‹ Les cours et les salons au dix-huitième siècleChapitre 20 sur 21 · LES COURS ET LKS &ALONS · texte numérisé non relu

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ducs, et plus de six cents nobles. Le Journal de Barbier, tome I, page 425, fournit sur cette année des détails qui confirment l'assertion de Peuchet. Sous Louis XVI, ce vice devint si commun que la police put prendre sur le fait plus de sept cents personnes, en 1785, comme l'apprend la Correspondance secrête, page 388, du tome XVIII; il était à la mode; il ne rougissait pas de s'ébattre dans le Jardin des Tuileries, de se montrer à la cour et de s'établir dans des retraites spéciales à Versailles, si l'on en croit les Mémoires de Bachaumont , du 4 décembre 1784; à Paris il avait fini par infecter toutes les classes de la société et se pavanait dans les mansardes aussi effrontément que dans les hôtels. Les Mémoires de Bachaumont, du 18 octobre 1783, attestent que sur le registre, consacré par la police à noter toutes les turpitudes de ce goût, figuraient environ quarante mille hommes . Il est impossible de révoquer ces témoignages, puisqu'en 1848, la police de Paris a fait trois mille arrestations de ce genre. La tolérance que Frédéric le Grand accordait à ces infamies leur fit donner le nom de postdamie.

Les desnaturés et prépostères amours, pour employer une expression de Montaigne, augmentaient dans la même proportion que les courtisanes. Les Mémoires du marquis d'Argenson portent le nombre de ces dernières créatures à trente mille, en décembre 1754. Le 13 octobre 1783, les Mémoires de Bachaumont en reconnaissaient quarante mille,

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d'après les registres de la police. C'est le chiffre adopté par Mercier.

Naturellement les maladies honteuses complétaient l'échelle de proportion. Voltaire en riait, comme il se moquait de tout. Le grave Bulhière alla plus loin, témoin, dans ses Œuvres, le Placet de huit gardes du roi, adressé à M. de Senac, premier médecin de Sa Majesté; en lui présentant le sieur Velnos qui les avait guéris, sans employer le mercure. Cette pièce se signale par ces deux vers :

Nous n'en rougissons point, c'est le mal des héros, Nous l'avons jusque dans les os.

Ce mal devint si commun que le gouvernement crut devoir y porter remède. Les Mémoires de Bachaumont, du 26 juin et du 8 octobre 1775, nous apprennent qu'à deux époques différentes, on vit afficher à tous les coins de rue : Traitement populaire du mal vénérien pour les adultes et les enfants , administré gratuitement dans Paris par ordre du gouvernement. Cette mesure n'ayant pas produit tout l'effet qu'on désirait, la police se vit obligée, suivant les mômes Mémoires, du 9 janvier 1782, de c réunir à l'hôpital général un hospice de santé, établi à Vaugirard, et uniquement consacré à recevoir indistinctement toutes les femmes et tous les enfants jugés vénériens. »

Ce fléau d'Amérique, les Français l'ont d'abord appelé le m al italien; après l'entrevue de François P%

et de Henri VIII au camp du Drap d'or, les Anglais en firent le mal français. On ferait bien de l'appeler le mal philosophique, car il a compté parmi ses victimes Pierre le Grand , Ghristiern VII , Frédéric II, Joseph II, Léopold II, Louis XV, le duc d'Orléans-Égalité, le prince dé Lamballe, le maréchal de Saxe, le duc d'Aiguillon, de Brienne, Amelot, le marquis d'Argens, le comte de Tilly, Mirabeau, soi-disant l'Ami des hommes, Gentil Bernard, La Harpe , Linguet et surtout Ghamfort , qui en offrit le plus beau cas. On pourrait faire une liste aussi longue que celle des amours de Don Juan.

C'est l'inceste qu'il conviendrait d'appeler le péché philosophique . Sous ce rapport, les philosophes ont éclipsé les païens. La tragédie la plus pathétique de Sophocle et du théâtre grec roule sur un inceste involontaire. Au livre II de ses Lois, Cicéron regarde comme un des principes de toute société l'attention que doivent avoir les pontifes à décerner contre l'inceste le dernier supplice. Pour rendre les fautes des vestales plus odieuses, les Romains avaient fini par les traiter d'incestes. L'Église a continué à flétrir de la même qualification les faiblesses des prêtres, des moines et des religieuses.

