M LES GOUUS» DU PÂMÉ
gtlammeiil dans la Seina par anife d*im double aauYotage.
GTeet une partie carrée entre deux eaux. Une belle jeune fille affamée se laisse conduire toute la nuit dans le quartier latine par un jeune homme, en acceptant le déahonneur» mais en reiàsaai même on petit pain, et à la fin les deux oonplea, siilfiflamment aéohés, s'épousent. Ces fiancés du bain froid devraient se marier en peignoir. Une famille dispersée réduite à la misère par l'infamie de son chef — un baron devenu ohiffonnier — se retrouvent dans tous les coins de Paris» et se reconnaissent en détail. Il y a au dernier acte des post-scriptum de tendresse, pour ceux qui avaient oublié de faire correspondre leurs cœurs avant onze heures du soir.
A un ou deux endroits le Frédéric Soulié se réveille.
De ce naufrage de sa raison émergent une ou deux épaves magnifiques. On dirait que le géant aveugle qui tâtonne, ressaisit en passant vigoureusement son public ; mais dans ce sinistre colin*maillard » Polyphème garde toujours l'attmnte cruelle du pieu d'Ulysse.
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Le Gleaêrvon de Félicien Mallefille, repris à la Porte-Saînt-Martin, aux derniers temps de la direction
Fournior, reporte lo spectateur aux souvenirs de la littérature fiévreuse et révolutionnaire de 1830. On remuait à la fois les pavés et les idées. On se débarrassait en môme temps des règles classiques et des monarchies vieillies. On faisait un au-to-da-fc démocratique dans une seconde nuit du 4 août et des chartes du droit divin et de Tart poétique suranné. Aristote s'en allait rejoindre Charles X en exil.
MOUVBmiT LméRAIlUI DB 1980. t9S
Une royauté nouvelle forcée d'être complaisante, la censure absente ou intimidée! On semait tantôt en plein génie, tantôt en pleine extravagance. Je ne justifie pas ces excès. A côté des aberrations des hautes intelligences égarées, il y avait les immondices de l'ivrognerie théâtrale. Marion Delorme attendait respectueusement, pour apparaître sur la scène de la Porte- Saint- Martin, que le vieux roi — qui, aveuglé même au théâtre, l'avait interdite, — s'assouptt à Gorits. (Ces taquineries mesquines ne portent pas bonheur aux rois.) La Papesse Jeanne et autres turpitudes infectaient les aflîches des petits théètres.
Heureusement, les scènes du boulevard reprenaient, pour ainsi dire, possession d'elles-mêmes après cette orgie
qui avait eu ses grandeurs. Seulement elles ne firent point appel aux séductions du maillot (3t aux amusements du truc. IjU Porte-Saint-Martin et TAmbigu s'offrirent à toute cette jeune littérature à qui le suisse des traditions faisait faire antichambre à la Comédie-Frauçaiso. La Porte-Saint-Martin devait donner Lucrèce Dorgia, Marie Tudor^ Ajatonj; — l'Ambigu jouait GlenarvOD. C'était Guyon, presque à ses débuts alors, qui poétisait le rôle principal. H avait, comme tous ceux qui le secondaient, la flamme et la foi de ce drame étrange qui passe à travers l'adultère et presque la prostitution, qui piétine dans le sang, mais qui garde toujours le sentiment d'un honneur sauvage. Les pieds et les mains s'y souillent parfois, le OCBur y palpite toujours, le front s'y porte haut. Toutes les femmes sont déshonorées, tous les hommes tuent ou meurent dans ce drame fatidique ; mais parfois un soufile d'Esehyle moderne passe dans cette maison d'Atrides anglais. La pièce garde toujours un pied dans le grandiose quand l'autre glisse dans la folie, et, somme toute, elle
n'en fait que mkm uampxendre, môme par ses excès» la différence de l'art à cette époque et de l'industrie actuelle. Le théâtre avait alors parfois le vertige du crime;
aujourd'hui il n'a, le plus souvent, que l'épuisement hébété du vice. Décidément cotte ère des grauds cadavres valait enooce mieux que l'époque des petits crevés.
On n'a pas calomnié — on a plutôt flatté le Théâtre- Français, en disant qu'il avait refusé une pièce de Malleillle.— La refuser aurait pu être encore d'une erreur franohe^ d'une iajustiee nette. On avait reçu les Sceptiques*», à correction. On avait envoyé à l'école un homme de talent et de Tâge de Mallefille. Ce n'est pas tout, — après avoir entendu la pièce la plus remarquable qui leur eût été lue depuis plusieurs années, messieurs les comédiens ^nçaîB n'ont pas donné signe de vie, n'ont pas fait parvenir un témoignage de sympathie ou d'encouragement à l'écrivain blessé, humilié. Il n'a reçu la visite que d'un seul acteur, qui n'est pas sociétaire et que je ne nommerai pas — car je ne fais pas plus ici de réclames rétrospectives que de personnalités. Or« que veprochait-on à la pièce de Mallefille t Un aote incomplet sur quatre.
Mais Mallefille vivait seul; il n'avait ni prôneurs dans les journaux, ni amis inûuents. 11 était pauvre et lier. — Qui sait, il était peut*étre venu à pied au oomité?-- Après tout, oe n'est qu'un homme de lettres, et puis, — la ehose n'était pas dans les allures du Théâtre-Français, qui est devenu un théâtre blond. G'est toujours la rouge qui passe, même aujourd'hui. Or, il aurait fallu cette fois pour jouer les Seeptiqaea qu'on se résignât à ce que la noire tournât*
Il ne m'appartenait pas de rester calme devant une insulte faite à la littérature dont je suis le plus huml)le, mais le plus ardent et le plus implacable soldat. XjO jour où l'on
reçu le drame de MaUeflUe à oorreetioaf on n'était plus