LE PRÂTU BB JUNON
Le front dans la poussière, adore dans ce lieu.....
Mon, la poof rtère loi fort à ormer l» dieu.
Oui, nous nous partageons cette chair fraternelle ; Oui, nous buvons ce sang à sa source éternellel Mystère d'un amour que tu ne comprends pas. Ce sang déifié fermente sous nos pas 1 Il réchanllb nos eœon , il crie à touf : Btpère i n ne fkil poiat deux perts au fils du mAoïe père Et vient, trésor de tons, d'un tcean d'égalité. Sur son front rajeuni marquer rhumanité ; La sainte humanité, qui plu? forte que Rome, Vers son but infini inarche comme un seul homme; Et qui doit d(^surniais, l'œil fixé sur la croix, Monter, de siècle en siècle, au niveau de ses droits. Mono plenrons, noai dia-tu, le deuil voile nea tètes ; Oui, nous versons des pleura pour expier vos iSiea 1 Nous recueillons tous ceux que ta Rome proscrit, Pour ouvrir au malheur les bras de Jésus-Christ. Mais toi, tes dieux sont morts du jour où la prière Près de vos .Fnjjiler adora vos Tibère. Cette fra(ernit(^ de dieux si différents Est venue encombrer vos temples de tyrans, Et profané partout d'encens illégilimes, • Totre Olympe a croolé sous le fardeau dea crimes
he Gladiateur est aussi le sujet d'un drame allemand, traduit par M. Taillade, et joué sans succès à l'Ambigu, mais qui ne manque pas pourtant d'une œrtaine originalité. 11 s'agit d'un homme né gladiateur comme on natt poète — ou rôtisseur, — qui voit le point d'honneur militaire satisfait à s'entretuer à jour dit dans le cirque, et qui met son
éCRrVAINS DB hk FIN DU DBRNIER SIÈGLB. 88S
patriotisme à frapper et à mourir dans les règles, aux yeux d*uii mettre étranger. C'est en 'vain qae la veuTo
d'Arminius, sa mère, lui npporto « l'épée de son père » et cherche à le rappeler à de plus nobles sentiments. 11 ne fait cas de Tépée qu'on loi apporte qae comme pouvant plus ou moins favoriser ses exploits meroenaires. On eherohe sans pins de succès, à le déterminer à fuir avec une femme qu'il aime, — une sorte de petite dnme romaine. Il tient bon, uniquement préoccupé de ne pas laisser douter de sbn ardeur de béte fauve dans le cirque, et ira pros* tituer son sang pour le plaisir des yeux de Gaïus Galigula» qui veut faire combattre le fils devant la mère, — simple caprice d*humilier et d'éteindre à la fois une raco royale. Thusnelda, la veuve d'Arminius, ne peut souffrir cette ignominie ; elle tue son flls qui, dans les convulsions de la mort, répète encore la pantomime servi le des g1adia-> teurs expirants devant César. Son dernier soupir est encore un acte de courtisan mai dégrossi, se drapant dans son linceul. Thusnelda se tue ensuite.
Si l'on mêle à ce canevas une sorte d'étude, très*ineomplète, de Caligula avec un songe classique, on aura la pièce — plus bizarre qu'intéressante, mais le caractère du gladiateur n'y^ est pas une création absolument vulgaire. On fait paraître un moment dans l'acte oonsaci*é à Caligula sa quatrième femme, Cesonia. L'histoire ne la dit ni belle ni jeune. Déjà mère de trois enfants, Caïus Tépousa comme exporte en voluptés et savante en philtres. Il voulut faire voir 1 impératrice à ses amis sous le même aspect simplifié que Gandaule, à Gygès, la reine de Lydie» mais Cesonia prit moins mal la chose, — question d'habitude. Elle donna à Caligula une petite fille ([ui, à peine née, voulait déchirer les yeux des autres enfants. Caligula se reooimaîssait en elle. Gherea, le prétorien, qui délivra
la terre de ce monstre sans le mettre au rang des dieux, — Qgr Galif ula s'y était pUcû — ûgure aussi daiift i'oilTrafei mais n'y « pu yqU flûlée et If» aUure^ «ffémiiytos gui lui T^l^rtatt 4a te pari du tyw, d^pUi-r
sauteries dont \\ se vaugea virilement par trente çx>\j^]^ 4'#pé$« pr41;^i9<^ Rivaient parfois çiu
Oxi a été î^ssez stupéfait do voir s'épaï^puir ew lettres capitales de dimension formidable, sur les murs consacrés aux affiches, le titre de la Mort (-lu Tasscy 4'Alexapdrô Quval (4e l'Académid fraoçai»»). Ij6 théâtre Beamarabaîa. devenu fort littéraire, tenait beaucoup à le faire remap»
quer. La pièce est peu connue de la génération actuelle, et comme elle a été jouée après qu'Alexandre Duval a fait
imprimer aes œ^ivrea complètes, la biographie \mY§rseHa 4*ea parl§ pas dans rarticle consacré 4 récrtvain» m sais si ç*a été le dernier oqvrage dramatique d'Alexandre
Duval; Je ne l'aflirmerais point; mais je ne serais point étQttoé que tjette lamentable pièce eût été le cài^Vii 4u cy|p»e de l'auteur das HéritierB et de la FiHe çt'honfiesir.
La fatalité a ppurauivi le pQête italiep peuda^ a* vie, s'est continuée de façon si frappante pour presque tous les gens de lettres qui ont vouhi le chanter ou le mettre eu scènei — voir^ même pour ^^s act^ure chargés
dp le représenter. que j'ai p^naé que la chpaa Talait U peine d*0tre notée.
Tout le monde eonnaît \i\ vie du Tasae. Il fut précoce eii tout I coudaumé à mort ù huit ans et privé ù l'avauce de ea fortunei en même temps qu'il étoit proserit avec son p^re« Tnute aa carrière sa ressentit de ee d^lorable état de «ninorité se trouyaU alors riatQlU^ence tiupiipa*
ÉCRIVAINS DE LA FIN Dl' DERNmR SiÈrj.E.
fians att0Uiie garantie contre Tarbitraire du peuYoir ou les supériorités de la naissance, sans protection légale pour la propriété d'œnvres même immortelles et déjà po-
puliiiros, elle ne pouvait môme se donner un morrenu de pain en répandant la gloire autour d'elle ! Avant la grande dito de rémanoipation de rhnmanité, le génie vivait dans tous les siéeiee, — le «ton exceptél
Réduit à se faire le familier des princes, le Tasso, ])ravo et généreux dans d'autres circonstances, après s'être soust»ait à kta chaîne, vient la reprendre à diverses reprisés ans pieds d'un due de F«mre, avec une irersamné obsé» qnieuse Cfoi fait peu d'honneur au poète, et la captivité à laquelle Alph(jnse d'Kste le condamne à l'iiôpital Sainte- Anne» semble moins injustifiable lorsque Ton voit le Tasse —qui n'estons seul victime de sa raison affaiblie, — frapper mortellement un domestique de la dnckesse d'Urbitt dans un aœés de délire. Hien n'a manqué au mal* heur du Tasse, — pns mrme d'être jeté aux académies. La GruBoa fut pour lui cent fois pire que l'Académie française pour l'antear du Gid, — mais à ce moment-là, on était encore plus à la dévotion des Richelieu.