Le siècle de Voltaire s'est montré moins sévère, en principe, dans l'application de l'inceste. En Prusse, un homme, convaincu d'avoir eu un commerce criminel avec sa fille, fut condamné à perdre la vie. On envoya la sentence à Frédéric, afin qu'il la signât : il écrivit au bas : « Il faudrait prouver

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auparavant qu'elle est sa fille. » Le roi commua la peine et la réduisit à quelques mois de prison.

La littérature accoutuma à l'indulgence. Manon Lescaut écoute sans rougir les déclarations du fils, après avoir accueilli celles du père. Dans Tom Jones, de Fielding, Will Barnes passe des bras de Betty Séagrine dans ceux de sa sœur Molly. Dans le Vicaire de Wakefield, le squire Chornhill enlève à Primerose sa fille Olivia et l'épouse clandestinement ; bientôt après, il séduit et enlève l'autre fille, du nom de Sophie. Dans les Affinités de choix, de Gœthe, un mari devient amoureux d'une nièce de sa femme.

L'impiété alla plus loin dans ses doctrines. Dans le Supplément au voyage de Bougainville, par Diderot, la pudeur est déclarée un préjugé et Y inceste chose indifférente.

De là tant de fanfarons d'incestes ! Voyez :

En employant le mot d'inceste, nous ne nous en tenons pas à la définition du Dictionnaire de l'Académie, ni à l'interprétation des gens du monde ; nous nous conformons à la décision et à la pratique de l'Église romaine.

Une lettre de Charles Hanburg Wilhams, insérée dans les Dix dernières années du règne de Georges II, d'après les manuscrits originaux d'Horace Walpole, donne comme un fait certain que « le roi Auguste III fut surpris dans les bras de l'inceste. » A côté de ce roi de Saxe doit figurer Serres de Latour, rédacteur du Courrier de F Europe; les Afé-

moires de Brissot nous disent de lui : c II avait fait la cour, quoique marié, quoique père de plusieurs enfants, à la femme de M. De Bejan, intendant d'Auvergne : elle était sa parente, il était le secrétaire du mari ; elle était jeune, jolie, aimable ; le mari était vieux, laid, grondeur. Le secrétaire fut donc bientôt préféré à l'intendant. Cette liaison ne pouvait manquer d'éclater, et d'attirer des malheurs au couple d'amants. Ils arrêtèrent de prendre la fuite en se munissant de secours abondants pour ne pas tomber dans la misère. De Serres de Latour se réfugia en Angleterre, perdit de vue sa femme et ses enfants et ne songea plus qu'à dépenser dans les bras de l'inceste les bénéfices énormes qu'il retirait de son journal. > Dans son Histoire secrète des amours et des principaux amants de Catherine II, Laveaux insinue que Grégoire Orlof avait des liaisons trop étroites avec deux de ses parentes. Ainsi voilà trois cas d'inceste, mais d'inceste non caractérisé.

Maintenant nous allons faire des catégories de tous les degrés de l'inceste de consanguinité et d'affinité.

Le plus beau cas d'inceste est fourni par le comte de Fleurieu, nommé par Louis XVI ministre de la marine, en octobre 1790, et gouverneur du Dauphin Louis XVII, en 1792. Nous lisons à la page 275 du tome II, des Mémoires inédits de la comtesse de Genlis : « Il y a eu dans la vie de M. de Fleurieu une singularité remarquable : il a été suc*

