‹ Les cours et les salons au dix-huitième siècleChapitre 16 sur 21 · LES C0UHS ET LES SALONS · texte numérisé non relu

LES C0UHS ET LES SALONS

mitié et la générosité de son neveu pour le prier d'ajouter le surplus. »

Parmi les dames qui se piquèrent de philosophie, il faut placer au premier rang les patronnasses de la goinfrerie des philosophes, pour me servir d'une expression de Saint-Simon. Avant d'être de ce nombre la comtesse de 'Verrue avait été la maîtresse ■ de Victor-Àmédée,roi de Savoie. Quand elle en fut dégoûtée, elle le quitta furtivement, mais en emportant de sa cour une grande quantité de médaillés rares qu'il ne lui avait point données, comme l'attestent les lettres de la princesse Palatine.

M" * Dupin ayant eu l'honneur de recevoir dans son salon et d'admettre à sa table tous les beaux esprits de son temps, il n'est pas hors de propos de lui consacrer quelques lignes. Or, son mari avait obtenu une place de fermier général par le crédit du millionnaire Samuel Bernard, son beau-père; celui-ci avait prêté les fonds nécessaires pour cela, et il en avait exigé une reconnaissance, en 1726. « Deux à trois ans après, la dame Dupin, raconte Dangerville (t. I, p. 20), était chez sa mère à Passy. Celle-ci était incommodée et eut besoin de quelque chose qui était enfermé dans son armoire. N'ayant pas sous sa main sa femme de chambre, elle dit à sa fille de l'aller chercher. La dame Dupin, cherchant ce qu'on lui demandait, trouva dans un pot-âl'eau d'argent un papier qu'elle déploya. Elle trouva que c'était l'obligation que son mari avait faite à M. Bernard pour la somme de 500,000 livres, à quoi

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s'étaient montés les fonds de la ferme. Au lieu de déchirer le billet, de peur qu'on n'en découvrît les vestiges, elle l'avala. Ce ne fut que quelque temps après que la mère s'en aperçut. S'étant ressouvenue qu'il n'y avait que sa fille qui avait fouillé dans son armoire, elle imagina bien qu'il n'y avait qu'elle qui avait pu soustraire un effet inutile à tout autre qu'à elle ou à Bernard. Cet événement n'a été su que de très peu de personnes, et a brouillé pendant plusieurs années Dupin et sa femme avec Bernard, qui ne les voulut plus voir ni l'un ni l'autre. Mais comme le mari n'y avait nulle part, Bernard leur pardonna et leur en fit présent. » La conduite de M me Dupin n'en mérite-t-elle pas moins d'être flétrie?

Exécutez-vous aussi de bonne grâce, vous, M me de Tencin, la maîtresse de Destouches, de Fontenelle, du Régent, de Dubois, de Bolingbrocke, de votre neveu d'Argental, sans compter les autres. L'historien ne saurait flétrir avec trop d'indignation cette intrigante, coupable du double crime de vol et d'assassinat. A peine en fut-elle soupçonnée, qu'elle fut arrêtée, traduite devant des juges, puis mise en liberté. Était-elle innocente? Toutes les probabilités semblent déposer contre elle, ainsi que le remarque Etienne, dans sa Notice sur M™ de Tencin^ placée en tête du tome IV des Œuvres corn» plètes de M me * de Lafayette, de Tencin et de Fontaines, in-8° de 1832. Le soin que prit son frère de faire enlever du Châtelet toutes les pièces de ce procès, prouve évidemment l'impossibilité de disculper