De tout ce qui n été t'ait sur le Tasse, la pièce de (loetho est le seul ouvrage de quelque va'eur; cependant le sujet n'a point porté bonheur au grand écrivain, qui ne nous a donné qn'une oBUvre languissante, une conversation en einq actes ; mais c'est un poète du moins qui fàit parler un poëte, et trop loyalement pour dissimuler les fautes de Torquato.
Ëa 1803, on Joue sur le Théâtre-Français dne tragédie an einq actes, le Tasse, d'un M. Gécilo/ L'ouvrage n'ayant pas réussi est reproduit quelque temps après sous le titre
de drame historiipie; — même résultai. Mais vdici qui est plus grave; le chagrin dérange l'esprit de l'auteur qui va
LIS GOULOm DU fabbA*
mourir l'année suivante à Gharentoiit— 8on hôpital Sainte- Anne, à luil
£n 1821, on donne à l'Opéra (à Favari, — salle provisoiret'lft Balle Loavoisne servait plus depuis l'assassinat
du duc deBerry), la Mort du Tasst?, — paroles de CuTolior (un niélodrainaturge de dernier ordre), et de Joseph Helstali de Menin(?) — modique de Gareia, — chnte eomplèke. A peine on distingue une romanoe bien ohantée par Taeteor principal, et o'est inutilement qu'on avanee, par un anachronisme, pour les besoins de la mise en scène, le triomphe du Tasse. ( On sait qu'il mourut la veille de la solennité.) — Mais qui jouait et chantait le Tasse? C'était Âd. Nourrit, — eherokant pieusement à faire valoir la musique de Garcia — (son admirable professeur— et pitoyable compositeur). — Ad. Nourrit, (jui devait liuir si jeune euoore» — par la folie et le suioide ! . . .
Lord Byron a fait les Lamentations du Têase, On sait que le podte est mort dans un ftge peu avancé. Baour Lormian traduit la Jérusalem délivrée y et devient aveugle, — comme s'il ne lui avait pas suffi d'être académicien.
J'arrive au drame d'Al. Duval. 11 n'a guère été moins oalamiteux dans ses influences. Le principal rôle était destiné à Talma qui avait déjà fait vivre une mauvaise pièce du môme écrivain, Shakcspoare amoureux, et qui recherchait d'instinct le drame même médiocre, comme plus conforme à la véi'ité scénique. Talma tombe malade et meurt, laissant en souffrance tout un répertoire inconnu encore* On distribua alors l'empire d'Alexandre à ses lieutenants. Le Louis XI de Mely-Janin échut à Miclielot; Virginius delà Mrtjinie de Uuiraud à Joauny; le Tasse à Firmin, que sa taille peu élevée avait jusqu'alors, en l'éloignant des premiers rèlesy circonscrit dans l'emploi des amou» reux.
icmiyAiiis hk vm DviiNtiBR siàcLi,
Il fut choisi surtout parce qu*il gardait la tradition de Talma, qu'il avait été voir durant sa dernière maladie. Le grand acteur lui avail expliqué l'eCTet qu'il espérait produire au moment où l'on apporte au Tasse — déjà fou ^ la couronne de lauriers qui lui est adressée de Home par le saint>pére. « Une couronne 1 « s'écrie le Tasse qui, par uneeombinaisonasses dramatique se méprend sur l'en- Toi. « Oh ! maintenant y le duc consentira à me donner sa sœur ; — mais elle^'n'est pas d'or, » reprend-il en voyant la couronne, a ce n'est qu'un laurier, sou frère ne voudra pas 1,..» Et alors la physionomie de Tai ma prenait, diton, une expression de désespoir si naïvement navrante, si tragiquement puérile, que Firmin, — profondément fimppé — s*en inspira avec un grand succès à la première représentation. Sa chaleur, le talent irrésistible de Mars, valurent un succès à ce vulgaire mélodrame. La parodie même rendit justice à l'héritier accidentel de Talma, tout en le plaisantant sur sa médiocre stature. Dans une revue du théâtre du Vaudeville, io Tasse était figuré par un eulant ^^le fils de Lepeintre jeune), et sou père s'écriait, en voyant arriver le Torquaio microscopique : — Ça le Tasse? Demi-Tasse, tout au plus!
Mais Firmin n'en était pas quitte avec la fatalité qui s'attachait au sujet. Hetiré au ('ou<lray, ])rès d»^ Gorbeil, condamné par la maladie à une immobilité antipathique à sa nature nerveuse et active, il meurt et exactement par le môme genra de suicide qu'Adolphe Nourrit, son prédécesseur lyrique dans le personnage. On voulut garder le secret sur cette déplorable lin d'une vie déjà longue, et que le calme et le bien-être pouvaient prolonger encore; mais M. de Manne, dans son curieux ouvrage : la Troupe de Talma , a soulevé signiflcativement un voile que, du reste, il n'y avait plus guère de raison de laisser
LKS G0UL188E8 DU PAABB.
ai^*. cette Umbe. Lus âympaUûes qui oat suivi N»uprit juague dans ee fatal dénoùmant ne maïuitteront pas peur
eela à ce pauvre FirmiD»
Alexandre Duval survccut seizo ans à son succès; mais peu après commença pour lui une série de déboires qui avancèrent évidemment le terme de sa vie* 11 mourut (c'est encore la Bioffrapbie qui le dit) du chagrin que lui causèrent les succès de Técole moderne, dont l'avènement date de 1829 et 1830. l^our bien comprendre l'amertume que l'essor triomphal du romantisme laissa au cu-ur d'Ale&andre Duval, il faut se dire qpie réchvainr-dont l'exécution était pitoyable et la conception des plus banales — n^avait pour lui qfu'une certaine habileté dans l'agence* ment — un mélange assez bien entendu du comique et du dramatique. Voici eu quelques mots la poétique d'Alexandre Ouval dans sa préface. Elle eûi pu servir de programme è l'école roinantique :
« Après avoir comparé nos anciens auteurs par l'effet de leurs ouvrages ù la représentation, je jetai un coup d'œil sur le parterre, et j'y vis une jeunesse ardente, pleine d'idées et de philosophie; je vis que pour mérita ses auffi*ages, il fallait parler à sa raison autant qu'à son esprit Quel était le meilleur moyen puury parvenir sans danger? C'était d'intéresser son cœui*. Celle rouie était dii'iiûile : un préjugé bannissait de la comédie toute scène qui pouvait appeler les lannes; j'ai dit un pr^ugé, car nulle poétique des anciens n'a fait cette défense, et Ton n'en fit une loi que dans ce temps où la comédie maniérée ne peignait que des ridicules de salon et se gardait bien de toucher aux vices. Cette crainte de donner à mes ouvragea une physionomie de drame ne devait dooe pas m'arréter. Comme je comptais bien ne pas en bannir le comique, et que ^'espérais le trouver dans le développement de mes
ÉQRIVADIS M L4 »« iW MHlMtM 8I&GLB. ÊÊê
•«ff«olèm» ié m dfaignM plut d« désMit<lf9 dAn» r«fèhe
«TBC une certaine confiance. Peindre «wtont que je pourrais des mœurs nouvelles; essayer des caractères ftie dans la aaiure; en ïeê développant, lanœr quelques traita généfaux da aatire, parler è la misofi, à TeapHi, au cœur; enfin, faira rita et p1a«rrer ta«l à kr i»ia; «"éltil là mon but : ce but, je crois l'avoir atteint, n
Seulement, sans échapper aux défauts inhérents à Tinnovation, Victor Hugo, et sur le second rang Alexandre Dumas père, Frédéric Soulié, etc., apportaient dans leurs œuvres fiéyrènaea la valeur du style, la haute inspiration historique , la fantaisie spirituelle, tout ce qui manquait aux lourds produits du dramaturge classique, qui croyait paavoir concilier les traditions da Victor Oucanga et les préeaptea de Beilaaii. La» aaaeèa tes pltia a^lHaatéa êm la nouvelle école rendaient impossible l'établissement Duval. On prenait sa partie à l'auteur de la xfeuncsse de Richelieu et du Tasse, » mais avec une supériorité in«^ aanparabla qui le aemdaranait dorénavant à éooular ebseurément son fbnda. Il n'f a donc Hen d'impassible à ce que Alexandre Duval soit mort littéralement de drame rentré.
