‹ Les coulisses du passéChapitre 53 sur 70 · ÉCRIVAINS DE LA FIN DU DERNIER SIÈCLE · texte numérisé non relu

ÉCRIVAINS DE LA FIN DU DERNIER SIÈCLE

< Je suis arrivé au Théâtre-Français à sept heures ot quelques minutes. Le rideau venait de lever. Peu s'en est fallu que, dans la salle, je ne fusse le premier venu (désij^nation (jui indignait tant Arnal dans les Cabinets particuliers); mais là n'était pas la (luestion. Un chefd'œuvre classique à coup sûr, ferait encore moins d'argent, ie fais amende honorable, mon cher Janin, et en présence de ce style < habillé, » je retire l'épithète de poëte bourpfeois.

« Damviile est un Arnolphe académique.

« Tous ces gens-là ont. l'éléganoe incurable. 11 est impossible d'être plus comme il faut et moins émouvant. Toute la pièce roule sur le danger d'une jeune femme honnête—* ({ui n'en (vmrt aucim — et compromise seulement par les imprudences d'une belle-mère qui ne peut résister au bonheur de se voir présenter les armes (comme dans les Honnevrs partagés de Gharlet), quand elle est an bras d'un duc, — se pavanant

8008 le flgae écltiaiit dont U eot décoré.

« Scribe n'a osé dire plus tard que le signe de l'honneur. Espérons que la quatrième génération osera écrire :

Croix d'honneur, ('à et là quelques scènes habiles, quelques traits de sensiiiilité louables, quelques beaux vers le plus souvent en cravate blanche, mais, pour tout comique y des plaisanteries sur les auteurs nébuleux qu'on ne comprend pas. Ce sont ces plaisanteries qu'on ne comprend plus. La grande scène du quatrième acte, qui fit lever tout le parterre d'enthousiasme quand Talma la jouait, a à peine désengourdi la salle. 8auf quelques contemporains fidèles au culte des amitiés littéraires, le public n'a applaudi que mollement ce devoir de collège versifié purement et avec une certaine élévation d'idées.

n f( décerné un premier ^rix. ^1 ue s'est pas ému un instant.

< Francbement, mon cher Janin, il ne faut pas que notre

respçct pour le passé nous pousse à restaurer indistincteme^t toutes les tuiles vieillies, à faire des idoles toutes l69 i^tatues dégradées. Autrement nou9 perlons conduit^ par le oulte de M. de Jouy à la réhabilitation de M. Àmantt fils et de ses alinéas libérfttres versifiés. 11 faudrait exhumer le théâtre d'Aueelot, de Delaville, de Guiraud, remonter jusqu'à L\ice de Lancival et à la poésie momiç (foi suivit juscpie sous l'ère impériale Texpédition d'Egypte. Et qui sait? pour être juste et logique, nous devrions nous demander si Gampistron n*a pas le droit d'en appeler à la poslérité.

« Vous-mômet mou cher Jaiiiu, tout eu me jugeant, n'avez- vous pas condamné votre ancien ami Mazères? et, quant aux nombreux oublis qjue vous reproches è mon livre Signol : Escousse, Daure, — Béquet surtout, que vous avez plus connu que moi, — je vous i-epondrai que j'ai vu tout ce qui était sui* la route de mon feuilleton, mais que je ne me suis pas jeté à plaisir daiis les chemins de traverse.

« Nous sommes, mon cher Janin, de vieux amis; vous

m'avez, dans le cours de ma carrière, prodigué les sympathies, et ce qui vaut mieux souvent, les vérités sévères et utiles. Vous m'avez adressé deux vers charmants écrits de votre main en tète de votre Homee, et tout à l'heure douze colonnes au l)as des iJrJjuts, Pardonnez- moi de tenir tant à une estime qui n'est un honneur qu'autant qu'elle est oomplétement justifiée. Pardonnez-moi ici, en vons abandonnant complètement l'écrivain dramatique et le pottte, de chercher è défendre contre vous rindé^)endance et l'impartialité bienveillante du critique. »