l'accusée, puisqu'il était de son honneur de conserver les rapports ou mémoires qui pouvaient la décharger. Cette preuve négative acquiert toute l'autorité d'une preuve positive, quand on lit avec attention ces curieux fragments du testament de La Fresnaye : « Sur les menaces que m'a faites depuis longtemps M" 06 de Tencin, de m'assassiner ou faire assassiner, ce que j'ai même cru qu elle ferait il y a quelques jours, sur ce qu'elle m'emprunta un de mes pistolets de poche que j'ai eu le courage de lui donner ; et comme, de ma connaissance particulière, elle a fait tout ce qu'elle a pu pour faire assassiner M. de Noce, et que son caractère la rend capable des plus grands crimes, j'ai cru que la précaution de faire mon testament était raisonnable. M me de Tencin a, à moi appartenant, entre ses mains, un certificat de dix actions primées par le sieur Chabert pour mon compte, ainsi qu'il l'a déclaré. Outre cela, elle a le transport d'un contrat de cinquante mille livres sur l'île de Rhé, que j'ai acquis de M. Ponat et mis sous son nom. M. Jourdain, qui a passé le contrat, a fait passer la contre-lettre à mon profit. Elle a un contrat de quarante-cinq mille livres, ou, du moins, une obligation passée par Massuan à mon profit, dont je lui ai fait un transport simulé. M. Chèvre, qui a passé le transport, a fait faire la contre-lettre ; l'un et l'autre le déclareront. Je lui ai remis le total entre ses mains, aussi bien qu'un billet de quarante mille livres, dont je n'ai reçu aucune valeur, parce que

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ce dépôt, me disait-elle, la rendrait sûre de moi. Elle est coutumière du fait. On trouvera dans mes papiers une protestation contre un billet de deux cent mille livres qu'elle m'avait fait faire, qui a été remis à M. Cotin. Quand j'ai voulu retirer mes effets d'entre ses mains, j'ai été surpris de trouver une scélérate qui m'a dit qu'elle ne me rendrait rien que je ne lui eusse payé le billet de quarante mille livres, que c'était le moindre paiement quelle pût recevoir pour avoir couché avec moi. Cette infâme, par ses friponneries, m'a mis hors d'état de payer mes dettes, sans jamais s'être souvenue un instant qu'elle seule avait causé ma ruine. Les déclarations que je fais m'ont paru nécessaires pour l'intérêt de mes créanciers. Je prends Dieu à témoin qu'elles sont dans l'exacte vérité. » Qu'on se rappelle que La Fresnaye a été lue chez M œe de Tencin. S'y est-il suicidé, comme elle Ta dit? Rien ne porte à le croire. Au contraire, par cette mort, elle avait quittance de toutes les sommes qu'elle lui devait. Par conséquent on est tenté d'imputer ce crime à la personne qui allait en profiter. Auctor est cui prodest. Quand elle sortit de prison, les philosophes continuèrent de la voir, comme auparavant, de se réunir chez elle, d'y boire, d'y manger et d'y causer plusieurs fois la semaine. Pour nous, nous n'hésiterons pas à l'arracher à ces bêtes pour l'attacher au pilori de l'histoire et la noter d'infamie.

Je me permettrai d'accoupler quelques beaux

messieurs avec ces belles dames qui n'avaient sur leur guéridon que la Pucelle et la Henriade, Y Emile et la Nouvelle Héloïse, Y Esprit des lois et Y Encyclopédie. Sans doute elles ont payé leur tribut à la faiblesse humaine ; mais il leur a été pardonné beaucoup parce qu'elles ont beaucoup aimé. Les philosophes, se complurent à devenir leurs hôtes, leurs courtisans, leurs esclaves; c'était sur leurs genoux qu'ils déposaient leurs lauriers ; ils allaient si souvent chez elles, que la levrette au collier d'or n'aboyait plus au bruissement de leurs pas, au son de leur voix flûtée.