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cessivement amoureux de trois femmes formant trois générations ; d' abord, dans sa première jeunesse, dune personne beaucoup plus âgée que lui, ensuite de sa fille, qui épousa M. de Mondorge (oncle de M. deFleurieu). Cette passion fut très malheureuse; M ma de Mondorge, devenue veuve, se remaria à M. le marquis d'Arcambal ; elle eut une fille que vit naître M. de Fleurieu. Aussitôt qu'elle eut atteint l'âge où Ton peut être marié, M. de Fleurieu en devint amoureux et l'épousa. C'est une constance de filiation dont je ne connais pas d'autre exemple. » Tous les Mémoires du dix-huitième siècle donnent comme certain que le Régent eut pour maitresse sa propre fille, la duchesse de Berri, et comme probable qu'il fut encore le Loth de son autre fille, M 11 * de Valois. — Barrère n'est pas le seul qui, dans ses Mémoires, ait parlé de M. de Narbonne, ministre de Louis XVI, comme du fils naturel et incestueux de Louis XV. Dans ses Mémoires tirés des archives de la police de Paris pour servir à Thistoire de la morale et de la police depuis Louis XIV jusqu'à, nos jours, Peuchet fournit ce témoignage accablant, à la page 193, du tome III : « Le duc de Nevers a dit avoir vu , ce qui s'appelle vu, Louis XV renouvelant avec Madame Adélaïde les libertés du Régent. Toute la France sait que le comte de Narbonne était le fils de cette princesse et du roi. » — Le livre de Michelet sur Louis XV donne, page 270, ce détail sur le lieutenant de police de 1725 : « La femme de Hérault, le dévot lieu-

tenant de police, était publiquement maîtresse de son père, très riche, que souffrait le mari. »

Il appert des Mémoires du marquis d'Àrgenson, tome I, page 218, qu'Orry, contrôleur général, fut loin d'être pour sa belle-mère aussi cruel qu'Hippolyte l'avait été pour Phèdre. — Suivant les Mémoires de Maurepas, tome II, page 251 , la duchesse de Bouillon, fille du duc de Guise et quatrième femme du duc de. Bouillon, était la maîtresse en titre du comte de Clermont et avait plusieurs amants dont les plus connus étaient le prince de Bouillon, son beau-fils, et le duc de la Trémoille, son gendre. — Les Mémoires secrets du comte d'Allonville disent de Buffon, tome I, page 269 : « Le comte de Buffon, devenu amoureux fou de sa belle-fille, essaya de la corrompre, brouilla l'époux et l'épouse et fit un insupportable enfer de la vie d'une jeune femme, née et élevée pour devenir un modèle de conduite et d'honneur. >

Dans son Histoire de Pierre III y Laveaux n'a pas pu prouver que Panin avait eu des rapports trop intimes avec une fille dont il passait pour être le père, mais il n'a pas non plus essayé de le laver de cette accusation, fort accréditée en Russie. — Les Mémoires de Mathieu Marais (t. II, p. 464) donnent comme un fait certain que le Régent eut quelque temps pour maîtresse secrète M me de Ségur, qui était l'une de ses filles illégitimes. — Il résulte d'un Mémoire représenté devant les tribunaux, et dont les Mémoires de Bachaumont, des 8, 9 et

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20 janvier 1776, ont donné l'analyse, que Terrai a été convaincu d'avoir eu les liaisons les plus étroites avec une jeune fille qu'il avait eue de Tune de ses maîtresses, et qu'il l'entretint chez lui en qualité de concubine. — Dans son Louis XV, Michelet dit, page 270 : « Le roi de Pologne, Auguste II disputait sa fille à son fils. » Cette phrase manque de clarté, car on peut croire qu'Auguste était amoureux ou de sa propre fille, ou de la fille de son fils. Il y a donc là un cas ou deux d'inceste. Les Mémoires de Frédéricque-Sophie-Wilhelmine de Prusse, margrave de Bareith, sœur de Frédéric le Grand, nous apprennent (t. I, p. 119) qu'Auguste II, roi de Saxe, avait eu 354 enfants de ses diverses maîtresses et que l'une de ses bâtardes fut aussi comptée sur cette liste. — La Vie privée du maréchal de Richelieu nous offre ce document : « 'Richelieu avait distingué une dame Gapon, femme du consul, qui était très jolie. Le mari, honoré de la visite du commandant, ferma les yeux sur les motifs qui l'occasionnaient. Bientôt cette dame, séduite par l'ambition et Famour, n'opposa plus de résistance ; et personne dans la ville n'ignora qu'elle était l'objet favorisé des soupirs du commandant. ' On prétend qu'une fille fut le fruit de leurs amours. Mais qu'elle appartienne au père ou à Richelieu, cette fille, en grandissant, succéda à sa mère. Le duc la maria à un nommé Rousse, commis à Bordeaux, et vécut publiquement avec elle. M me Rousse fut la dernière maîtresso déclarée qu'il eut; il lui