MÛUVEMEi^T LITTÉRAIUE DE 1830

BALZAC, NODIER, ALFRED DE MUSSET, MUaOEtt, fMDKKlC ijOULlÉ, MÉKY, fÉLKilËN

MALLEEILLE, AIÉRLMÉE

La lil)i'aii'ie Michel Lévy, qui nous donne une trèsbeUe édition de Balzac, a encadré son théâtre complet dans le XV1U« yolume. Si Ton y avait joint toutea les pièees qae Balsae a inspirées : la. Fille de Farare, les Paysans, les Treize, etc., deux ou trois volumes n'eussent pas suffi. Balzac a qualitie, non sans quehiue amertume, ces emprunts de grand chemin, contre lesquels les associalk»is ont créé des gendarmes ; mais les éiMteors n'ont dft naturellement mettre que ce qui a été écrit par Balsac, et ils ont poussé le scrupule jusqu à ne laisser que la version première du Faiseur, revue, corrigée et abrégée si henreosemeiit pur M. Dennery, au Gymnase, puis transportée an Théâtre-Français.

n est profondément pénible que notre première setee littéraire n'ait pu garder dans son répertoire une œuvre

compiétem^ éioiU psr Bsisac, mais il iaut le dàfs, li n'a

LMB GOUUWBB DU PASSé.

jamais réussi au thôfttre. La mort de récriyain a pu assurer le respect à celles de ses pièces qui avaient été le plus sifflées de son vivant, elle n'a pu l^nr donner de la vogue. Ce n'est pas le dialogue qui fait défaut à Balzac à qui on a voulu refuser l'esprit ; il étincelle sur les planches^ mais il n'y n qu'un mot trivial qui puisse rendre l'impres* sion que produisent à la lecture comme enscml)le Vautrin^ les Ressources de Quinola, le Faiseur^ etc. C'est fouillis. On y retrouve' un peu le procédé du romandeir : Balzac refaisant un roman sur sa copie primitive, sur la première, sur la seconde, sur la troisième épreuve, etc. ; les compositeurs s'y perdaient. Ils renvoyaient à l'auteur son hébreu, ils en recevaient du sanscrit. Do plus, Balzac, si * original, si vrai, si arrivé dans le roman, employait dans les pièces de vieilles situations de boulevard, des moyens de la banalité la plus usée. — On dirait du Victor Ducange remis à neuf par Beaumarchais.

Peut-être n'est-il pas sans intérêt de rassembler ici quelques détails rétrospectifs anecdotiques sur les pièces de Halzac, sur les vicissitudes qu'elles ont éprouvées, sur les interprètes qui les ont créées, et dont un si grand nombre déjà avaient précédé ou ont suivi l'auteur dans la mort.

Vaatrin a laissé de sa chute originaire la réputation

d'an scandale presque glorieux. On aurait dû lui laisser cette auréole de la lutle, et ne pas t*;nter des reprises toujours malheureuses. A la Galté, peu après lBi8, on avait voulu bénéficier de la popularité de la brusque interdiction dont la pièce avait été frappée partie gouvernement déchu. Haucourt, qui avait créé (huis la pièce le gredin en sous-ordre, à côte de Fredérick Lemaiti'e, prit, pour cette reprise, le rôle principal :

SoUat fous Altxuidfa el... priact ea ion «bieiioe.

MOUVaMUT LIlTélUIllB DB 1830. t69

et ne régna que queleines jours dans le vide. Bien qu'il

n'y eût pas à attendre de ce comédien spirituel ce qu'on devnit espérer du concours puissant do FréfliM'ick, ç'aurait dû être un avertissement pour une direction de l'Ambigu qui Youlut depuis tenter la même entreprise sans plus de sueeès.