L'écrivain adressa même à Victor Hugo un manilMe Intitolé: De la litUraiure romanUque, dans lequel il aocu- *ait awièrament l'auteiir à*ikfroaai é*«voir perdu l'art dra-
mati({iie et ruiné le thôAtre français par des doctrines perverses et des moyens coadsmuables.
Aletandre Duval, adversaira ai déclaré da Ténatteipation de Tart, quand elle n'était pas à son profit, avait foutafoîa en politique des opinions assez avancées at qu'il eut le mérite rare de conserver toute sa vie. Il ne cesSa pas de lutter avec courage et dignité contre i'ininteiUganoe at la servilité des «enaaura du pramiar Eoapira et
delà Restauration; mais ce né lait pas une raison pour donner au Tasse, en 1595, un libéralisme d'arri^re-boatique de la rue Saint-Denis. Quand on relit ce drame qui dut à ses interprètes un moment de vogue, on n'a que l'embarras du choix pour butiner le pathos, pour coili^eJT les platitudes, pour glaner les inepties.
En Yoioi .quelques eiomples dont je ne toux pas Udx^ tort à la gaieté française :
ULKORTB.
Met amis, ne le perdons pas de vue (le Tasse)..., je suis à la piste de certaine intrigue... , en dépit de lai-même notre ennemi se trahira. ▼oui lavas combien il eat Tiolent, furieux..,, |a puis, en inritant ses paiiiona, en provoquant aa colère, rentratner daaa an piège. Oui. c'eat
aar son caractère seul que je fonde le succès de mon projet ; et je veux être le plus maladroit des courtisans, si je ne parviens à faire sauter aujourd'liui môme cet odieux favori des princes et des békïea*
LB TÀ88B« à Eléonore.
Ahl que votre piésence m'est délicieuse..., quel charme vous répandez autour de vou«... Tout à l'heure encore la tristesse accablait mon âiiiO..., ju n'osais lever les yeu.v sur ces murs, où la main de mille infortunés a gravé leurs souifrancos. . . Mon âme, sY-iançanl dans le passé, s'attristuit de leurs maux, souffrail do leur douleur... Vous paraissez, Eléonore, et cet liorrible lieu me semble un temple eonsaoré au Inmlienr de l'iiumanité...
Oui, chère Eléonore, comme vous. Je m'exile du monde ; c'en est fait, je m'unis à ces solitaires qui sacrifient leur existence à la divinité ; jo partagerai leurs travaux, leurs châtiments ; je m'applaudirai de ce que le silence sera la première loi de mes frères ; je m'appartiendrai davantage; mes idées seiont plus vives, mon imagination sera plus active ..
Avez-vous besoin, pour être heureuse, de palais immenses pleins de vils fliatteurs t. . . de satellites barbares ? Si des chaînes d'or ne vous attachent pas à ces fausses jouissances, osez partager ma deatioée. Là (en exil) nous trouverons un refuge contre les hommes, un asile codtre leurs fureurs, soit dans les antres du Caucase, soit dans les neiges de la Sibérie ; partout où on peut presser un cmur brûlant contre son sein, on doit rencontrer le bonheur.
Quel bearenx tYenir m prépare pour moi 1... Orgueil» préjugés, ty-
lans de la terre, Je pourrai bient^^t voui brmr 1 Oeerei-Teas encore me disputer ma bien-aim(^e ?. . . viendrea-Tuua B6 ranvcher au fond des déserts où je cours i'entratoer.
On ne s'étonnera point après ces citations que Dnval professât pour le stjle (cette qualité qui, seule, met sur la soène les auteurs de Polyeuote et à'Athalie au-dessus des auteurs du Médecin des Bafanta el de VAïeale) le dédain que le renard à queue coupée professe pour cet appendice absent. Voici ce que Duval écrivait dans sa préface de la Jeunesse de Henri V :
c Tel est mon aveuglement en œtte partie de Tart qu'on « appelle le style, que je la crois souvent une sorte d*er- « reur qui nuit plus dans les poëmes destinés au théâtre « que les incorrections et certaines fautes de versifica- « tion. »
Duval donc méprisait le style. On voit que le style le lui rendait bien. Et voilà Féorivain que TAcadémie fran-*
çaise accueillit sans contestation au dedans — peut-être sans réclamation au dehors — elle qui fit faire antichambre si longtemps à Victor Hugo, — elle qui a tov^^'^i'* repoussé Dumas père, — au temps de ses vrais suooès , Balzac, Frédéric Soulié et d'autres hommes encore qui parlaient une langue admirable. Et telle était la justice des partis littéraires que ce même public qui devait, quelques années plus tard, persécuter au nom du bon goût Heraaai, couvrir de buées pendant trente représentations SOS plus beaux vers, u'upposail aucune résistance à ces canevas du boulevard développés au Théâtre-Français dans une pbxaséologie ridicule. A coup sCur, étendant» la « saine » tradition de Corneille, de Racine et de M<^ière était tout aussi méconnue par A. Duval que par les poètes
i9§ dtÊt catruaisEà ou rxÈBé,
()e la nonvelto école ; mafia 1er tftlfltit créaieuf ifa jaEknais
eu les iniimuiitcs ilu iiiéi 1 lucre .
Uam la comédie lamiiière, DuvaI est plus accepiable. Les Héritiers ou la Jetmêase de Henri V se ïaisseraieni plus volontiers lire ou voir que le Tasse, la FiHe d'hot" nmp eu te lf> gèdte ^ Féorlvapift, ^ eirt' il y 4to kd fpagôflie — Chtistine. Stérilement f Aleîcaîndre Duval poétique, c'est du Pixéréeourt. Ea lignes rimées et Bttême eapvMi, iln^esl gii^ iivlr^ «àotts, cMor Pi^éréèoiirl avVâl lui 99t llfélÉi'é^ la diait ÙB VéitùfffÊMi êl la ftteufté oomicpie. L» dilfér«)ie» M cfm l'tfeadémtoMqa ranp>âMl9 par l'habit noir la tuniqite abricot à bandes clH>coittt de son collègue du* théâtre de la Gaité.
A#cMW dfoB* pÉèow d'AtoxandmB Duvift^ ttéBio eiHtwifqui o«i le moins àe i^tiNitîottdV' né rejotMffait aujourd'hui. Dans la eofwédie li-gcre, M. Labiche, à présent, fait cent l'ois mieux, et il n'est pas de l' Académie. On conçoit quelles amerluottes dévof aient le otÊnt de FiMtour dtt laasfe devaol Um snceès^ d'une* fénéA^aliw qui muMMiit, — fiarfois témégalwmwrt el ééîmUmmaiM,
— mais toiijouj s avec éclat, — l'arl jns(iue srir les phandMs d\i mélodrame, tandis «pi'Alexandi e Duval u a jamstis «ffw^f «i- làtti avoif It ooorag» d» ia^ dire ^ Mnr nod j^vamièm Bcéma quo 1» màHer habUv et ImreinL.