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fit, en se mariant avec sa dernière femme, un contrat de cent mille livres, payable à sa mort. *

Louis XV a été soupçonné d'avoir eu un caprice pour M me de Nesles, la mère de ses trois maîtresses déclarées.— Le comte Alexandre de Tilly a consacré le chapitre XIX de ses Mémoires à raconter ses intrigues avec une mère et sa fille. — Casanova de Seingalt avoue, dans ses Mémoires, qu'il a séduit dans une famille la mère et la fille. — Rétif de la Bretonne a eu pour maîtresses une fille nommée Éléonore, sa mère et sa tante. — Thiébault a dit de Bastiani, l'un des familiers* de Frédéric le Grand : « Il a eu le secret de passer de la mère à la fille encore bien jeune et même de faire accepter à la première, comme son propre fils, l'enfant de la seconde, changeant ainsi le nom de mère en celui de sœur et graduellement tous ceux qui dans une famille désignent les diverses relations de la parenté. » — On lit dans les Mémoires de Richelieu : « M me de Pléneuf était maîtresse déclarée de M. Le Blanc, et M me de Prie était celle de M. le Duc. Le marquis d'Angennes accéléra la rupture , parce qu'étant jeune, beau, bien fait, spirituel et ambitieux, il avait plu à l'une et à l'autre, et avait pris plaisir à augmenter leur passion, quand il voyait qu'elles s'efforçaient à l'envi de l'attirer à elles. Après de longues disputes sur cette conquête, le beau d'Angennes resta à M me de Prie, et, comme il disparut de la société dans ce temps-là, les uns dirent qu'il était mort de la petite vérole, et d'autres

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de deux coups d'épée. » — Suivant les Mémoires de Maurepas, l'abbé de Vauréal, maître de musique de la chapelle du roi et plus tard évêque, a eu pour maîtresses la marquise de Villars et sa bru, la ma* réchale de Villars. — Les Mémoires de Bachau~ mont, du 15 novembre 1776, ont mentionné une visite que le comte d'Artois, depuis Charles X, fit à M me Dubarry à Neuilly et donnent à croire qu'il fut l'un des derniers successeurs du grand-papa roi.

Le fameux cardinal de Tencin, archevêque de Lyon, a eu longtemps pour maîtresse sa propre sœur, M me de Tencin, Tune des dames patronnesses des philosophes ; Chamfort avance qu'elle avoua un jour que ce bruit généralement répandu n'était pas une calomnie. Les Mémoires du marquis d'Ar~ genson accusent le cardinal de Soubise de n'avoir pas été plus scrupuleux que Tencin, en prenant pour maîtresse sa propre sœur, la princesse de Marsan. — Après s'être donnée à milord Tirconel, son cousin, et avoir vécu quelque temps avec lui, M"" de Béthisy, fille du marquis de Mézières, «'éprit d'amour pour son propre frère et vit sa passion longtemps partagée, si Ton en croit les Mémoires de Richelieu; son frère ayant fini par s'éloigner d'elle, par lassitude ou par dégoût, elle se suicida. — Les Mémoires de Dumouriez se contentent de dire qu'on croyait que le fameux duc de GhoiseUl avait trop aimé sa sœur, la duchesse de Grammont; Lauzun a été plus explicite; il Raconte

dans ses Mémoires, pages 5 et 43, comme un fait incontestable, que Choiseul conservait dans son hôtel la duchesse de Grammont, en qualité de concubine, qu'il employa tous les moyens pour séduire sa belle-sœur, la comtesse de Stainville ; et que, pour punir cette dernière de n'avoir pas voulu se rendre à ses désirs et de lui avoir préféré un histrion, il l'enferma dans un couvent.