I^a pièce, dès rorigine, fatigua le publie par son action obscure, ses moyens mélodramatiques, son mélange d'un réalisme magistral et d'un romanesque puéril. Mais dans cet immense ennui, la personnalité de l'acteur saillissait parfois, au moins, de la façon la plus vigoureuse. Il avait prêté à cette phrase : « Les hommes sont comme * les bêtes sauvages; une fois blessés, ils n'ont plus de confiance, » une expression originale et vive qui avait été très-appréciée. A la fin de la scène des deux aigrefins, et au moment où Vautrin dépouille son enveloppe de faux baron, la transition de la voix factice à la naturelle s'était faite avec une telle spontanéité que toute la salle avait éclaté en applaudissements. La pièce vivait même par les résistances qu'elle rencontrait, par les dégoûts qu'elle soulevait. Le pul)lic était peu accoutumé encore à passer perpétuellement sur la scène, — sur toutes nos scènes même , — du bagne à quelque chose de plus répulsif encore dans son impunité» des établissements cpie le gouvernement subventionne à ceux qu'il tolèi'e. La phrase où Vautrin rappelle poétiquement à son compagnon de villégiature ferrée « le beau ciel de la Provence » avait provoqué une hilarité de surprise, mêlée de murmures. On avait vertement sifflé la scène de Vau» trin en famille avec ses anciens camarades de chiourme, devenus ses domestiques, et tout ce Berquin retour de Toulon. Tout cela a passé à peu près inaperçu à la seconde reprise devant la complète indifférence d'une salle.

Maîtresse de ses sens St comme aecoutumée à do pureils présents.

M&is c'était au quatrième acte, le premier soir, que cette pièce tombée avait rebondi. Tout le monde connaît, ne fût-ce que par ouï -dire, l'effet monstre que produisit Frô- 4^ick Leip^tre. ^ ion entrée, \Qxii bariolé de décorations, çp,^8 ses épais favorîs , avec uiie sorte de huppe cajpillairo de kakatoès. (C'était cette coiffure — à l'oiseau royal, que le Charivari qu la Caricature donnaient invariablement à la |ilhouette de Louis-Philippe.).

Parel, prévoyait Ifi equp qui le lirapp^rait -r. conjura en vain Frédérick Lemattiç^ de modifier cette compromet- . tante coiffure. Frédéric, sans l'écouter dans la coulisse, entra sur le théâtre au bruit d'applaudissements qui i^q Unissaient pas. C'était 1% revai^cl^e du parterre coi^tre le% l^tl\rs satisfaits. Toute li| scène fut un long éclat de rire \ et lorsque le jeune officier, qui porte indûment le nom de Montsorel, interroge au iiom de son ^iti|*e usurpé raveptu^ier mexicain sur sa persoi^alité^ le sang-froi^ avec le9[uel If» comédieii àt atteindre, et formuls enfin cette réponse épique : c J'ai le droit do me taire, • surexcita encore cette inextinguible gaieté, qui ne s'est plus retrouvée à la dernière reprise de la pièce où l'on n'a pu louf r ^e If) bon go(^ — obligatoire de Frédéri^k Lemaitre, q\]\i ^ dû renoncer à rappeler une ^gure e;i^e désorn^ais dans l'histoire sous la double sauvegarde de l'exil et de la tombe. Mais toute cette mascarade démodée di^ général mexicain a £ai( alorç V effet çl'un piardi-graji 8ou| la i^u^e biit^ante.

Le scandale exhilarant du quatrième acte n'avait eu dans la destinée de la pièce que la portée d'un court intermède. La colère du public avait repris le dessus malgré tout le talent déployé au cinquième acte par Frédérick

MOUYëM&KT LlTTÉaAIBS fi& 18âû. 271

^pii, blessé 4^ A*ftvoir pas maîtrisé davai||age des fyp^j^ tateovi auxquels il étai| habitué à s'iiQppser, ne y^v\\\\ pas reparattre. Harel fût blessé bien davantage par Tin-

terdicliou qui frappa roiivra^e dès le lendemain. 11 était

à bout de ressources. Vautrin était sa dernière carte. Il ... ••.{*•

inscrivit en lettres colossales Relâche sur l'affiche^ auti^ explication. l\ essaya de négocier, yis-à^vis 4^ Autorité, pour réimproviser un spectacle avec deux pièces

également défendues, le Pacte de famine et deux actes de \Aubergç c^esJ^drets, e| ne pouvant rien obteni^, déppsa 8op)>ilfin c|f partit po^ir Odessa, directeur de troupe po-> made.