Nommons tout de suite Duclos, dont Rousseau a loué l'âme droite. Son humeur caustique et spirituelle lui ouvrit les portes de tous les salons dorés, où il observa avec une sagacité fine et profonde les différents personnages qu'il devait peindre. Sa qualité d'historiographe de France lui permit de compulser des archives fermées au vulgaire des curieux. Il en sortit la tête pleine d'anecdotes dont il égayait ses conversations et dont il enrichit ses Mémoires, auxquels nous avons eu si souvent recours pour expliquer cette fermentation de raison universelle qu'il avait remarquée dans les sociétés. Quand il publia ses Considérations sur les mœurs, Louis XV les loua comme le livre d'un honnête homme : éloge magnifique, mais auquel je ne souscris qu'avec réserve. Dans cet ouvrage, Duclos reconnaît qu'il y a des sentiments et des procédés d'usage qu'on ne peut mépriser sans cesser d'avoir

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une parfaite probité. Servons-nous de cette maxime pour juger sa conduite à l'Académie française au moment où Dalembert y sollicitait un fauteuil, qu'il finit par obtenir. Ce ne fut pas sans peine. « Son élection, dit La Harpe A , fut traversée par beaucoup d'obstacles, et môme il passe pour constant qu'il y avait un nombre de boules noires plus que suffisant pour T exclure, si Duclos, qui ne perdait pas la tête, et qui était en tout hardi et décidé, n'eût pris sur lui de les brouiller dans le scrutin, en disant très haut qu'il y avait autant de boules blanches qu'il en fallait. Duclos et Dalembert m'ont tous deux confirmé le fait plus d'une fois : tout était noir : c'est leur expression. Ce fait, que je crois unique dans l'histoire de l'Académie, pourrait fournir matière à bien des réflexions. » Il est probable que Duclos, devenu secrétaire perpétuel de T Académie, brouilla plus d'une fois les scrutins pour favoriser l'élection des philosophes.

Dalembert connaissait la supercherie de Duclos ; il ne dédaigna point d'en profiter. Pure peccadille pour un philosophe qui « se faisait estimer, suivant le comte de Ségur (t. II, p. 82), par son désintéressement, par sa probité, par la fierté de son caractère ! » Écoutez. Voici ce que Rousseau, au livre XII de ses Confessions, nous dit de ce même Dalembert : « J'avais trouvé, dans ses Éléments de musique, beaucoup de choses tirées de ce que j'avais

1 Correspondance littéraire, 1801, tom. IV, pag* 480.

écrit sur cet art pour Y Encyclopédie, et qui lui fut remis, plusieurs années avant la publication de ses Éléments. J'ignore la part qu'il a pu avoir à un livre intitulé Dictionnaire des Beaux-Arts /mais j'y ai trouvé des articles transcrits des miens mot à mot, et cela longtemps avant que ces mêmes articles fussent imprimés dans V Encyclopédie. » Autre charge plus accablante. Dans une lettre, du 11 octobre 1759, à M Ile Voland, Diderot mande avoir apostrophé ainsi Dalembert au sujet de ses engagements avec les éditeurs de Y Encyclopédie : « Vous avez un traité avec les libraires, vos honoraires y sont stipulés, vous n'avez rien à exiger au delà. Cependant ils vous ont envoyé vingt louis à chaque volume ; c'est cent quarante louis que vous avez reçus et qui ne vous étaient pas dus. Vous projetez un voyage à Wesel, dans un temps où vous leur étiez nécessaire ici ; ils ne vous retiennent pas : au contraire, vous manquez d'argent, ils vous en offrent. Vous acceptez deux cents louis, vous oubliez cette dette pendant deux à trois ans. Au bout de ce terme assez long, vous songez à vous acquitter. Que font-ils ? ils vous remettent votre billet déchiré, et ils paraissent contents de vous avoir servi. Cependant vous quittez une entreprise à laquelle ils ont mis toute leur fortune. Vous débauchez leurs travailleurs, vous les jetez dans un monde d'embarras dont ils ne se tireront pas sitôt. Ce n'est pas tout : il vous vient en fantaisie de recueillir différents morceaux épars dans Y Encyclopédie. Rien n'est

