Louis XI confisqua l'Anjou en
chait son temps; il attendait une circonstance favorable avec cet esprit patient et résigné qui était sa politique. Louis XI avait parlaitement calculé sa situation ; roi de France, il était suzerain de tous les grands fiefs qui se liaient en faisceau à la Tour du Louvre , et sous sa main était le parlement de Paris, appelé à juger les cas de félonie. Or, Louis XI épiait toutes les actions, tous les actes du comte de Provence. Je le répète, il avait surpris René en rapport avec les ducs de Bourgogne; il était résolu d'appeler son vassal, comme duc d'Anjou, comte de Provence, devant le parlement de Paris, en l'accusant d'avoir forfait à la foi qu'il devait à son suzerain. La peine de cette forfaiture était la confiscation des fiefs et leur réunion à la couronne*.
Avant d'en venir à cette violence, Louis XI dut examiner la position de famille de Uené, déjà vieillard, qui venait de perdre son héritier droit et naturel, Nicolas, son petit-fils, dernier rejeton de la ligne masculine; il lui restait d'autres héritiers , René II, issu de sa fille Yolande, duchesse de Lorraine, et Charles, son neveu, fils du duc
). Le véritable molif de l'accusation était que René voulait appeler Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, à la succession de ses fiefs. Voir les jMèces originales dans la collection de Lenglet-Dufresnoy. In-4°.
Charles I", son frère , comte du Maine. Le testament de René, scellé de ses armes, écrit à^ Marseille, cherchait à concilier ces droits en évitant toute guerre d'héritage; René nommait Charles, son neveu, droit héritier aux couronnes de Jérusalem , Naples , comté de Provence ; il laissait le duché de Bar à René, son petit-fils, duc de Lorraine; il n'oubliait même pas un brave bâtard, Jean d'Anjou, à qui il donnait le marquisat de Pont-à-Mousson, avec les villes de Saint-Cannat et de Saint-Remy-, en Provence; il laissait à Yolande et à Marguerite, ses deux filles, chacune mille écus d'or comme souvenir de leur bienaimé père. En dotant toute sa famille, René avait oublié le plus puissant, le plus vindicatif de ses proches, Louis XI, roi de France, également neveu du roi René par sa mère Marie, la sœur du bon duc.
Louis XI avait eu connaissance de ce testament par une communication du sénéchal Palamède de Forbin, dévoué à ses intérêts. Aussitôt il avait fait occuper le Maine et l'Anjou, en même temps qu'il menaçait le roi René d'un procès de