‹ Les cours et les salons au dix-huitième siècleChapitre 14 sur 21 · LES COURS ET LES SALOHS · texte numérisé non relu

LES COURS ET LES SALOHS

sassin de son frère, l'empoisonneur de sa femme; de Vergés, célèbre par ses escroqueries; Mayon d'Aunois, qui se taxait 75 livres pour des conclusions qui n'en valaient que 9 ; Coste de la Calprenède, arrêté par un exempt de police au bal de l'ambassadeur d'Espagne, pour avoir escamoté des jeux de cartes avec un ressort qu'il cachait dans la manche de son domino; Goezman, expulsé pour friponnerie manifeste du conseil de Colmar; Désirât, enfermé à Saint-Lazare pour avoir assommé un homme ; Bilhen, assassin d'un dentiste, ancien maître d'une maison de débauche ; Débonnaire, vendant sa conscience, et s'enrichissant par de honteuses manœuvres ; Pourterion, le plus madré fripon de sa compagnie ; Clerc de Salles, qui vola ou frustra tous ceux avec lesquels il eut des relations; Canclaux, banqueroutier; Gondin, qui laissa son père mourir de misère dans un grenier ; Vacquette de Lenchères, condamné à dix mille francs de dommages et intérêts pour avoir maltraité son père; Frecot de Lanty, qui passait pour un grand usurier; Davignon, qui filoutait les marchands dans leurs boutiques. Il ne fallait point chercher des Gâtons dans le reste de leurs confrères. Les provinces n'eurent rien à envier à la capitale. C'est ce qu'il convient de ne pas perdre de vue, lorsqu'on se rappelle tous les édits enregistrés à l'instigation de Maupeou, ces procès fameux qui furent alors jugés avec une partialité si étrange, et le succès des écrits de Beaumarchais.

AU XVIII e SIECLE. 257

Maupeou fut largement récompensé de son zèle. Dès 1768, il est inscrit sur le registre de Louis XV pour 40,000 livres à titre d'appointements, 30,000 livres pour appointements extraordinaires, et 20,000 pour gratification, plus 1,000 pour ses domestiques, 600 pour ses deux gardes, 6,000 pour ses secrétaires. Que ne dut-il pas toucher, les années suivantes ! il figure un des premiers sur le Livre rouge y le 28 juillet 1774, pour deux pensions qui s'élevaient à la somme de 32,000 livres, qui reparait les années suivantes.

Tous ces détails sur la magistrature de Maupeou sont tirés du Journal historique et surtout du Mau» peouana ou Correspondance secrète et familière du chancelier Maupeou avec son cœur Sorhouet (2 vol. in-12 de 1773), attribuée à Mairobert. Ils ne paraissent pas avoir été contredits à une époque où il était plus facile de les examiner, de les contrôler ou de les réfuter qu'aujourd'hui.

Page 1