VERDELIN
Oh ! la tradition
Sa eaaMrva*
GERViL.
tfhe duègne, autrefois jeune aclricè, gui récitait mes vers d'une voix protectrice, Et qui, nial^^Mo tant d'âge et de calamités, Vous repié^enle cacDr les ingénuités^ Se lève ; et Qëre eue or d'avoir eu ma parole, Mr droit (ftaeioanoM n'a rédamé toa raïa.
Ët ces jolis vers, d'un tout autre earaetère : Éh I 68 tt'ast qa'à vingt aat que réattir oM doax. La boahoiir des onisittf* voilà leur vrai sucoèt 1
EX 4*y rebrooTe de plus celui-ei, û oonnay que je me demande si je ne Tai pas lu ailleurs :
GoiabiMi UnM de soU pour vooi fUie an pabUet
Je n'hésite pas à le dke, le Toor de fëveur repris ne-
vieillirait point, précisément parce qu'il a Tempreinte de son époque. Ce serait au Théâtre-Français une bonne gravure de la Restauration à côté des tableaux de maître du dix-septième siècle et des pastels du dix-huitième.
Le vers d'Emile Deschamps était classique, madrigalesque et sentait les ruelles. Aucune imagination, peu d'audace. Tout semblait le retenir dans le camp des Pamy, des de Jouy ou des Andrieux. Mais il était surtout un esprit du monde, l'héniislirhe social; le vide et l'abandon, partage des sénilités littéraires, luiiirent peur. 11 déserta ces voies de la mort pour se jeter parmi les néophytes du cénacle romantique. Il devint, pour ainsi dire , badchiboudsouk sous le drapeau des Oricnlalos; l'irrégulier de cette petite armée novatrice, escarmoucbant sur les ailes.
Cette nouvelle école, le lecteur le sait, ne M pas d'abord seulement composée de romantiques. Avant de bien trouver sa nouvelle voie, le vers octo-syllabique de Victor Hugo s'y heurtait à Talexandrin de Belmontet. La Melpomène d'Alexandre Soumet ne s'y sentait pas en famille' avec rinspiratfbn moderne de CromweU. C'était avec un tact exquis qu'Kniile Deschamps savait prendre parti dans le schisme qui se dessinait déjà et prêtait la main à ses vrais frères d'armes sans trop blesser ses adversaires, t .
La Muse française, recueil en tète duquel se déployait la bannière ou plutôt l'oriflamme fleurdelisée de ces alliés qui bientôt devaient se désunir, donna asile à quelques alrticles de morale, à quelques poésies d'Emile Deschamps. Il signait: LeJoune moralisiez son La Bruyère
ÈdUM n AMTOMT DlflCHAllPB^
parfamé. Il y écrivit une histoire assez plaisante d'un
M. Godu, mari honoiaiie et toléré chez sa femme, dans un petit entresol; uu Georges Daadin-Prudhomme. Les articles de prose furent réunis, en 1886, sous le titre énoncé plus haut ; les poésies, en 1829, sous celui de :
Eludes françaises et clraugères»
Le volume s'ouvre par un petit cours de littérature, où
Emile Deschamps appelle assez finement la querelle émi classi((iies et des romantiques, « la haine ù la mode. • On relit encore avec intérêt cette poétique où une polémique souvent ingénieuse ne nuit pas au bon sens et à l'impartialité. Quant au recueil , l'étranger y joue en effet uu grand rôle. Schiller, Shakespeare, Goethe, le liomaD'cero espagnol viennent emprunter suecessivement ches le poète la forme d*un vers clair et précis, moule élégant et un peu monotone de tant de métaux à fusion puissante. — Dans la Cloche, traduite de Schiller, je citerai ces vers heureux :
Car où l'on voit la force et la douceur unie, De ce contraste heureux naît la pure harmonie.
Et ceux-ci, après la peinture de rinccndie :
Tout ce qui fut son bien n'est plus qu'un peu de ceodre, Mais un rayon de joie on son deuil vient descendre. Voyez; il a compté (le père de famille) les lôtes qu'il ehérit; Fm une ne lui manque, et tdste, il leur sourit*
Souvent, dans los sujets les plus (j^randioses et les plus simples, revient la note aristocratiquemeut humoristique du poète de saloa ; peut-âtre un peu du rimeur de boudoir. Cest ainsi que dans le cours d'une énergique et re-
marquable naturalisation française de la légende du comte JuIieOf Kmile Deschamps jette au milieu de cette
farouche et naTve iragédifl eil •tol»pll«i .«n qoateiii
gèremeai maiùvaudé :
Lequel fut le coupable, en cette erreur mortelle, Bb itofisdt on éo roit— Qmm» alon, aujourdiuili
Lsf homnes dîMAi qoe c*«Bi «Ile.
Les^femmet disent que c*eBl luL
Horaœ dans rantiqaiiéiMonorif dans les yieux pofites français ont servi également de trame à« Emile Des-
chîimps pour sou liavail. Il francise le premier; il arrange l'autre. Dana son iustiuci d'imitateur, il traduit môme ce qui est en français. Ce qpi est absolument personnel à Emile Desohamps, dans lerecueil^n'estpas toujours aussi heureux : de la ciselure poétique, habile, mais un peu puérile, de la dextérité dans le maniement du mètre difficile» et parfois des romances surannées que l'on croirait exhiuuées des pages jaunies d'Un vieil Aimauach des
Muses.
Ën 1844, il publia le premier tome d'Une collection discontinuée ; ses deux tlràductions de Shakespeare: Macbeth
et Roméo et Julicllv, dont la première seulement fut jouée à rOdéon, si ma mémoire ne me trompe pas, — quelques années avant la traduction du même chefd^œuvre par Jules Lacroix. Ajoutons quelques poèmes d'opéra, dont une traduetion : celle de Doii JuaD, avec H; Blase (ce fut de plus Ëmile Deschamps que Mef erbeer chargea de mettré en vers, moyennant une réttiunéraiion sur ses propres droits, la poésie de Scribe dans les Huguenots), pas mal de rimes pour la musique, entre autre celle de Schubert, quelques élégies de eîrèonstanoe, notamment pour le rétablissement des srèehes : tel est son bagage littéraire qui avait toutes les couditious d'atticisme et de légèreté nécessaires pour BS pas entraver son entrée a l'Académie frvuçaise. Aussi ne