plus contraire à leurs intérêts ; ils vous le représentent, vous insistez ; l'édition se fait, ils en avancent les frais, et vous en partagez le profit. Il semblait qu'après avoir payé deux fois votre ouvrage, ils étaient en droit de le regarder comme le leur. Cependant vous allez chercher un libraire au loin, et vous lui vendez pêle-mêle ce qui ne vous appartient pas. Savez-vous à qui il appartient de juger entre eux et vous ? au public. S'ils faisaient un manifeste, et qu'ils le prissent pour arbitre, vous seriez couvert de honte. Après toute cette ostentation de fierté, convenez que le rôle que vous faites à présent est bien misérable. » Malgré cette objurgation, Dalembert persista dans ses injustes prétentions. Diderot, indigné, s'éloigna de lui, ne lui fit plus de visites, et resta des années entières sans le rencontrer. Pourtant il lui adressait la parole dans les salons, où le hasard les rapprochait.

Diderot que Grimm , suivant les Mémoires de M™* d'Êpiny, vantait à l'envi comme « l'homme moral le plus parfait qu'il connût, * savait l'art de lever les scrupules et de trouver des accommodements avec sa conscience, quand il s'agissait de ses propres intérêts. Il avait chargé Rousseau de faire la partie de la musique pour Y Encyclopédie, et il lui avait laissé, pour lui livrer ce travail, un délai de trois mois, comme à tous les auteurs qui devaient concourir à cette entreprise. « Mais je fus le seul qui fut prêt au terme prescrit, dit Rousseau, au livre VII de ses Confessions. Je lui remis

mon manuscrit, que j'avais fait mettre au net par un laquais qui écrivait très bien, et à qui je payai dix écus, tirés de ma poche, qui ne m'ont jamais été remboursés. Diderot m'avait promis, de la part des libraires, une rétribution, dont il ne m'a jamais reparlé, ni moi à lui. » Après cette omission, grave sans doute, mais facile à justifier, en l'attribuant à l'oubli, citons un péché de commission, de propos délibéré, que rien ne saurait excuser. Dans sa jeunesse, Diderot se trouvant gêné et même très endetté, sans espoir de rien recevoir de son père, alla trouver un Carme, feignit de se repentir de tous ses égarements et de n'être pas éloigné de se retirer dans un couvent, dès que l'état de ses affaires le lui permettrait. Le moine, édifié de ses pieuses résolutions, lui avança dix-huit à dix-neuf cents francs, pour lui faciliter le moyen de rompre honnêtement avec le monde. Diderot vit là une mine d'or à exploiter ; il revint bientôt à la charge et demanda de nouveaux secours. Ce fut alors que le religieux se douta du jeu et refusa avec indignation . Diderot cessa de l'importuner , et, par reconnaissance, rappela souvent les couvents dans ses diatribes. Mais ce qu'il y a de plus singulier, c'est que ces anecdotes, qui formeraient un merveilleux incident dans Tartufe, nous ont été dévoilées par une mère de famille, par la fille de Diderot, qui les donne avec naïveté comme des jeux innocents, dans ses Mémoires pour servir à Thistoire de la vie et des ouvrages de Diderot,

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publiés en 1830 par le libraire Paulin en tête des Mémoires, correspondances et ouvrages inédits de Diderot. J'ignore la raison pour laquelle Taschereau, chargé de corriger la deuxième édition de ces Mémoires en 1841, par MM. Garnier et Fournier,' s'est permis de retrancher des Mémoires de M me de Vandeul l'escobarderie que nous avons relevée, et que Villemain a flétrie dans la dixneuvième leçon de son Cours de littérature française au xvm* siècle.

