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FORMATION DE LA LANGUE ET DE LA NATIONALITE PROVENÇALE

Du troisième au treizième siècle.

Avec leurs lois, les Romains avaient porté leurs langues dans toutes les cités de la Gaule méridionale ; on parlait le plus pur latin dans les écoles et les académies d'Arles, de Nîmes, d'Aix et même de Marseille, où il restait un léger mélange de la langue grecque et phénicienne; les auteurs de la période du premier au quatrième siècle écrivaient le latin le plus correct dans la Provence, comme dans l'Italie. Les Gaules avaient leurs rhéteurs et leurs poètes célèbres qui rivalisaient avec l'époque augustale^

Il est impossible d'admettre, toutefois, que

1. Pétrone même était de Marseille (celui dont on disait : Purissimœ latinitatis impurissimus scriptor. Le sophiste Favorinus était d'Arles, et Victorin était d'Aii.

même dans les beaux temps de Rome consulaire et impériale, l'idiome parlé par le peuple fut identique à la langue élégante et raffinée de Cicéron et de Virgile. Si l'on suit dans les comédies de Plaute et de Térence les dialogues d'affranchis et d'esclaves', on peut remarquer des phrases plus brèves, la suppression presque absolue de longues périodes, des ellipses fréquentes, une abondance de mots secs et vulgaires. Il est évident que dans son langage usuel, le peuple romain (la plebs) n'employait pas la langue travaillée, les périodes des orateurs et des historiens.

Cette langue populaire qui avait pénétré dans la Gaule méridionale, on l'employait dans les marchés pour la vente et l'achat ; et lors de l'invasion des Goths et des Wisigoths, le latin déjà altéré avait subi l'action des formes particulières des langues du Nord ; les adverbes, les articles multipliés, et surtout une précision didactique qui éloignait les longues périodes et les rhétoriques amphases : de ces éléments s'étaient formés

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