Suivant les Mémoires de Mathieu Marais (t. III, p. 134), le vicomte de Tavannes eut pour maîtresse M rae de Creil, qui était la sœur de sa femme. Pendant que Gustave III, roi de Suède se mourait, l'un de ses assassins, Horn avouait, sans qu'on le lui demandât, qu'il était le père du dernier enfant de Tune de ses belles-sœurs. C'est d'Aquila qui a conservé cette confession, page 401 du tome II de son Histoire des événements mémorables du règne de Gustave III. — On peut voir dans les Mémoires de Bachaumont, du 29 juin 1779, comment l'acteur Bellecour fut surpris par sa femme entre les bras de sa belle-sœur, et ce qu'il advint de cette découverte. — En juin 1772, l'infâme marquis de Sade, eut recours aux potions les plus actives de la phar i macie pour étourdir et déshonorer sa belle-sœur P le crime consommé, il s'enfuit avec elle pour se soustraire au supplice dont il était menacé. — Nou4 empruntons au tome II des Mémoires pour servie à T Histoire du Jacobinisme, par Barruel, cette lettre adressée par Weishaupt, le chef de l'ordre des Illuminés, à son adepte Hertel : « A présent, que

je vous dise, dans la plus intime confidence, la situation de mon cœur. J'en perds le repos ; j'en deviens inhabile à tout, prêt à désespérer. Me voilà en danger de perdre mon honneur, et cette réputation qui me donnait tant d'autorité sur notre monde. Ma belle-sœur est enceinte. Je l'ai envoyée à Munich pour obtenir dispense, et l'épouser : mais si la dispense n'arrive pas, que ferai-je? Gomment r rétablirai-je l'honneur d'une personne dont j'ai fait c tout le crime? Nous avons déjà tenté bien des choses ; . pour arracher l'enfant; elle était même résolue à tout; mais Euriphon est trop timide, et je ne vois ^ guère d'autre expédient. Si j'étais sûr de Celse r . : (Buder, professeur à Munich), celui-là pourrait bien I m'aider; il me l'avait déjà promis, il y a trois ans. H j Parlez-lui-en, si vous le jugez à propos; voyez ce ^ qu'il y aurait à faire. Je n'aimerais pas que Caton i(Xavier Zwack, conseiller aulique) en sût rien, , t ^de peur qu'il ne le dît à tous ses amis. Jusqu'à ce i^noment, personne n'en sait rien, si ce n'est Eurijphon ; il serait encore temps d'essayer, car elle n'est ; flue dans son quatrième mois. » Sur ces entrefaites y. écrivit à Caton : « ce qui me fâche le plus dans J mt ceci, c'est que je perds une grande partie de j ion autorité sur nos gens : c'est leur avoir montré y j a côté faible, à l'abri duquel ils ne manqueront pas jese mettre, quand je leur prêcherai morale et les ' j xhorterai à la vertu et à l'honnêteté. »

^ , Dans ses Mémoires secrets sur la Russie, llasson donne, comme un fait incontestable, que

l'impératrice Catherine II eut simultanément pour amants, d'abord les deux frères Alexis et Grégoire Orlof, et plus tard les deux frères Valérien et Platon Zoubow.

Les Mémoires de Richelieu regardent comme probable que Louis XV eut un oaprioe passager pour M lle de Charolais et M 11 * de Clermont, la sœur de celle-ci. — Il résulte des Mémoires du marquis d'Argenson et de ceux de Casanova qu'il entretint successivement comme maîtresses deux sœurs du nom de Morfil ou Morfi. C'est un fait incontestable qu'il afficha l'une après l'autre, à titre de maîtresses, les trois filles du marquis de Nesles, savoir M œe de Mailly, M œe de Vintimille et M me de la Tournelle, plus connue sous le nom de duchesse de Châteauroux, Après lui, il n'y a que Clugny de Nuis, contrôleur général des finances sous Louis XVI, qui ait donné le scandale de trois sœurs maîtresses. L'Espion anglais (t. IV, p. 291) lui a consacré ces lignes : « Intendant de Bordeaux, il avait affiché les mœurs les plus dissolues et les plus scandaleuses. Il avait publiquement pour maîtresses les trois sœurs, et les avait traînées avec lui à Paris, en prodiguant les grâces aux maris. Pour empêcher que cette conduite lui fit tort auprès du monarque austère, il cherchait à compenser cette cause d'éloignement par un goût plus conforme à celui de Sa Majesté. Il avait fait venir d'Allemagne deux des plus habiles serruriers et s'exerçait avec eux dans cet art qu'aime le roi. »