A l'Ambigu de même qu'à la Gaîté , aux reprises, on ne s'e^t nullement amu|é aux épigp^es de cette lat)op^U8e intrigue, on i^'a r^ ç|up^ bien ^emçnt de quelles potf( jui prenaient encore feu pà et là et 4s quel^e§ charges... à poudre \ on ne s'est pas intéressé sérieusement à cetti^ sentimentalité d'escarpe, à retto paternité avec effraction qui cherchent en vain à marier Goriçt ef Macaire. Frédérîcki acclamé à son entrée, mais découragé bientôt par l'effet médiocrement communicatîf 4^ comique de vieille défroque, n'a plus retrouvé la verve fantasque et l'humour irrésistible de la création. Ce n'est que dans les côtés philosophiques du rôle, dans quelques scènes ém^es qfa'a reparu la supériorité du comédien que, du reistq, saUe tout entière a tenu à isoler après la çfiqte du rideau du fiasco complet de la pièce.

Dans la distribution originaire figurait la femme di^ grand acte^r, M^* Halligner^ ancienne actrice l'ApA^igUa qu'i) avait épousée lorsqu'il était à ce (héAtre, et doi^t i| a eu quatre enfants. Halligner était une assez belle brune , et n'était même pas sans intelligence théâtrale. Dans VauiriHf elle jouait la compagne du célèbre forçat.

LIS OOULISilB DU PÀSSé.

La clAture dn théâtre de la Porte-Saint-Martin mit un terme à la carrière dramatique de M"*» Frédérick Lemaître, et la lettre de faire-part a appris qu'elle est morte à Passy, à Tftge de soixante-douze ans (un peu plus ftgée que son mari), munie des sacrements de l'Église.

Dans une préface écrite cinquante jours après la re« présentation, Ralzac a mis ces lignes ironiques:

< Se plaindrait-il (l'auteur) de la défense qui arrête la c représentation de son drame ? Mais il ne oonnattrait ni c son pays ni son temps 1 L'arbitraire est le péché mi- « gnon des gouyemements constitutionnels : c'est leur « infidélité à eux ! A ce gouvernement-ci, comme .lux en- « fants , il est permis de tout faire, excepté le bien et une < migoritél •

Balsac, il faut le dire, n'a jamâis eu cet amour éclairé

de la liberté, insépnra])le chez tout autre, de la puissance de l'infelligence. Partisan de l'absolutisme , presque de Vintolérance, il a écrit une apologie de Catherine de Médicis. Ne semble-t-il pas dès lors que, vietime de l'arbitraire à son tour, il y ait eu chez lui une prédestination à être immolé devant l'autel du dieu (ju'il a encensé? Ceci rappelle M. Veuiliot, ayant applaudi il y a quelques années, avec enthousiasme, aux suppressions administratives des journaux démocratiques , et supprimé un jour lui-même administrativement — avec moins d'enthousiasme de sa * part.

A la fin de cette préface fort amère, comme celle de tout auteur tombé, Balzac annonce un drame de Richard Cœur^ Eponge y qui devait disputer le bois de charpente

aux rats euvahissant le théAtre fermé de la Portc-Saint- Martin. Richard Cœiir-d' Eponge n'a été ni représenté, ni imprimé, ^ ni peut-être écrit.

Le» Aassonrces de QainoJa, à l'Odéon, en 1842« firent

MomramiiT uréiuiiui db 1880. 278

la même chute, moins le génie de Frédérick. Même colère

de lialzac contre le public et contre la critique. Balzac f rappelle avec quelque orgueil qu'il livru la salle au public payant. La réalité est que Balzac , toujours aux expédientSy l'avait d'abord tout entière sous-louée le jour de la première et la revendit à un spéculateur, qui exploita la curiosité du public eu uiatitie de chutes illustres, — une ressource de Quiuola oubliée dans la pièce. Ce chaos rempli d'éclairs eut au Vaudeville» après la mort de Tauleur, un succès de respect et d'ennui admiratif .

