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LE ROI RENE, SES INSTITUTIONS. — FETES ET JEUX DE LA PROVENCE

La couronne des comtes de Provence avec leur blason d'azur au lambel de gueules tombait, à la mort de Louis III, aux mains de son frère, René d'Anjou, alors pauvre captif du duc de Bourgogne. Brave chevalier déjà que René d'Anjou, né au château d'Angers, et qui avait porté à sa naissance le titre de comte de Guise'! A cette époque à la fois de science universitaire, de chevalerie dévote, d'art et d'enluminures (du roi Jean à Charles YII), on avait remarqué que le jeune René se donnait à l'étude, aussi bien

1. René d'Anjou était né le IG janvier 1409 et était petilfils du roi Jean de France; le nom de Guise lut le titre illustre de la maison de Lorraine.

qu'aux nobles tournois et aux tètes : par-dessus tout, il avait une foi naïve et joyeuse dans les divinations et la nécromancie. René gagna presque aussitôt l'aflection de son grand-oncle, cardinal duc de liar, qui le fit son héritier et lui donna pour jeune fiancée Isabelle, héritière du duché de Lorraine*. René fut un de ces braves chevaliers qui, sous la croix de Lorraine, coururent avec loyauté se placer à côté de Charles YII, roi malheureux et proscrit ; lorsqu'il combattit à Bourges pour la couronne, René marchait sous l'étendard fleurdelisé avec Jeanne la Pucelle, Lorraine comme lui*. Ainsi, il avait été l'ami de Dunois, la Hire, le compagnon d'armes d'Arnaud de Barbazan, le plus pur, le plus loyal des chevaliers. René prit à cette école de bravoure impétueuse le goût d'aventure et de conquête, et avec cette intrépide et glorieuse vie, un amour du devoir porté à l'extrême.

Quand Charles VIT triomphant fit son entrée dans Paris, René était à ses côtés, tenant l'épée liante; et à la mort de son bel oncle le duc de

1. Le cardinal duc de Bar était frère de la reine d'Aragon, aïeule de René; Isabelle était fille du duc Charles de Lorraine.

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