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eessaire ne s'est pas trouvé en Belgique, car le roi Léopold I*' lui'inème n'était pas indispensable. Ce qui fait
que tout le monde a continue à être utile.
Cette lettre se termine par un post-soriptum : c Je ne suis pas plus saint-simonien que quand TOusm^aTOs vu l*étre avec modération, sang-froid, et une croyance pour ruvcnir, mêlée de scepticisme pour le présent. »
De retour de Belgique, Sainte-Beuve alla demeurer rue Montparnasse, dans la même maison où il avait occupé une humble ohambre au temps du oénacle et d'où nous* étions partis tant do fois pour des excursions au delà de la barrière, — toute proche alors, — en pleine nature, une Suisse de banlieue, accidentée de carrières en guise de précipices et de guinguettes pour chalets. C'est à ce domicile que le ramenait le souvenir de sa mère, petite femme aussi intelligente que simple et réservée d'allures. Originaire d'Angleterre et assez versée dans la littérature de son pays pour avoir jeté dans l'esprit de son fils les germes de ces préoccupations poétiques que nous avons vues se traduire par des imitations de Wordsv^'Orth, la ménagère, chez elle, autant que mes souvenirs peuvent me l'affirmer, ne laissait point percer le bas bleu* Sainte^ Beuve la perdit en iBA% '
Le bruit des commotions politiques ne couvrant plus autant la causerie littéraire, Sainte-Beuve se remit à son œuvre, dont la liscture à petites doses est une jouissance exquise pour les délicats, mais qui parcourue rapidement— comme j'ai dù le faire pour résumer mon impression attendue par le journal, — donne le vertige* Poètes, philosophes, hommes politiques, ministres, généraux, publicistes, acteurs, musiciens mémo, passent devant vous dans un pandemonium en marche, à la suite d'un guide laborieux, dans une vallée de Josafiiiat où se
ta
lèTent, se mauTeiii toutas ces figurés de tous les tentps ^ de toutes les rtees, rendues à la ^e par un véritable
travail de fossoyeur. C'est rApocal^se de l'érudition.— Quelle puissance d'attention, quelle force de syntiiese lia fallu pour apprécier avee le môme soin tant de predue* tiens insipides ou intéréssantes» d'individualités pâles ou énergiques, pour fouiller tant de doeuments, pour raviver tant de physionomies, pour coordonner tant de recherches I
• Critiquer en détail oe critique, analyser en détail cette
immense analyse, serait au-dessus des forces du narrateur et de la patience du lecteur. Je me borne à quelques notes qui peuvent compléter ou rectifier, gà et là« ces inftitigables travaux eU à quelques traits gènMux dei*(Btt« vre qui serviront à recomposer l'homme.
Dans les poésies de Sainte-Beuve nous avons vu une satire des plus violentes dirigée contre Latouehe. C'était avant 188D. — Nous retrouvons le même stgel dans le tome III des Canserim én LûBéf {iêBi), La pre^ mière fois, c'était le soldat romantique qui entrait en lice — cette fois c'est le Juge littéraire qui siège. — ^ Sainte- Beuve n'a plus pour sa bête noire de la Yallée-aux-Loups que de rimpartialité,presque de la -bienveillance. Personne au reste plus que Sainte-Beuve, le Sainte-Beuve de la maturité du moins^ n'a compris que la bienveillance qui n'exclut pas l'énergie est le véritable caractère du talent. Lies nobles et loyaux lutteurs de l'art vont seuls aujourd'hui encore aux temples comme ceux des jeux olympiques de Tantiquitè. I^eë spadassins de la plume ont pour monies les tavernes de la presse fangeuse où ils nont renvoyés inévitablement.
Dix citations prouveraient au besoin ce penchant à une \ansuétUds magistrale, toutes les fois que oes disposi*
iAiiras-avnn. â99
iions ne sont pas contrariées par le ressentiment de piques agressions, quelque entraînement d'un retour aux combats du passé.
J'emprunte ces deux courtes maximes au recueil de pensées qui suivent les Portraits littéraires :
« ie n*ai plus qu'un plaisir . J'analyse, j'herborise : je sois un naturaliste du passé* Ce que je voudrais consti* tuer, c'est Thistoire naturelle littéraire. »
« 11 faut du loisir pour ragrément do la vie ; les esprits qaiont toutes leurs charges ne sauraient avoir de douceur.»