Quinola , c'était Louis Monrose, qui fut depuis sociétaire au Théâtre-Français et qui a dû quitter prémalurcment le théâtre sous i'inHueuce des mêmes souffrances que son père, le comique brillant. Le second Monrose n'avait pas la gaieté, mais gardait quelque chose de la verve du prcuiicr. Il y avait là aussi, à l'Odéon, Hosambeau, loustic affamé dont la vie fut toute de tiraillements d'estomac et d'expédients grotesques, qui fut à la fois la charge et la tragédie du Romaa eoadqae , de ScaiTon. Directeur dans une grange, il cirait les mollets nus de ses figurants, pour figurer d^'s bas de soie mdre. 11 n'est pas sûr qu'il ne soit pas mort littéralement d'inanition ; Saint-Léon» brave comédien qui réalisa le problème de rester trente ans au même théâtre, citoyen du Luxembourg et administré do l'Odéon, sorte de bourgeois de l'art classique qui s'était retiré dans l alcxandriu ; Valmore, — le mari d'une douce muse de la famille ; — Bignon qui, de son cêté, épousa M"^ Albert, actrice longtemps en vogue au Vaudeville, Bignon , à qui sa stature herculéenne permit sur la scène du Théàtre-Fraiiyais de faire revivre littéralement Danton dans la Charlotte Corday^ de Fonsard. La destinée d'Héléna Gaussin, qui créa, dans Quiaola, le rôle odieux d'une Hennione-courtisane, fut sinistre. Très^beUe

214 1418 GOUUSSIB DU PAflfti.

femme» mais très-mâ'dvâlse iclHce, n*iyahl pu parvenir

à rien, ttiôthe & être riche, prise bu compromise tout aii moins d'abord dans une triôte affaire, — (|ui n'avait rien de poUUqde, — ëlle fut comprise enèuite dans Un ëdÀToi dè transporiél républiéftili& on ëocitthstëè. Lk fin de Mânon Lescaut — sâns en ilVoii» etl leâ ôtiïendéurtf

Puméla Giraud, représentée à la Gaîté soiis la direction de fâniille, probe et iiltelligente , de MM. Montiguy ët Meyer, fût nloias m'âlheuréube que des œuvreâ t>Iiiâ ôlevéeë. Celé réussit t>AiBiblemeat, obmlne si c'était tt'ttd autrè c|ué Balzac, et ne lit pas beaucoup pluè d'ar<,'ent (\\ie ^es chutes. Cette comédie, teintée de noir, du fond le plus banal et où le drame se dérobait tout à fàit à la Ûn, àvail bëàucbdp dé délàlld âgréàbles. M. Mbntigny l'à re^IrtM bn été itt tjymnase âand plus de bnccès. hé prëihlèrd dlstHtlhfiDii réunissait Joseph, comédien vérital)leineiit intelligent,' inott; Francisque jeune, qui a été i'uu des meilleurs ôoiiill|ues de Paris^ moH également.

IfM Maria Baini-Albin, qui eréa PÊiAéJà Oïraaâ, à été , je crois, arrachée au théâtre t)ar le maridge. Bonne renommée, dit-on, vaut mieux que ceinlahe dorée; elle avait valu à TalDtriee presque uile auréole. Dans Ulié j^iéoè bî- UttOé, intitulée te ttaasstùte des Imtiùùenïs^ qui eut HUfadl d'applaudissements cj[h'eile produisit peu de recettes , on laissa mettre en scène la mère de tlésus-Cht-isl, parce que M'"** Saint-Albin, alors M'^' Maria, était daiis les conditions dùpei«oîm&ge, moins l'Enfant-Dieli. £Ue put alors prendlrè ftvé'c antobisatiob dti ihinislére Id Ionique bleue et le manteau rouge qui cdràctérisent la Vierge sur toutes les petites images populaires de sainteté.

