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tien de Sainte-Beuve en ce qui eôncerne Déranger»
qu'il représente comme étant mort en parfaite communion avec le régime du second Empire. Sans pouvoir démentir expliciiementrafiinuatioude l'illustre publiciste, — afiirmation dont peut-être on saisira facilement chez lui le mobile inavoué, peut-être inconscient, — je dois dire qu'un fait ({ui m'est personnel doit en détruire la vrai- Bcmblancc. Ou lit circuler, il y a seize uns, sous le nom de Béranger, une chanson très-vive contre le gouvernement impérial. Le faire du chansonnier populaire y était imité avec un rare bonheur. Il y avait, è coup sûr, de quoi s'y tromper. — Je voulus toutefois en avoir le cœur net avant de parler de rincideut dans Vludupeu" dance beige; je fis interroger le poète populaii*e par son éditeur, M. Perrotin. Il eut la bonté de me répondre luimême, par une lettre dont je cite ici le texte. Certes, Toccubion était l'avorablo pour faire là l'apologie du régime auquel Sainte-Beuve le représente comme si dévoué, . ou tout au moins pour protester contre Tintention qu'on avait pu lui prêter de l'attaquer. On peut voir que la lettre de Hcranger se Ijorne à la rectilication \nivc et simple d'une assertion erronée et ne réserve aucun principe qui doive en être chez lui péniblement affecté.
Espiègleries, et au pis — roueries — voilà les seules qunlilications dont il se sert à Tégard des journaux qui ont fait de lui le Juvénalde l'Empire!
c Monsieur,
« Pardonnez à un pauvre vieillard, fort malade en ce
moment, d'avoir tardé à vous remercier de l'article trop obligeant inséré dans VInciûpondanee belge»
« J'ai une ancienne habitude des roueries de la presse étrangère : il y a plus de quatre mois que j*at vu les
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SAINTB-BEUVB
mdmes yera dans un journal irlandais, et l'on m'a annoncé
une autre prétendue chanson de moi, dans je ne sais quel journal anglais.
a Je n'ai jamais pris œs espiègleries au sérieux, mais je n'en suis pas moins touché, monsieur, quand les hom> mes colkime vous cherehent à cet égard à éclairor le public.
« Agréez donc, je vous prie, monsieur, tous les remerciements que je vous dois et que vous auriez reçus plus tôt sans le mauvais état de ma santé.
« J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obligé serviteur,
c BéRANOBR.
« Parig, ao avril lasA. >
« P.-S. Je me suis procuré les deux volumes de Hugo, dont j'ai déjà lu le premier, que je trouve admirable. J'écrirai tout le bien que j'en pense à M"^ Hugo, aussitôt ^
que j'aurai lu le second qui, sans doute, ajoutera encore à mon admiration pour notre plus grand poète. »
Si j'ai signalé un point de vue par trop circonscrit dans l'enthousiasme au sujet de Chateaubriand et de Béranger, à plus forte raison, regretter ai- je des efforts inutiles, pour hisser sur un piédestal absent l'autour (VOhorwan.
Quelques collaborations des plus honorables, venues en aide à Sainte-Beuve pour cette réhabilitation, ne l'absolvent pas d'avoir ainsi perdu un temps et des efforts qui eussent pu être employés à une de ces tâches heureuses dont il s'acquitte si bien.
Les citations empruntées par l'auteur des Portraita contemporaiBS à M. de Senancour, sont la .condamnation même de ces exaltations paradoxales ; dans ces fragments» quelques lueurs de talent percent à peine une insuppoi"-*
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table obscurité. Pour ma part, et sans autre prétention qne d'émettre ici une opinion personnelle, je qualifierais viftlontiei% Senanconr de Wagner littéraire , qni a eu le bon esprit de rester ignoré.
En abordant Lameuiiais, 1 auteur fait lui-même ressortir à quel degré il s'est trompé dans son adoration précédente d'un fétiche inconnu. A peine a-t-il été permis de découvrir dans Fintéressante monographie écrite par Sainte-Iiouve une seule ligne de l'auteur des Paroles d'un Croyant, que cette ligue resplendit d'une vie lumineuse et se détache sur Tombre des brumes incomprises d'Obenaan. J*ai peu vu l'abbé de Lamennais. Tout enfant cependant, jo lui fus présenté par Victor Hugo. Il m'embrassa, et je n'ai pas oublié ce petit homme vôtu de noir, au nés proéminent, à l'œil ardent. *
Le poète des Méditations est particulièrement sympathique & l'auteur des Consolations, qui a su en même temps, avec justice, se monirer sévère pour les Bocueillements poëtiqueSy où Lamai tine, reniant son glorieux passé, traite la poésie comme une maîtresse en disgrâce.
Dans Tune des notes intéressantes que Sainte-Beuve a ajoutées à ses articles recueillis, l'auteur constate le goût de Lamartine pour l'aristocratie — au moment même où ce dernier s'en disait le plus détaché. — Je puis y ajou-» ter un fait qui confirme la justesse de l'aperçu.
Presque adolescent et m' essayant dans la littérature, je travaillais sans signer à un journal inconnu rpii s'a})pelait le Biographe, Victor Hugo me donna lui-môme les éléments d'un article sur Lamartine. Inutile d'ajouter que ces indications et Tarticle même avaient un caractère plus que bienveillant. Mais, pour une exactitude plus complète, on y rappelait le nom véritable de Lamartine, — Pral, — rélégué entre deux parenthèses. Ce nom, du reste, il Ta-*
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vaît longtemps porté, — son père même n'en avait pas eu d'autre — jus([irà la mort d'un oncle, qui lui pertnit de prendre le titre uobiliairo de la branche aînée. Ce simple monosyllabe mit pourtant Lamartine de la plus manvaifl» humenr. Tous les enthousiasmes de Tarticle ne lui arrachèrent que cette intcrrof2:ation de son mécontentement :
— Qui leur a dit que je m'appelais Prat? Et Victor Hugo, qjoi comptait sur l'effet de mon essai pour me présenter à Ijamartine, dut remettre le projet à une meilleure oeoa* sien. Lamartine même, en 1848, et là où son rôle fut le plus noble et le plus courageux, ne put se défaire de ses tendances d'ancien régime. On peût dire qu'il avait in«> venté le républicanisme de qualité.
Le grand attrait de toute la partie du livre coneaerée pSF l'illustre académicien à Victor Hugo, c'est un récit curieux, intelligent, pittoresque de toute Tenfance et de la jeunesse de l'auteur des Odes et Baiiedes et de Notre' Dame de Patis. 6aînte-Beuve le prend dès sa naissance. A. ce sujet, le général Hu^o m'avait conté une anecdote assez difficile à reproduire. Qu'il me suflise de dire que, si elle avait été exacte, la cime d'une montagne aurait été la première origine de oeite intelligenee qui devait prendre un essor si élevé. Peut-être n'y avait-il là qu'une gaieté inventive du général aimant à rire et ne haïssant pas le propos leste.
C'était un homme excellent et des plus sfmpathiqMi
— au physique, replet et eoloré, et que rappelait tout à fait d'encolure Ai)el Hugo, son fils aîné, mort comme lui d'apoplexie. Le générai m'aimait beaucoup, et j'allai passer qne de mes vnonnees de lycéen à Blois, où il s'était retiré avant de venir à Paris. Des souvenirs de cette hospitalité, je dégage confnsément le château de Blois, uao butte des Capucins, la crème de Saint-Gervais, que je