sa vie. il se noya dans le Guadalquivir : il eut appartenu, de droit, au Mançanarez. Le héros de tant de farcâi incroyables, de tant de mystifications inadmissibles ne devait se noyer que dans un fleuve sans eau.