Mais voici de l'inédit : la même pensée se trouva développée sur un exemplaire de TélémaqiWj où Sainte-Beuve déjà avait écrit dans sa jeunesse, au sujet de ses ouvrages, un jugement bien sévère. Voici ce qu'il ajoutait plus tard, dlans l'âge du recueillement et dans la fermeté du talent : « Je réfute aujourdliui ces jugements hautains et cava« liers en disant :
« La jeunesse est trop ardentô pour avoir du goût. < Pour avoir du goût, il ne suffît pas d'avoir en soi la fàculté de goûter les belles et douées ohoses de l'esprit, il iaut eneoi c du loisir, une ûme libre et vacante, redevenue comme innocente, non livrée aux passions, non affairée, non bourrelée é*Apte% soins et d'inquiétudes positives ; mie ftme désintéressée et même exempte du féu trop ar*^ dent de la composition, non en proie à sa propre verve insolente ; il faut du repos, de l'oubli, du silence, de l'es-* pace auteur de soi. Que de conditions, même quand on à en soi la faculté de les trouver, pour jouir desehoseB déii-> cates! >
Dans Tarticlé sur Latouche, il parle d'une comédie en vers que Fauteur à^Fragoletta avait composée en collaboration avec Emile Deschamps, le Tour, tfe ttmnt. Il en dite un joli vers :
LIS COUUWIS DU MkBfli*
il était militaire avaot qu'on fît la paix.
Il rappelle queLatouolie allait tonjoura aux pièces de ses
amis ail moment où le parterre murmurait. Il n'entrait jamais qu'aux mauvais endroits aûu de se donner le plaisir de plaindre œux qu'il était w secret heureux de voir maltraiter. Mais à ce sujet récrivain a cité comme deux succès les tragédies des Maebabées de Guiraud et de Cléopâtre de Soumet. Ce furent deux succès bien pâles, surtout la seconde pièce. Sainte-Beuve a, sur les petits travers et les saillies spirituelles de Soumet, une note piquante, très exacte, et qui aurait plus d'intérêt si ce tragique musqué, qui n'était pas sans talent et un moment eut une certaine faveur au théâtre, n'était pas si profondément ouhlié.
L*ccrivain ne dédaigne pas de consacrar une notice à la physionomie de Haynouard, uniquement connu par les Templiers^ la tragédie aux hémistiches :
... Sire, Qs étaient trois mflla, Lei ohaali aTaient cessé.
Quel temps que celui où il suffisait d'une tragédie — une moitié d'œuvra — et même d'une moitié de beau vers, pour se faire une réputation! A dix-sept ans débutant dans la carrière, je devais lira à l'Odéon ma tragédie de collège; — on me conseilla d'aller voir Haynouard, qui était membre du comité de lecture. 11 me demanda de lui déclamer mes vera. — Ils lui plurant, quoique entieraj et n'en valaient pas mieux. J'eus la bonne chance d'ètro rafusé, mais Haynouard m'avait été favorable, me dit-on. « li y a de ça chez le poëte », avait-il dit en frappant sa vigoureuse poitrine. Ce qui m'est resté de cette entrevue, c'est qu'il était en culotte courte, — une moitié de tout, même de pantalon*
Au dixième volume des Causeries du luadi, Sainte-Beuve
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comprend dans son herbier un des derniers poètes de la prairie de Delille, Deanebaron, qui pourrait rentrer dans la catégorie des shnplés, au demeuraDt faisant trè8«*pa8aablemoDt les yers d'élégie. C'était un grand ami de la famille Devéria, dont le sonrenir se rattache si étroitement à celui de la jeunesse du cénacle. Dennebaron avait dédié une pièce de vers aux mànea DOoiavie Devériat fleur bien vieillotte jetée sur la tombe entr'ouTerte prématurément d'une jeune femme tombée dans tout l'éclat de la beauté et du bonheur. 11 eut un mot naïf. Un des frères Devéria» comme signe de reconnaissance, lui donna un petit tableau que Dennebaron voulut emporter ehes lui où il retournait, mais en le dissimulant de son mieux sous sa redingote. Comme il n'y pouvait réussir, il mit bravement et osteusiblemeni le tableau sous son bras en disant au peintre avec un soupir de résignation :
— Après tout, j'aurai l'air d'un artiste I
Sainte-Beuve apprécie le talent musical d'Halevy avec une justesse qui prouve que son admirable intelligenco aurait pu s'appliquer à la critique de tous les arts.