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Revenons aux couples de sœurs. Lo comte Alexandre de Tilly n'a pas voulu nous laisser ignorer, dans ses Mémoires, qu'il eut deux sœurs pour maîtresses. — Les Mémoires de Peuchet, attribuent aussi deux sœurs, du nom de Verrière, à titre de maîtresses, au maréchal de Saxe. — Si l'on s'en rapporte à sa Vie privée, le maréchal de Richelieu aurait eu pour maîtresses la duchesse de Berriet M 11 * de Valois, filles du Régent, et M Uê de Gharolais, cousine de ces deux sœurs. Besenval tenait de bonne source tous les détails de ces intrigues du maréchal avec ces deux dernières princesses. — On a toujours regardé comme des maîtresses déguisées en soldats les deux sœurs qui ont accompagné Dumouriez dans ses expéditions. — Crébillon a ce signalement dans les Mémoires et correspondances littéraires, dramatiques, et anecdotiques de Favart : « Il adorait le sexe et ne l'estimait pas moins. Il n'a jamais respecté que deux sœurs, filles d'un apothicaire, nommé Péage : il leur fit deux enfants par délicatesse de sentiment. Mais le père, qui ne connaissait pas ce raffinementlà, prétendit que l'honneur de sa famille était blessé, et qu'il fallait que M. de Crébillon épousât tout au moins une des deux, en lui laissant la liberté du choix. Le hasard en décida, et notre auteur se maria à la mère de M. Crébillon fils; l'autre devint ce qu'elle put. Il ne goûta pas longtemps les douceurs du mariage : il fut si affligé de la perte de son épouse qu'il cherchait partout des

consolations. Dans l'espérance où il était de pouvoir trouver une femme aussi estimable que celle qu'il avait perdue, il mettait à Fessai toutes celles qu'il rencontrait. »

Les écrits relatifs à Talleyrand lui donnent trois sœurs pour maîtresses, à son début dans la vie ; plus tard il fut l'amant de deux sœurs. — Casanova ne s'est pas contenté de faire de ses Mémoires le cours le plus complet de lubricité à propos d'une centaine de femmes qu'il séduisit. Il se complaît dans les détails : il nous apprend qu'il a corrompu les deux sœurs dans huit familles, et qu'il y eut une neuvième maison où il abusa de quatre sœurs, sur cinq qui s'y trouvaient.

Suivant Rulhière, Richelieu eut pour maîtresses M me de Villeroy et M œo d'Alincour, belle-sœur de celle-ci.

Le testament de La Fresnaye ne permet pas de douter de la passion de M me de Tencin pour son neveu, d'Argental, le disciple le plus dévoué de Voltaire.

Dans une chanson, reproduite par les Mémoires de Bachaumont, du 17 février 1762, et dans un couplet des Noëls de 1764, inséré dans Y Espion anglais (t. I, p. 238), de Jarente est accusé d'avoir gardé chez lui sa nièce en qualité de concubine. — Nous croyons avoir prouvé, dans Ménage et Finances de Voltaire, que la veuve Denis fut la concubine de Voltaire, son oncle : M. Beuchot nous a avoué que c'était l'opinion des principaux amis de Vol-

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taire ; nous tenons de bonne source que la famille de Voltaire Fa toujours partagée. — Suivant l'Histoire secrète des amours et des principaux amants de Catherine II, par Laveaux (p. 237), Potemkin vivait avec une de ses nièces; il la maria, mais, bientôt après, il l'arracha à son mari et l'afficha comme sa maîtresse. Castera avance, dans sa Vie de Catherine II, que sur ses quatre nièces, la rumeur publique en regardait deux comme ses concubines.