QtaMd o« Tév9^ la distribntinn du Tmmer on g'éftom» moins de sa vo,que passagère. A côté des denx acteurs priaucipaux, Armand, l'ami et l'iuleriocuteur de prédilecttoft ésf MU» Mnr»» pvètaii,r on dépvl d'utf lémnrami^ ééffi^réabl», mw diotentioif rare ei une grandu mtorlté au rôle d'Alphonse. Baptiste aîné habillait avec son admirabie tact une caricature de vieux grognard du xvi*' siècle, qiÊA au¥ai<j, sann ^la, paru grossière a«» pulvlio de VAm» Irigtti Oer vQÉIi iiai» enr Im IMv Wmtigtf w» éÊMmÊt
ÉdOVAraS DB |A FIN JD^ JfJfRJfJ^ SIÉCILHU ^
acteur, M. Samspn, M. Del^iç^^ qui j^ne ^i^ciiçiça nos scèneç àe boaleyaiyls ^ xvepr.ésQiijtfii^t un » 4^u^ûjè^e courtisan. » ÇSic,^
U y avait ^ui-ètre quelque imprudence à l'Odéon à mipvendise 4a Fed'Io Vi/fe, de Picard. Gea types de la pièce oai été tant Mfintts depuis!.... Que d^épreuves on
a lii écy de Nina Vcrnoii ! La j)îanche dc3 mères Guibcrt afit usée i Veruon le ibi'occBsi fêtait déjà un mélange assez «Miilei de Ohinaiieafi et de Bartholo.
U y a e^^Bdant quelques figvres qui ont conservé un eertaitt relief. Rifflard, ee tyr«in de petite vîMe , ce Mon de hasse-cour, est toujours un type bien ol)servé. — r4'est dé^à •quelque chose, d'aillenrs» d'avoir légué son nom à ufk ipav^^taie. Fïwe Guibert est bien cette créature sotte, laide, mal faite, qui évidemment, dès qu'elle aura eltaehé avec l'écharpe de M. le maire le mallieui*eux livré à sa fringale matrimoniale, mettra au monde un nombre indéfini fpiU^ j|^res ausi^ ié^fr^é9})k» /Jtt'^Çp
U y a un g^pl ^ io\ichfi aji f énie dans oa vôlo. ^L^o^uo )'un de ces P^risieps éteint coaipléteineot le fi^ de M'"'" (luibert, en laisaut accroij-e que le placement de Flore e^t imppçsible chpz son tiWf, Wîjirjjî déjà, et que la mère, furiepsp p^ «lâs^pppiA^ée, î^}^ Qortijc sa Qllfi — hors concoi|r§, — PpHo-p} âii> à M"* Ifl^ibert , en dé^^Aal^t l'ami révélateur : Maman , l'autre n'est peut-être pas marié ! — Ce trait, qui fait frissonner, marque le point où l'appétit permanent du mari touche à Tanthropophagip.
^^WK fit Vimk^l» npn^ p^rs^Ageis Vm ueéa, il
est vrai. Tout le monde sait que La Galprenède et Thomas Corneille les ont mis en alexand^ns, ce qui donna occasion à Voltaire de faire quelques bévues devenues de l'histoire. Ce ({u'on sait moins, c'est qu'Aiicelot avait donné au Théâtre-Français une Elisabeth d^AngleierrOf jouée par Lafon, Menjaud, MV» Leverd et Brocard, et dont on a pris d'un bout à l'autre le scénario de R(h berto Dcvcrriix, de Donizetti, de mèrae que Bellini avait emprunté à Joies rondos el Cavaliers le drame d7 Puriiam. Le mari jaloux» dans la tragédie d'Elisabeth^ Nottingham (Lafon) devinait les relations coupables du comte Bssex et de lady Nottingham, en voyant ce dernier porter une écharpe que sa femme avait secrètement brodée, occupation où Notlingham Tavait surprise sans qu'elle s'en doutât ; seulement il se gardait bien de lui dire tout simplement qu'il l'avait vue travaillant. La mogesté tragique s'y opposait. II enguirlandait sa révélation :
Ta main faisait courir l'or à travers la soie.
Ce bon Nottingham, qui avait sans doute supposé que récharpe lui était destinée pour sa féte (l'écharpe n'était là que la poétisation de la paire de pantoufles) , naturellement se voyait ensuite sûr de son déshonneur en voyant Essex ceint de l'écharpe « où l'or courait «, et sachant que sa femme avait en main le fameux anneau dont la remise à la reine pouvait sauver le condamné»
Surtout l'aoïiMu royal me semble bien trouvé i
forçait la duchesse à ne pas remplir sa mission pendant qu'Essex marchait au supplice. A travers une forme
pàlc et siirjinnée, celte scène était dramatique et finissait par les fureurs obligées d'Elisabeth se refusant, dans son
ACRIVAIMS OB L4 FIN DU DBRNUSi «ACLB. 245
désespoir, à tous Iss soins et à ions les devoirs de la
courouue :
laeqoA esl roi d'Angleterre, adressez-vous à lui.
On a YU encore, il y a peu de temps, une pièce dont le titre m'échappe, et où M'^^ Dugueret a joué Elisabeth de la façon la plus remarquable. Je no veux pas entrer ici dans le détail de toutes les autres Ëlisabeth jouées, chantées, mimées, peut-être dànsées qui ont paru sur la scène, notamment celles auxquelles a donné lieu la dramatisation du roman si intéressant le Château de Kenilworthf mis en opéra à l'Opéra-Comique dans Leiceater^ de Scribe et Auber, sans parler de celle qui, encore aujourd'hui, marivaude avec Shakespeare dans le Songe d'une nuit d'été ; — de l'Elisabeth transportée au Théâtre-Français par Alexandre Soumet, M^^" Mars jouant Emilia (lisez Amy Robsart)/et enfin l'Elisabeth de YAmy Robsart, accueillie par des tempêtes dans son unique représentation à l'Odéon, à l'époque des premières périodes du romantisme. On sait que le véritable auteur me lit rhoQueur (je sortais à peine du collège) de m' attribuer ce di*ame, pour lequel Eugène Delacroix, grand ami des romantiques, avait dessiné de très-beaux costumes, et qui fut interprété par MM. Lockioy, Auguste, Provost, Tliéiiard, Doligny (f(ui eut beaucoup de succès en Fiibertigibbet), M^^'' Ghartou (une belle Elisabeth), Anals Aubert, depuis sociétaire de la Comédie-Française. 11 fût décidé, après la première représentation, — Je prends l'expression du plus poli des journaux classi([ues et bien pensants d'alors, — « que cette bouffonnerie romantique ne salirait plus les planches du théâtre royal. » Si j'ai reparlé de cette chute célèbre, ce n'est pas par amourpropre d'auteur. 4e ne fis que la signer, et Victor Hugo,
fuè 9^ l<WtM A6#loyfti4é9 4u oiumgt» y mit son éwiapgiffia contN-seing devant lee siffletB. — C'est pour avis au publie.
