Je ne fais pas un voyage à Marseille sans descendre
Dans une autre partie de la Provence, sur les ruines d'un temple consacré ù Jupiter par les légions victorieuses, s'élevait une autre église, Saint-Maximin, non loin de la grotte où pleurait sainte Madeleine, vaste basilique, avec une crypte garnie de tombeaux de la belle époque romaine. Mais le chef-d'œuvre de l'art chrétien était à Arles : l'église et le cloître de Saint-Trophime, ancien cimetière arrosé du sang des martyrs, semblable au Campo-Santo de Pise, au pronaos de Santo-Ambrosio de Milan; les galeries abritaient les sépulcres, et au milieu était le cimetière commun, où l'herbe croissait épaisse à l'ombre de la basilique^
Presque au pied des Alpes s'élevait la charmante ville d'Apt, assise comme une corbeille de fleurs dans les bois odorants. Apt, cité chérie des empereurs , devint sous le christianisme un but de pèlerinage, car son premier évéque l'avait consacrée à sainte Anne, la mère de la Vierge; elle en possédait les plus précieuses reliques
dans la crypte de Saint-Victor; je suis peut-être le seul curieux de ces antiquités chrétiennes, et le pauvre sacristain est un peu étonné de ma persistance solitaire. Saint-Victor est une belle ruine.
2. Arles n'est pas assez visitée. Aucune ville ne peut mieux représenter la vie municipale. Le cloître de Saint-Trophime est plus beau que celui de Sancto-Ambrosio de Milan.
dans les châsses bénites. De tous les points du monde, les pieuses pMerines venaient s'agenouiller près du reliquaire pour demander la fécondité, et ]fi reine Anne d'Autriche fît dans ce but un pèlerinage à Sainte-Anne d'Apt; quand ses vœux furent exaucés par la naissance de Louis XIV, la reine déposa en reconnaissance sa couronne d'or sur l'autel.
La crypte primitive existe encore sous la cathédrale et porte des vestiges de l'époque galloromaine; la chapelle de Sainte-Anne possède un trésor comparable à celui de Cologne, et, parmi les curiosités historiques, un étendard, turban ou burnouf enlevé à un chef sarrasin durant les Croisades et brodé d'or. L'érudition doit admirer l'antique chaise épiscopale de l'époque carlovingienne, plus belle que le siège de Dagobert, conservé au musée du Louvre. Hélas! Apt n'a plus d'évêque; mais la cité conserve les vestiges de la mitre de son antique épiscopat'.
1. J'ai visité récemment Apt, accueilli par la douce hospitalité de mon bien cher parent, M. le président Guilliliert; le vénérable curé de la catiiédrale voulut bien lui-même m'îiccompagner dans la visite de son église, et un avocat bienveillant et très-érudit, M. Seymar, prit la peine de tout m'expliquer avec une grâce particulière.