L'écrivain a sondé une blessure envenimée sans cesse davantage au cœur du maître par les labeurs de la lutte et parfois les insuccès du talent : cette Juive^ son début dans le grand art et dont le succès exceptionnel éclairait trop encore pour lui la pénombre où le public laissait moins heureuses ses œuvres cadettes. Halevy, secrétaire perpétuel à l'Académie des Beaux-Arts, était un prosateur agréable. ViUemain lui fit entrevoir l'Académie française. Un vif sentiment de joie brilla sur son visage, mais ne fit que passer et disparut presque à l'instant. Il craignait déjà de porter préjudice ou ombrage ù un frère méritant et bien- aimé.
C'est par un sentiment analogue» aussi délicat et plus
4Qi MB OOWiW» IkH PÂBSi.
respec t al )lo encore, que Dumas fils a refusé de se présenter 4 l'Ai Mileiuie tant que son père a vécu.
fiaittie-lidave, qui ne dédaignait rien en fait de détail, a'eftt MUis doute pas négligé» lui <iai a tant parlé de M** de Stadl, de oiter, b*il l'avait cennue, cette épigramme malsaine et insolente que rillustre exilée deCoppet trouva sûossa serviette. A ce moment, elie oiierchait à défendre ■on teint eontre des invatiovs enflamméee qui oompromel- ' taient l'elM d'une betuté déjà trop oentestable. Voiei le quatrain :
Si vous ponriez, pour ar^nt ou pour or, A ce sang enflammé porter quelque reniëde, Vous seriez, je l'avouo, infiniment moins iaide«
Mais vous seriez bien laide encor !
Théophile Gaitier ne pouvait oublier de prendre ohes
Sainte-Beuve sa place dans la galerie de la nouvelle école, lui qui allait cuirassé d'un gilet dô satin roi^ge ai)x grandes batailles d'itoiiaiii.Sainte'Beuve rappelle entre nutres titres littéraires oubliés de l'auteur à*Alberi&a (ce nom, titre d^un de ses poèmes, était resté à l'auteur dans l'intimité des camaraderies romantiques), ramusantc bouiïonnerie de Daniel Jovard où Théophile Gautier s'est lui-môme parodié en nous initiant à la eonversion de son héros passant subitement de la divine princesse de Racine wvl enfer et damniilion et échang-eaul le parapluie de coton rougo pour les lames de Tolède. Théophile Gautier y ^vait caiieaturé en quatre vers horriblement groteaques les çxoés de ce priapisme littéraire de néophyte.
Par l'enfer, je mo sens un étrange désir
De faire ruisseler son sang, et de saisir, -
A travers les lambeaux de. sa peau bleue ou verte,
Son eoMir d«mi pourN ém m pottrim onvtrttl
Comme j'écris de mémoii^e, j'adoucis peut-être les teintes.
Ailleurs Sainte- Beuve B'élèye oontre le tralic des messes.
ÀTee quelle joie et quel eqpfiiil eût maonté eette eneedote priée sur nature I Une TieîUe femme s'adreeee à nne
église pour faire dire une messe, et demande le prix. — Vingt sous, dit le sacristain. — C'est bien cher, répond la ideille femme ; à la paroisee la plae proohainei on en donne à quinie.
^ Men Dieu, ma bonne fnnme, répond le sacristain, on en a toujours pour son argent. Allez chez le voisin, on vous aaliafera, mais vous n'aurez que de la drogue»
Aprôe son passage an TmpBf Sainte-fienve est revenu à M>** Desbordee-Vatanore et a tiré de sa vie» de sa eorrespondanco , surtout celle avec M™® Duchambge, une étude des plus intéressantes. Se sentant près de sa ûn, il éprouve le besoin d'éveqner les images les plus sympathiques parmi oeux qu'il va retrouver, et en est-il de plus sympathique que Marceliuo Deshordcs-Valmore, qui a symbolisé le dévouement, la foi inébranlable à l'art, la souffrance patiente et bienveillanle f On dirait que Sainte Beuve, ne voulant point partir eeul, se sent déjà le besoin d'une bonne morte.