Le manusorit a éto égaré, et n'a jamais pu se retrouver à jP4^on, ajj Jïii|^|tère. Qp dit pppi ^i^f qu'jj est
f}Hw»f' «?f^f ^ y BfiwWtrp q»f#q^fi iRWrtt*
rpp[iQnfef rpuvr3|ǧ aujgjird'jiui ? pièce, cfui f»^ mIqi^ j'effptd'wne vierge folle, — après tqutesips sjitu| i^Jes U^î?
Ips cas, pQur ma part, (bIIc et?l cojiiplt'tefi>ept dégintéi'P^sép.
di^ps lequel j'ai petrquvé néaninoina uine ëéffifi 4® §itu^-
Jjpï]^ attachî^Dte^ pt un i^ppel à de^ ejnptipns sympathig}^||iout le dpagiQ fU3^u^ nps^ p{*^ocpHpegMpro. iJM|^
A% w Ptm plus mrar — #t laa q^m^
}]et, il n'y a pa§ |pin. Viem^ç^ fu|, pi^ |^ sait, le tm 4^
J'irqpopulurite volontaire et impônjtcnle. 1) qffeotait {onil?Wr^i V^W^ il mm9^i\ ^ l-t des p?ur^, yno
uîrii(m(i ro^due piibiique, qu*i| «yait mm
(j^'il était noippié pair c|e Fr^npp. pej;)d^nt qu'il faia^it
l'^péter à lîi Portg-Saint-Marliu par Fvé"lérick-Lemait|'o
tm
qiiemenf rpmnil^]^^ qxxi le imf^ï^ $^4 PtMs 4ie la QimubLû
Ce dr^ii^ i% HiçM firémmi fMi paiH^iMm la moI 4e tous ^ Aiiyragffs 4rm«ttqfW 4e Viinii^t fqi snl iwa sorte de succès à la première représentation. Le malheur
c^t Qcadéfijicipn fiu thpàtrp iiiml pi oyer>>i!Uil. Une co-
f^tVw tii\ trf^i? ^ctes, i^n ver^, le$ ^eapM^* <ltt'*i <iQiwï* en 1839, au Théâtre-Français, fut à peu près SftiUVÉI iàr vaut une salle vide ou factice, Qfi le 4é^m% ame Sachel, devant une recette. — Or^pe de sifOcfs. Je j^e vis pas
Arbor/aslc, qui n'eut qu'une représenlaiiou et dont le titre ba^g)}^ sofil était un déii au bon sens.
O le plaisant projet d'un poêle ignorant. Qui dfi taoi de hérus va chuisir...
Il est possijile que, comme Vlndépencfancc l'a annoncé, ç'ait été la voix de Vjonnct qui ait amppé l'entrée de Victor UugQ à r^caciéfnie frai^pQjse ; mais ce qiii fts^ positif ç*0st que Viei^net s persisté jus(}u'gu dcfnief moment dans sa réprobation des idées littéraires modernes. Voici . pu fragment de letti'e, curieuse à plus d'un litre (elle est écrit<^ au jpndea>^in de la révolution de Février), e^ dont ^e n*élin}ino qup ce qui est tout 4 spécial i 1§ pièce ç|*uu auteur dét>utant :
« Lps gros événements qui viennent de s'açcopipUr, les préocciipalious <jue, (lp|)uis un mois, me donnaient l'altitude de la cfipitale et l'inutilité démos conseils, sop^ la triste excuse de mon silence. Vous iqq p^donneres donc d*avoir oublié le manuscri( que m^avait remis de voira part iM. de ***. Je l'ai pris pour me distraire et il y ^ réussi, mais que vous dire maintenant ? Vous connaissez mes principes littérairesi ces changements de lieu, ces
LW 00ULI8BI8 DO PASSÉ.
lioenoes de temps, ces prologues ne me vont en aucime
manière, et je serai à cet égard le dernier des Romains ; mais, après avoir écarté ce que les Hugo et les Dumas traitent de principes ridicules, j*ai considéré rouTrage en lui-même, et je vous déclare qa'il m'a fort intéressé. . .
a En (lofmitivc, et dans l'état où les novateurs ont mis l'art dramatique, je crois apercevoir beaucoup d'éléments de suoeès...
c Agrées, monsienr, eto.
« Paris, 28 février 1848.
€ VlBNlK. >
Le temps a prononcé. Les hommes niés on eombattos
par M. Viennet ont gardé leur place, môme avec leurs défauts. La litléralure contemporaine dont il se faisait rapologiste, est tombée dans l'oubli ; mais le temps simultanément ajustement éclairé d'un jour plus doux, ehes Viennet, le puriste convaincu, le oonserrateur honnête. Sa résistance de juste-milieu aux idées libérales tant attaquée ou plaisaniéo sous Louis-Pbilippe, n'apparaissait plus tout récemment que comme un culte à de vieilles et respectables convictions. On ne voyait plus que les rides vénérables là où on avait persifflé précédemment la grimace faite au progrès. On a débarrassé Viennet de la perruque classique dont il s'affublait obstinément et sans vergogne, pour saluer ses cheveux blancs. Disons donc à l'éloge de notre temps qu'il a le respect du passé, mais il ne faut pas que les honneurs rendus à TAgo et à la probité littéraire soient rapotbéose des idées mortes.
ÉCRIVAIlfS DB LÀ PIM DU DBRNIBR SliCLB. 849
11 faut demander pardon à d'Epagny. 8a vie était re* tombée dans rineonnn, mais sa moet môme n'a pas fait
parler de lui. Il s'est éteint, à ce qu'il paraît, à Tâge de quatre-vingts ans. Je dis : à ce qu'it paraît, parce que cela est déjà si oublié que oe n'est même plus sûr. Cet homme, cependant^ a tenu une certaine place au théfttre : " il a fait jouer à l'Odéon Laxe et IndigBDW, une pièce en vers où se trouvait uu véritable instinct de comédie et qui tu passer les ponts au public. Le titre seul dit le sujet de cette pièce, qui aurait encore de Tactualité — par le fond plus que par la forme. J'y trouve cette indication curieuse de personnage : « Clairville, homme d'une grande simplicité de mœurs, mais distingué par ses talents et sa considération. »
Luxe et Indigence était joué en 1884, par Perrier, Samson, Provost , Anals Aubert et tout ce personnel intelligent dont la Comédie-Française, plus tard, eut soin de recruter son sociétariat. UHomine habile et Lancaslre furent moins beureux. 11 y avait un assez beau dénoûment dans le drame historique. Dominique ou le Possédé fut le dernier grand succès de l'auteur. Destiné d'abord sans succès à Monrose père, au Théàlre-Krançais, il dut iHro ensuite porté au Palais-Uoyal par l'auteur découragé, qui s'adjoignit M. Dnpin pour une appropriation spéciale et l'exécution des couplets. Ces appendices chantants disparurent par suite d'un second caprice, cette fois approbatif, de Monrose. Mais M. Dupin resta collaborateur de l'ouvrage, qui revint, pour y faire son apparition publique, au Théâtre-Français.