Paméla Giraùdesi laftéiUe pièce Où, à ihâconnà&éâncS» Bftiiac ait éti voldntalrelnènt &i ééllabor&tëi^. L'illustré àûteùr dè là ComMè btmÂlali &Tltl oM ootfB folé pHiAï

MOUVEMENT lutérairb db 1830.

de prendre pour guide dans ce dédale du théâtre, Jaimê, 1^ pèr6 d'une très-^aiide quantité de pièces et d*ati àUteùr draihatlque qui s*esl fait joueir beancdttp «ttut Bouffés-Parisiens. En 1948, Jaime, préposé aux àtlsIleM nationaux, avait trouvé entre deux barricades une place de commissaire central à Versailles, où il a pris ses lu- ^alides, et qu'il préfère, tout gaiiiàrd qù'ilèÉt^ aux champs de bataillé du théfttire. NoUs pourrions bien avoir èommis ^ensemble, h la Gatté, quelque Mélodrame ronflant â ftiifre arrêter les auteurs sur le titre... quelque chose comme : les Etoulfeurs de Londres.

Aux répétitions de Paméla Oirand, croyant A un j^rand ftuceès, Jaime avait eu la tentation de signer la pièbe hn môme temps que Balzac^ mais la direction qui, pour faire une affiche de grandes places , comme on dit en argot de théâtre, comptait beaucoup plus sur ce nom eonsaeré que sur la pièce même, et qui savait que c'eût été l'affàiblbr que d'accompagner ce nom sur Taffielie, rappelâ ce bhtve Jaime au rôle de la violette.

La Marâtre est un cauchemar. C'est une lutte terrible entre une marâtre et une jeune fille, née marâtre de eœnr ttuiant que Sa belle-mère; lutte à tontes les armes, mftme le poison, terminée par une mort générale; une officine de philtres malsains devenant un cimetière. Il y a beaucoup de talent, de force et de passion dans la pièce, mais bien des moyens mélodramatiques : un vieux bonapaHlste qui a juré de tuer tous les trattres à Vfimpire, leurs proches et descendants dans toutes leurs générations — beaucoup d'ouvrage, comme on voit. — Ce mélodrame nécrologique i toujours produit le vide dàns la salle, à la Renaissance en 1848, comme au Vaudeville en 1858.

La distribution, bien qu'elle ne remonte qu'à vingtdeux ans, est un véritable ossuaire. Absents à l'appel :

un COUUSS£S DU PASSÉ.

Matifiy un oonscieucieux coinédiea, dont la fortune dramatique se fit dans Paris la nuii , par un rôle de Normand sentimental, — on ne connaissait que les Normands

comiques. — 11 est mort de désespoir d'avoir perdu ses épar^ues dans une faillite de théâtre. — Dupuis, mort, dit-on, aussi de désespoir, mais lui d'avoir été soupçonné, comme dépositaire, d'infidélité qu'il n'avait pas commise ; — la première M»* Lacressonnière, d*abord M"»« Perrier, charmante femme, comédienne d'une vraie élégance et d'au sentiment dramatique très-fin, qui voulut être enterrée avec une brochure de la Mendiante^ drame couronné aoadémiquement pour fait de moralité et pour l'actrice création qu'elle affectionnait surtout. — Enfin M"* Maillet, blonde et touchante personne, légèrement boiteuse et charmante comme La Vallière, morte toute jeune.

Mercadet a été rejoué à la Comédie-Française , au milieu d'une vive curiosité. Balzac manquait sur cette scène, comme il avait manqué toute sa vie à l'Académie. C'était déjà trop d'un exil. L'Institut devra porter toujours le . deuil du choix qu'elle n'a pas su faire. Balzac est de ceux qui rehausseront en moyenne la supériorité du quaranteet-unième fauteuil sur les quaraute autres. Plus heureuse, la Comédie-Française a pu offrir une réparation posthume à l'auteur de la Comédie humaine. Il est regrettable que ce ne soit pas une œuvre intégrale du mattre que Von ait pu nous donner, mais pour lui offrir une hospitalité digne de sa gloire, on ne pouvait recourir qu'à la seule pièce de lui qui ait été consacrée au théâtre par un succès d'argent —le seul succès durable. Balzac ne Ta obtenu que grâce à une aide discrète et habile. M. Dennery, personnellement du reste, a droit a des compliments à peu près sans réserve pour la façon dont il a rempli sa tâche délicate. Il y a peu

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