Sa main est tombée ou plutôt sa tète s'est obscurcie en dictant qael(|uçs lignes sur M"^ Tastu. .
La figure de l'éorivain ne serait pas complète sens deux oeurtes oitations modestes et simples, que j'ai découvertes dans cette immense moisson, comme des pâquerettes à travers champs :
c Je me souviens trop bien des pbases morales par lesquelles j'ai passé dans ma jeunesse, de mes sensibilités et de mes inconstances poéti({ues, de l'Age où j'ai rêvé les CoDSolntionSy de celui où j'ai écrit Volupté et nombre de pages de Port^Boyal^ pour avoir jamais la prétention de
4M f [lis (NHBUB8IB DU PABSA
Vl^ofirir à l'état d'un type quelconque. Je mets seulement mon honneur à les comprendre tous, sauf à préférer ea définitive celui qui, toute expérienoe faite et toutes illusions dissipées, me paratt le plus vrai. >
« J'avais une manière ; je m'étais fait à écrire dans un certain tour, à caresser et à rafûuer ma pensée; je m'y complaisais. La nécessité» cette grande muse, m'a forcé brusquement d'en changer : cette nécessité qui, dans les grands moments, fait que le muet parle et que le bègue articule, m'a forcé en un instant d'en venir à une expression nette, claire, rapide, de parler à tout le monde et la langue de tout le monde : je Yen remercie, t
Sainte-Beuve luttait toujours. Mais les exigences de la vie , telle qu'elle s'impose aujourd'hui à qui a hérité ou à qui s'est doué d'un nmn, à qui ne peut s'isoler absolument du monde , dépassaient ses forces. Il suffisait à peine à ce renouvellement périodique et insatiable des lundis du ConsUtuiioanel p auxquels chacun de ses tributs représentait une spoime si considérable de recherches et d'efforts. Je ne veux point apprécier jusqu'à quel point ces considérations péuihles ont pu influer sur ces affaissements graduels de ses idées politiques qui valurent à Sainte-Beuve le silence douloureux de ses amis et les vives protestations de la jeunesse lorsqu'il eut accepté en 1854 une chaire au collège de France. Je passe en héte sur ce c6té ingrat de ma tâche , qui fait qu'ayant défrayé les premières parties de cette étude avec mes souvenirs, je ne pourrais peut-être plus écrire celle-ci qu'avec mes regrets. — Je m'abstiens de toute réoriminalion sur cette chère tombe, qui n'a gardé de ces grandeurs regrettables qu'une simple pierre avec un nom qui a repris toute son illustration dans son isolement.
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Je me borne désormais exclusivement aux faits. Us peuvent me laisser constater du moins que le dévouement de réorivain avait des bornes. Limayrao lai demanda des artieles poar le Coastitutionnel sur la Vie de CésÊr, Sainte-BeiiTe se refusa nettement en déelarant qu'il ne pouvait se placer au point de vue absolu do l'auteur quant à la théorie des hommes providentiels, et que surtout il ne saurait parler du César antique sans flétrir son ambition et ses yioes qu'il spéoifla d'une façon — explicite.
A ce moment» Sainte-Beuve n'était pas encore sénateur; mais on parlait déjà de lui pour le oanonicat du ' Luxembourg. Il ne l'a, du reste, jamais demandé, mais on y songea pour lui. Toutefois, la môme année, il en^
trait au Sénat, et sépare de Victor Hugo par Tabîmo de la politique, il gardait toujours un souvenir sympathiquement ému, au nom des .droits imprescriptibles de Tintelligence, à celui qu'il n'sTait jamais cessé d'appeler « son
ancien général ». Voici la lettre qu'il écrivit à quelqu'un de la famille le lendepiaia de la reprise d'Hemani :
« Ce 21 juin 1869.
ff Cher ami,
« Au milieu de toutes les félicitations qui vous arrivent , la mienne ne peut niautiuer. Voilà une éclatante consécration des admirations do notre jeunesse. C'est ainsi que le génie a son heure et qu'il est de toutes les heures. Il a plus d'un plein midi.