Il est temps de nommer Rousseau, le censeur de son époque, le dénonciateur de Diderot et de Dalembert. En vain déclare-t-il hautement que quiconque pourra le croire un malhonnête homme, est lui-même un homme à étouffer ; en vain ose-t-il adjurer tous les mortels de dérouler devant le sou* verain Juge le tableau de touteB les actions de leur vie, persuadé qu'aucun d'eux n'apparaîtrait meilleur que lui. Il me suffit de paroourrir ses Confessions pour lui montrer le ridicule de tant de prétentions, de tant de fanfaronnades. Gomme il s'est vanté d'avoir de bonne heure connu les méditations sublimes, de n'avoir point eu l'enfance d'un enfant, d'avoir toujours pensé et senti en homme, il force l'historien à le «juger avec sévérité sur des fautes qu'on pardonnerait à un autre, en sou* riant, puisque la responsabilité commence le jour où a point la première lueur de la raison. Il eut de plus l'avantage de naître dans une famille que ses mœurs distinguaient du peuple, et dont

tous les membres lui donnèrent des leçons de sagesse et des exemples d'honneur. Par conséquent, soit du côté de l'éducation, soit du côté de la nature, il est difficile d'exploiter en sa faveur le terrain des circonstances atténuantes, la culpabilité dépendant et des lumières de la conscience et des habitudes du foyer domestique. Or, quel parti Rousseau a-t-il tiré et de l'occasion et de son génie abandonné à toute sa fougue ? A peine fut-il placé chez un graveur qu'il y fit la chasse aux pommes ; trouvé en flagrant délit, il fut châtié ; loin de se corriger, il récidiva plus tranquillement qu'auparavant, en même temps qu'il allait dans une maison voisine moissonner de belles asperges qu'il vendait au marché, pour le compte d'un sien camarade, moyennant sa part du produit. Le voilà de la sublimité de l'héroïsme passé à l'ignominie d'un vaurien. Fatigué du joug d'un patron, il quitte furtivement son apprentissage, sans s'inquiéter des dommages-intérêts qu'une telle rupture coûterait à ses parents. Laquais dans une bonne maison, il y dérobe un petit ruban couleur de rose et argent déjà vieux (couvert d'argent, suivant la minute autographe), et laisse honteusement chasser une servante qu'il accuse effrontément de cette soustraction. Il change de religion, mais cet acte solennel n'est pour lui qu'une affaire d'intérêt ; il regrette de n'avoir retiré qu'un peu plus de vingt francs de son abjuration. Précepteur chez M. de Mabli, il détourne des bouteilles de vin, et oblige

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son maître à lui enlever la direction de la cave qui lui avait été confiée. Recueilli et entretenu par M ma de Warens, il s'aperçoit que des méchants la grugent et la dupent journellement ; il imite leur exemple, persuadé que ce qu'il se refuserait deviendrait infailliblement leur proie. Dans ses courses continuelles, il a eu plus d'une fois recours à la bourse de ses amis ; il n'a point remboursé tout ce qu'il avait emprunté. Parvenu à la pleine possession de sa dignité d'homme, il conserve toujours, toujours, des habitudes de son ancien métier de vivre. Aussi, dans un de ces moments où il n'était point aveuglé par un fol orgueil, il dit naïvement: « J'ai été fripon, et quelquefois je le suis encore de bagatelles qui me tentent, et que j'aime mieux prendre que demander ; mais, petit ou grand, je ne me souviens pas d'avoir pris de ma vie un liard à personne ; hors une seule fois, il n'y a pas quinze ans, que je volai sept livres dix sous. L'aventure vaut la peine d'être contée, car il s'y trouve un concours impayable d'effronterie et de bêtise, que j'aurais peine moi-même à croire s'il regardait un autre que moi. C'était à Paris. Je me promenais avec M. de Francueil au Palais- Royal, sur les cinq heures. Il tire sa montre, la regarde, et me dit : Allons à l'Opéra. Je le veux bien. Nous allons. Il prend deux billets d'amphithéâtre, m'en donne un, et passe le premier avec l'autre. Je le suis, il entre. En entrant après lui, je trouve la porte embarrassée. Je regarde, je vois tout

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