La première représentation de la pièce eut lieu peu
1^ pftUf4fi%fi«* if^^mr
après la Révolution de 1830. Les rues étaient encore dépavées. On portait dans salle la cocarde tricolore au chapeau. Peut-être ces circonstances ne nuisirent-elles
pçis 9u s^Acès fie la coniéUip un peu révolutionnmre, en
m quelle jtrwï«pQf t^it çur spènç 4â J# rue Hi!cheU»u la oo«9^e d'iMDiuYp ^t )# g^^M ito imi» »t 4'^llée. 0^ 9 imAHii^ W fra«|4 ^ffe^t Oaili*Qy #e fi| feii»anpar
iians le 4/9 Lftubar<jIemoRt ; M"'' Broeard, venue égalei».€|it (J.e rOj^pou, ylij, ijreuYc de sensibilité el <Ie passion. P'f^pâ^i^y ûqum mfH>rQ Ïbéâ^^d-Frgo^ais dGu% petites
fMiA» ; itmif» êi Qiitlûw^iêi ifl» Pjtérem^km uni
rtas^irent 9g<4al>leineAt. |^ji}«riuèree9^9e8|^longl<en>ps pu répertpiriûf D't^pagny u fait qle plus, en collaboration, à U. Farte -l^i^Iar^ii\; ui)e i9«g(^z mauvaise pi«Mca, i«s . iiiik^4iteii^> 4tii âi4 Mris d# simomi k ki «aiMBéiaii* Iflttoii dl» MVQftee aMiV»n âg»» h^vm toute k mifM «n scène primitive et à un très -beau décor, représentasit réalise des Petits-Auprustins, qu'Harel onnonçait de façon ftpftfi4f*¥ 6ur l'afiiche. Charles II et rinquisition, en 9Wtee Mtos, i/ommi ]t iwm Tmi Hansl, qfâ 4^pttbi a été 4iGftoteur PdiM-Dranatiques, fit cpualqBês m-
cettes, grâce à son titre, et u'en valail pas l)(\aucoup mieux. D'Ëpagny £ui Thoimeur plus réel de peendre la direction 4te l!Ûdésa «a iSild^ et de nelanctF œ ihéètii dans les voies littéraîaos^ il esleocoBS ncén^llemeMé.
D^Epagny était un lieinHie blond, assea gr aa4 ^ ieîile» mais se tenant toujours un peu courhé, l'air extrêmement ÂQMaL, iusinuaat, un p^ câlin. C'était une sorte de l)oakoppae4e lettMS. Lepnceèo Ait Ivop eoMplaif»aai, peut* âtne^ A «A mommà^ maiy Toubli a été son anAeim tÊOsg iippitoyabl^.
ÉCHIVAINS ÉTÉ LA VIS DU DEï^NlER SltCLE. iui
YIl
Empin, rpit t!«fA6vM iMê ItnH èMMfftiifiMfêNi^ ê% la
Cnméflio-Frailr-?iif%e, mcrif.t, par rin(lrf)Ofidart(.'e ttê sot* caTactcre, rhoniieur d'y ôlre brisé â son poste. Il VodlCrt mêÉre rue HicMelieû, flaàs §e cfotteie:^ cfetf ^#oCècM
bientôt à ses dépens ((u'uii adrniiiistrateirr de la Ctjmédie ne peut se maintenir en équilibre ^u'à la condition de
tampon entre deux locomotives. Empis tomba du moinë
avec honneur, laisant la réputation d'un fonctionnaire intègre^ d'un directeur itKtelligeiit, plein d*é^ds poiïf' lee éarivaiiiti et de reiq^ pecur le ifumcMI littôrtlrë (jpif M éteit oofifié ^ dont il mit toujours ec^Midi^ la portêè
élevée.
La carrière dramatii^ue d' Empis ne fut point non plus maâê vftièiir, èt, bien cpt'û afy oit point hnMim^èiq^rehtte tfée-indftidaellë, ayant beaneonp fratafllé es conabortf-
tion , il dut y faire constater à son acKf propre mie certaine eiilenle du théûtre et une recherche de la réalité qui n'était pas alors sans hardiesse. Peu sympathique à: Féeole romantique» il s'en rapprochait pourtant asae< pa^ des aHures de<irame propres â plusieurs de Ses oiTtraged. C'est à ce genre môme qu'il a dù sou plus grand succès, la Mère çt la Fille (en collaboration avec Mazères) joué à rOdéon en 1800 par Frôdérick-Lemaitre, FervHle, Delafoscto, MM MÉoreêm-Sdhirei eT Alétandrlne l9oblel. Hi^ lïoreau-Sainti était une très-belft^, mais médioore aefrice, k qui son mari, acteur fort habile de l' Opéra-Comique, a
LB8 GOtrUSSBS DU PAflsé.
survécu. M"'*' Noblet est devcniie sociétaire à la Comédie- Franraiso, d'où elle s'est retirée il y a quelque temps. Ferville est rentré au Gymnase un peu avant sa mort.
G'étail une nouYeauté que de voir Frédériok-Lemattre ayant d'abord délaissé la tragédie pour aller jouer le mélodrame, remonter sur les ])lanches de l'Odéon pour y reprendre l'habit noir. Robert Macaire porta le frac comme reùt fait le plus élégant des sociétaires, et joua aussi bien que les plus illustres. Cependant Frédérick, quoique satisfait de jouer le rôle, trouvait l'ouvrage un peu timide d'allure et un peu circonscrit d'action. La pièce réusait beaucoup et put être reprise suceessivement, grâce à ses allures de chauve-souris théâtrale, à la Comédie-Française et à l'Ambigu. Une phrase seule, dans la nouveauté, choqua par sa crudité, et aujourd'hui se trouverait à peine au diapason de notre littérature de pensionnat, a Elle l'a reçu dans son lit, » disait le mari en parlant de l'amant de sa femme. « Elle le jette dans celui de sa fille. » Empîs voulut couper la phrase qui avait fait murmurer; Harel en exigea le maintien.
E^pis s'essaya cependant, non- sans quelques résultats assez heureux, dans la comédie avec Picard, dans VAgiotage, joué par Michelot, Baptiste aîné, etc. (à la Comédie- Française), et la Dqdio et la Demoiselle , pour M'^'^ Mars. — Après avoir emprunté Frédérick pour la Mère et la Fille, il utilisa M"*^ Dorval à son passage, pour une sorte de drame de salon, rue Richelieu, Une liaison^ qui ne fat pas trés-heureux.
Rose Dupuis et Monroso père jouaient cependant dans la pièce. Lord Novart^ interprété par Volnys et Samson, et sur lequel la Gomédie-Frcmçaise comptait beaucouu, n*eut guère plus de longévité.
En résumé, sauf le. Mère et la Fille, aucune de ces piè-
i(»IVAM DB LA, m ou D£RNIBR BltCLB.
ces n'est restée au théâtre. Peut-être est-ce en raison de ce médiocre effet scénique (circonstance atténuante)» que l'Acadépiie française admit dans son sein un représentant évident du drame, genre qui lui était alors généralement assez antipathique.
vm
Le théfttre Gluny, en rejouant la Daobease deLaVaubth hère après An ton y et les Sceptiques^ a achevé de donner un spécimen très-curieux de l'ancienne Portc-Saint- Mariin» dont il a repris les traditions et les errements» abandonnés depaisparles directions de cette grande setoe de drame. On ne sait guère aujourd'hui que la Duchesse de La Vuubuliùie et les autres pièces de Houyemont qui suivirent» eurent un moment contre Técolc romantique les honneurs d'une réaction asses semblable à celle qu'une douzaine d'années plus tard, l'école dite du bon sens tenta contre celte sœur aînée, — pas du même Ut. Uarel, le directeur, qui contribua le plus à populariser, au boulevard» Victor Hugo» Alexandre Dumas» Frédéric Soulié, MalleflUe» avait eu cependant avec eux, en raison des ambiguïtés par trop habiles de son caractère et des susceptibilités souvent léijitinn s de ces écrivains, des refroidissements, môme des brouilles assez longues.