• Un de mes amers regrets, cloué comme je suis ù mon fauteuil, est de n'avoir pu assister, ne fût-ce que par une visite au foyer, à cette féte , à e% jubilé de la poésie , entendre de prés ces applaudissements sympathiques qui réveillent en nos cœurs tant d'échos et marquer que je
tiens à ne pas perdre mou rang pai^mi les vétéraas c Agrées, etc.
t SAINTE-BEUVE. >
Rallié nn pouvoir, Sainte-Beuve , une fois au Luxembourg, se retrouva dans ropposition. Il bondit quand M. de Ségur d'Aguessean qualifia de scandaleuse la nomi* nation faite par M. Rouland de M. Renan , depuis révoqué et non remplacé. L'orage fut épouvantable. Le maréchal Ganrobert y mérita le chapeau de cardinal. M. Lacase, un sénateur inconnu la veille, cria au collègue qui osait faire entendre un langage de libéralisme et de tolérance chrétienne : Vous n'êtes pas ici pour cela. C'était insulter bien gravement non pas l'orateur, mais le béuat, efc bien gratuitement, car nous avons vu depuis' cette même assemblée et sans doute le même sénateur accueillir avec celte étemelle résignation brodée tontes les réformes progressives qu'il a plu au gouvernement impérial de leur imposer, réformes qui dépassaient à coup sûr le programme de Sainte-Beuve. Ce n'est pas tout. A la suite d'un vif retour offensif de Sainte-Beuve, à propos d'une pétition relative aux bibliothèques publiques, la querelle devint personnelle. M. Lacaze , qui trouvait que son interlocuteur n'était pas au Sénat pour marcher dans la voie des améliorations politiques , jugea qu'il était dans les attributions de deux législateurs, de violer les lois de leur pays qui détendent le duel. Il eut la surprenante idée d'envoyer un cartel à Sainte-Beuve qui , déjà accablé par la. maladie , pouvait 4 peine sortir. M. Lacaze , d'ailleurs plus figé et aussi souffrant que lui , oubliait aussi bien généreusoinent dans cette partie, la différence des enjeux, en daignant jouer son existence essenljiellement et — ex«
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eltisiTement — officielle, contre celle d'un sénateur d'occasion — qui n'était au fond, après tout, qu'un des grands esprits de notre époque 1 Si Sainte-Beuve eût accepté, il aurait stipulé que , pour lui épargner un déplatemesit plus que pénible, on se battrait dans son jardin. IjCS enclos de Saintc-Périne eussent pu encore être désignés avec quelque à«propos. Bref, l'incident tomba sous le ridicule*
Oomme témoignage ds sympathie, Sainte-Beuve avait
reçu alors (et ces témoignages durèrent jusqu'à la fin de sa vie) la visite du sénateur Blondel, presque aveugle (le nom, à ce qu'il parait, reste synonyme de dévouement et de cécité) qui vint le voir le lendemain de l'in- . cident'Henan et lui dit: Monsieur, ce livre m'a rendu service, j'avais toujours cru que Jésus était un mythe; la Vie de Jésua m'a fait croire que réellement il avait existé.
Bn ld68, Sainte-Beuve ne put fair« écouter un discours
sur la loi de la presse, qu'il acheva cependant, mais au milieu des conversations les plus bruyantes et les moins parlementaires. M. de Maupas, qui aurait voulu se ménager une lutte oratoire , réclamait seul le silence pour lui.
Le discours de Sainte-Beuve sur la liberté de renseignement supérieur fut mieux entendu au Sénat. M. Troplong avait prié, avant la séance, les sénateurs de vouloié . bien s'accoutumer à quelques nouveautés au Luxémbourg , — à y entendre un homme de talent. L'incident valut à l'orateur une réaction sympathique de cette jeunesse toujours généreuse et qui n'avait protesté contre les faiblesses politiques de l'homme qu'&u nom même de sa belle et lil)érale intelligence. — Lors(jue après l'affaire
Machelard et le discours de Sainte-Beuve , elle vint faire