Nous savons que Rétif de la Bretonne a eu pour maîtresses la tante et la nièce. D'après ses Mémoires, le comte de TiJly commit la même faute. — A en juger par sa Vie privée, il en fut de même du maréchal de Richelieu. — Suivant Mathieu Marais, M lle Houel succéda à sa tante, M me de Sabran, qui fut Tune des maîtresses déclarées du Régent.

Nous avons vu le commerce de M me de Béthisy avec son cousin, milord Tirconel.

Il appert, soit de sa Vie privée, soit des Mémoires de Besenval, que Richelieu eut des galanteries pour M lle de Charolais, cousine de deux filles du Régent, dont il était l'amant. Casanova paraît avoir dédaigné l'inceste du cousinage. Il ne lui est arrivé qu'une fois d'avoir deux cousines pour maîtresses ; une autre fois seulement aussi, il séduisit une cousine de deux sœurs dont il était l'amant.

Ainsi, voilà un tableau de soixante-quatorze cas d'inceste, savoir vingt-quatre de consanguinité et cinquante d'affinité.

consolations. Dans l'espérance où il était de pouvoir trouver une femme aussi estimable que celle qu'il avait perdue, il mettait à Fessai toutes celles qu'il rencontrait. »

Les écrits relatifs à Talleyrand lui donnent trois sœurs pour maîtresses, à son début dans la vie ; plus tard il fut l'amant de deux sœurs. — Casanova ne s'est pas contenté de faire de ses Mémoires le cours le plus complet de lubricité à propos d'une centaine de femmes qu'il séduisit. Il se complaît dans les détails : il nous apprend qu'il a corrompu les deux sœurs dans huit familles, et qu'il y eut une neuvième maison où il abusa de quatre sœurs, sur cinq qui s'y trouvaient.

Suivant Rulhière, Richelieu eut pour maîtresses M me de Villeroy et M me d'Alincour, belle-sœur de celle-ci.

Le testament de La Fresnaye ne permet pas de douter de la passion de M me de Tencin pour son neveu, d'Argental, le disciple le plus dévoué de Voltaire.

Dans une chanson, reproduite par les Mémoires de Bachaumont, du 17 février 1762, et dans un couplet des Noëls de 1764, inséré dans Y Espion anglais (t. I, p. 238), de Jarente est accusé d'avoir gardé chez lui sa nièce en qualité de concubine. — Nous croyons avoir prouvé, dans Ménage et Finances de Voltaire, que la veuve Denis fut la concubine de Voltaire, son oncle : M. Beuchot nous a avoué que c'était l'opinion des principaux amis de Vol-

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taire ; nous tenons de bonne source que la famille de Voltaire Ta toujours partagée. — Suivant V Histoire secrète des amours et des principaux amants de Catherine II, par Laveaux (p. 237), Potemkin vivait avec une de ses nièces; il la maria, mais, bientôt après, il l'arracha à son mari et l'afficha comme sa maîtresse. Castera avance, dans sa Vie de Catherine II, que sur ses quatre nièces, la rumeur publique en regardait deux comme ses concubines.

Nous savons que Rétif de la Bretonne a eu pour maîtresses la tante et la nièce. D'après ses Mémoires, le comte de TiJly commit la même faute. — A en juger par sa Vie privée, il en fut de même du maréchal de Richelieu. — Suivant Mathieu Marais, M lle Houel succéda à sa tante, M me de Sabran, qui fut Tune des maîtresses déclarées du Régent.

Nous avons vu le commerce de M me de Béthisy avec son cousin, milord Tirconel.

Il appert, soit de sa Vie privée, soit des Mémoires de Besenval, que Richelieu eut des galanteries pour M Ue de Charolais, cousine de deux filles du Régent, dont il était l'amant. Casanova paraît avoir dédaigné l'inceste du cousinage. Il ne lui est arrivé qu'une fois d'avoir deux cousines pour maîtresses; une autre fois seulement aussi, il séduisit une cousine de deux sœurs dont il était l'amant.

Ainsi, voilà un tableau de soixante-quatorze cas d'inceste, savoir vingt-quatre de consanguinité et cinquante d'affinité.

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