A l*un de ces moments, Rougemont lui apporta la J)ti^ ebesse de La Vaubalière, Balisson de Rougemont avait
déjà passé l;i soixaiitaine. Il appartenait à un groupe d'écrivains semi-épicuriens, semi-légitimistes et qu'à ce double titre on appelait : Enfaals de la Beslauralioo» L'ar« ticle de la Biographie universelle, pou bienveillant et surtout peu complet (il n'y est même pas parlé de La VHuhaiière et des di urnes qui suivii'eut;, le dépouille d'un
litre qu'il se donnait, celui d'officier d'ordonnance du chef veadéen ôuzannet, et laisse mdme entendre que son titre nobiliaire était de pore invention. Ce qui parait « certain (puisqu'on cite les poSmes et les dates), c'est qu'il
chanta avec une rare flexibilité de talent et de principes : Charette, Napoléon P^ le duc d'Angoulôme, Louis XVIIt. De Rougemont avait boanconp d'esprit, mais n'était connu que par une innombrable quantité de mélodrames, surtout de vaudevilles de médiocre valeur.
Soa succès le plus saillant avait élu la piéco eu trois époques : Avant ^ pendant et après (en collaboration aveb 8cribe}, qiii entj en 1828, les honneurs d'une interdiction et fut reprise après 4880 avec les variantes du triomphe. On ne conijttait donc jias beaucoup sur l'essai tardif que seul il tentait sur une scène uveutui'euse et illustre. La Duchesse de La Vaubalière se joua en été, sans tambour ni trompette, devant une salle médiocrement garnie. Le premier acte passa tranquillement. On distingua cependant un acteur, inconnu à Paris, Haucourl, qui disait avec beaucoup de mordant et d'esprit le rôle du notaire. Le second acte commença à intéresser vivement. La péripétie habile par laquelle le régent, entendant le duc promettre mensongèrcmcnt sa main à la jeune fille enlevée, demande un prêtre et prend le séducteur lui-même au piège que tend ce dernier, produisit un grand effet.
La réussite se dessina. Le troisième acte, bien qu'un peu faible et se passant en conversationn, ne la compromit pas. Le quatrième acte, qui rentrait dans le genre du drame du boulevard, émut beaucoup. Le cinquième acte, qui aurait pu s'appeler les /?es50urees de A/ori^seaii, et dans lequel l'industrieux notaire déjoue, é coups de sous-soings prives, Ions les complots de l'abouiinable gentilhomme, obtint uu succès inimaginable. Les rires
Oigitized by
ÉCRIVAINS DS Ul FIN DU DERNIER aàca«B. 250
mm % • •* m^wm* •«•« ♦ • • ■ - »
et les applandissmiMits interrompaient à chaque instant l'acteur.
La pièce avait été jouée d'une façon trcs-i'Cinarqual)lo ; un acteur d'une fort belle tenue, — M. Delafosse, avait prêté beaucoup d'autdriië et d'ampleur au rôlë episodique du i^gedt. M^* Àdolplië, — une débiiiantë, — la jeune fillo d'iine èxcëllëhtë actrice du boiitevard, avaii été stifilsâmnieiil julie, naïve, passionnée dans le rôle do la duchesse. Elle semblait annoncer un avenir dramatique que bHsèrènt malheureusement bientôt les suites d'une indisposilibn plus intéressante que légitime. M. Alexandre Slâuzin, l'homrîie dès rôles odieux, avait comriiencè à prouver dans le duc des qualités de concentration et d'éiiergîe qui lui vàlureîit plus t€u*d de jouér dignement, i côté de Frêdérick-Lêmatlre, lé doii Sâlluste dans Âa/blaà ; tnais les hdnneurà de la soirée avaient élé surtout pour Raucourt, dont le rôle avait l'avantage dUnti'oduire sur ce fond de drame sombre et un peu banal un élciheht spirituel èt sympathique.
Malheureusement» un mal de gorge prit Haûcourt au sortir de là rèprésenlàtion. Il dut rester une dizaine de jours saué jouer. Le succès de la première soirée eut le temps dé s'attiédir, môme de s'oublier uii peu. Quand dii feprît là pièce, lè public fut rare, et, pendant un ceftâîn nofhbfe cle jours, lës recettes à peu près nulles. Enfin, elles grossirent un peu. On se dit qu'il y avait à la Porte-Saiut-Martin iiiie pièce intéressante, spirituelle et bien jouée ; oîi Ût tous les jours cinqûaiite, ceiii, doux cents francs éè pliis ; pliis tard, les cfiiffrés âtieigilirënt le maximum, et une fois lë succès lancé, il ne s*ar*rêta pliis : la Ùuchcsse de La Vaubalière dépassa de beaucoup oent représentations.
Harel omt ponvobr se passer complètement des roman-
256 LEH COUUSSES DU PASSÉ.
tiques. Il commanda immédiatement à Rougemontun autre drame pour Georges, l'actrice en renom et en crédit. Ce noQvel ouvrage, intitulé Léon, eut encore nn certain
succès, mais bien inférieur à celui do la Duchesse do La \ aiiàalière. Une troisième pièce, du même auteur, Eulalie Granger, n'obtint qu'une réussite des plus douteuses et des plus passagères. Vers la même époque, Rougemont donna, au Théâtre-Français, une comédie en trois actes : II faut que jeunesse se passe^ qui eut encore moins de bonheur. Décidément cet été de la Saint-Martin — ou plutôt de la Porte-Saint-Martin ~ était ilm. Le miracle sexagénaire s'était évanoui.
Ce rè^j^ne transituire de Rougemont mit naturellement Harel assez mal avec Técoic romantique. Alexandre Dumas ayant lancé dans la presse quelques traits sur le peu de valeur littéraire des comédies larmoyantes de Rougemont, le directeur répondit par une lettre asses spirituelle, où il disait que le drame liltcrairuincni fuit l'avait ruiné, et que, le di*ame Idcn fait l'ayant aidé à rétablir ses affaires, il en encaissait honteusement, mais résolùment les produits. Ceci n'était qu'à moitié vrai. A mesure que l'étoUe de Rougemont devenait plus nébuleuse, Harel se retourna vers ces astres ardents qui n'étaient encore qu'à leur sénith. II y eut réconciliation très-prompte, notamment entre Harel et Alexandre Dumas, qui pardonna facilement au directeur ses torts, et lui aurait pardonné encore plus allègrement ceux qu'il aurait eus lui-même.
Aujourd'hui, la Duchesse de La Vaubalière n'est qu'une pièce d'ordre secondaire, mais intéressante, asses bien faite, et que son côté spirituels empêché de trop vieUlir.
C'était également au moment des grands succès roman-
iGRITAIRS DB fm OU DBUNIBR tAcUL Wl
tiques : Christine k Fontainebleau ^ Anton y, Laerèee Borgia , Marie Tiidor, la Tour do Nnsic, etc. Rayanl et Mélesville, deux vaudevillistes de profession, — bien que leur savoirfaire les ait souvent élevés jusqu'à la Comédie Française, — - voulurent prouver qu'ils pouvaient avoir leurs grands effets de drame et qu'il n'était — pas plus difficile que cela — de remuer les populations avec des émotions violentes. Ces deux écrivains tenaient, par des liens de collaboration ou d'amitié, à Scribe, à Casimir Delàvigne, à toute cette école du bon sens d'alors, naturellement très-hostilo à l'école nouvelle. On conçoit dès lors qu'il y eut une certaine dose de parodie indirecte dans les gros crimes accumulés de ces neuf tableaux. M"* de Brinvilliers, empoisonneuse féroce, en même temps que mère modèle, était évidemment une charge spirituelle de Liirrèco Borgia. Aussi mirent-ils tous deux un certain amour-propre à avoir brossé très-facilement ce tableau aux couleurs voyantes. Mais ils eurent beau multiplier heureusement les adultères et les empoisonnements, rattacher des épisodes du grand siècle à leur roman d'imagination, mêler à tout cela leur esprit pratique etscénique, ce n'était pas le poison du Borgia qu'ils parvinrent à manipuler; et même, avec tant de substances vénéneuses en éhullition, lorsqu'il s'agit de rendre au public la tlamnic passionnée, la grande couleur historique, le génie de style d'une partie de leurs devanciers, ils ne surent pas retrouver la Poudre de sueeession.
Quoi qu'il en soit, la Chambre ardente, précisément parce qu'elle était faite au point de vue exclusif des instincts contemporains de la masse, douée d'un titre ronflant, eut une vogue incontestée qui s'est toujours continuée au théâtre, et qu'ont épargnée, dans l'origine, les feuilletons ou depuis les prohibitions politiques. La pre-
258 LES COULISSES pu PASSÉ,
mière f^présentatiou fut brillante. La pièce, tout à fait à Tabride ces défiances, de cette fièvre d^ réaction qui rendait si difficiles les premières épreuves au théfttre de
Victor Hugo et parfois d'Alexau'lro Dumas, rencontra le plus favorable accueil dans une salle (|ue remuaifiut (Jes combinaison^ habilement effrayantes, unies à un savoirfaire .de dé^ils spirituel. M'^* Geor|fes prêta son autorité tragique, son instinct des grands effets de la scène à la marquise de Briuvilliers ; M"*' Ida Fcrrier, depuis morte l^^me Alexandre Dumas, une passion vraie et beavicou|> de c^iarmeau rôle de la fille de l'empoisonneuse; un comi<{UQ * rond et naturel, Serres tenait de façon amusante le rôle de Desgrais, assaisonne au goût de l'époque de certaines épices voltairiennes. M™*' Adolpjie, (nère de l'artrice dont je viens de parler, la meilleure con^ique du boulevard, donnait à la Voisin son jeu mordant. Delafosse était un comte de Guiche d*une rare distinction. Provost était un Sainte-Croix incisif et intelligent. Chilly était chargé d'un petit rôle. — Hélas! excepté Delafosse et y compris les deux auteurs, tous soni morts. Aujourd'hui la Chambre ardente n'est presque plus qu'une nécropole.
Je puis suppléer à une lacune du DicUoaaaire des Coa^ temporains, en ce qui concerne M. Emile Barrault, à coup
sûr plus connu comme sîiint-simonien et comme publiciste, que comme écrivain dramatique. M. Vaperean rappelle qu'on lui a attribué le Nœad gordien, drame eu ciuqj actes, joué aux Français sous le nom de M^^' Casa Major. Je n*aî pas vu la pièce, mais, vers 1880, — ou peu après, — on a donné sur colti' même scène une comédie de Ini, rimée et eu cinq actes — la Crainte de d'opinion. Elle se
ÉC3UTAQIB DB L4 m DU n|mii8R $ito#. 859
devait à ellc-mèmc de n'avoir qu'une de ces destinée^ épUéuières ([ui se caractérisent dans l' euphémisme d'an succès d'sstime. A cette époque surtout, le verS| notaïuo ment le v^rs çlassiq[ue, était distancé par le mouvement littéraire accéléré de la nouvelle école. La Crainte l'opinionf qui ne m'a laissé qu'un souvenir bien vague (ie ne pourrais même préciser quels acteurs la jouaientj| no méritait pas, sans doute, d'échapper à l'oubli. CepeiKdant, je restitue à la génération actuelle deux vers restés à peu près dans ma mémoire, et qui, dans leur audace paradoxale et dans leur tour assez hardi» ne me £^i'ai^ geat pas manquer d'un certain souffle graudiose:
SoyoLS contemporains d'une taisoQ plus puro* ]^'e dégéoéroQS pas de la race future 1
BisB que M. Lebrun contiaue bei:^reuaemont encore une
carrière si justement honorée, on peut le classer avec les écrivains dont je viens de parier et dout en leur survivant, il est demeuré le contemporain par les tendance^ 0 rinsjpiration. M. LebroOt dans MariQ StoMH^ a ét^ le Duels de Schiller. Lui-même, il faut le dire, et avec une grande loyauté, reconnaît tout ce qu'il doit au dramaturge aileman4. Tous les effets de la tragédie française se retrouvent dans Tceuvre imitée. Il n'y a de M. Lebrun que les lacunes dont la responsabilité doit retomber, il faut le dire, sur les timidités, les superstitions littéraires de l'époque et un peu sur l'ilotisme de la censure d'alors. La pairie sous Louis-Philippe, le Sénat sous Napoléon III, l'Académie, le glorieux concours successif de Talma, df| Duchesnois, de Rachel, une popularité qui se retrouve encore après cinquante ans pour la Marie Stuart expur-
VÊB covuam du pabsb
gée, — telle a été, pour M. Lebrun, la récompense de cette littérature d*acc1iinatation. Ce n'est pas moi, à coup sûr,
qui m'en plaindrai. Je porterai toujours les armes avec cette plume de feuilletoniste, quand il s'agira d'houueurs rendus à l'intelligence, et lorsque, dans l'imitation môme, se retrouvera encore le talent.
Le drame de Schiller est plus encore un rival qu'un élève de l'histoire dans son énergie. 11 est impossible de mieux rendre que par le rôle de Mortimer l'ascendant que la femme, en Marie Stuart, exerçait sur la génération. Gomme la Liberté d'Auguste Barbier, elle mit non-seulement un peuple, mais un siècle ' en rut, » et c'est ce que la reine d'Angleterre ne lui pardonna jamais. Schiller indique admirablement aussi cette double lutte des femmes chez ces reines qui se jalousaient pour le prix de la danse, du clavecin, aussi bien que pour le triomphe de leurs religions respectives, et qui se disputaient Norfolk ou Leicester en même temps que la couronne d'Angleterre. Une main sur Tépée ou le poignard, de l'autre elles eurent éternellement un duel à l'éventail, jusqu'à ce que l'une d'elles, pour en finir, pût adapter au sien un couperet.
Schiller, avec une merveilleuse intuition des effets du théâtre, a fait, œil à œil, corps à corps, se rencontrer
sur la scène les deux ennemies qui, dans la réalité, ne se sont jamais heurtées que par la peusée. L'esprit religieux du temps se retrouve dans la scène de génie (dont j'ai déjà parlé) où Melvil, en secret ordonné prôtre, apporte à Marie Stuart l'hostie heureusement substituée à celle que la prisonnière avait reçue de Pie V et gardait soigneusement cachée. Il n'y avait qu'un protestant pour avoir sur la scène cette audace catholique. La grandeur de Schiller restitue, dans ce cinquième
Oigitized by
éoinrAiEfB Ds UL m DO DBRMim màGUÊ» 261-