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CHAPITRE VII

LA COUR D'AUREGNY!.

S 1. Sources.

On a vu plus haut (chap. I) quelles sont en général les sources de l’histoire des institutions des îles normandes. Parmi ces sources, il en est quelques-unes qui sont plus spécialement relatives à Auregny. Ce sont principalement les suivantes :

1° Le Status Insule de Aurineo. On nomme ainsi un état des droits respectifs du roi d'Angleterre et du chapitre de Coutances sur l’île d'Auregny, état qui fut dressé, dit-on, par ordre de l’évêque de Coutances, dans la première moitié du xur siècle, sous Henri III d'Angleterre. Ce document s'était conservé dans un registre des archives épiscopales de Coutances, aujourd’hui perdu. Il en existe deux copies, l'une manuscrite, à la Bibliothèque nationale, ms. lat. 10068, f 94, l’autre imprimée, dans l'histoire de Guernesey de Berry, p. 289 et suivantes. Voici, d'après cette dernière copie, le passage le plus important du document :

« Item, Rex Anglie et Capitulum Ecclesie Constantiensis habent et

pardevant la cour, d'observer le contrat qu’elles présentent au sceau. La cour siège très-fréquemment pour cet objet. Dans l'intervalle de ces séances, le sceau est gardé par le bailli, dans une bourse fermée des sceaux des deux jurés qui ont assisté à la dernière audience de sceau. À chaque nouvelle audience où le sceau doft être employé, le bailli, avant d'ouvrir la bourse, fait reconnaître, aux deux jurés qui l’assistent, leurs sceaux ou ceux de leurs collègues; et à la fin de la séance, le sceau étant remis dans la bourse, les jurés présents le recachètent de leurs sceaux personnels, qui doivent y rester jusqu'à la séance suivante. — La même règle était autrefois suivie à Guernesey. Elle est aujourd’hui ‘ tombée en désuétude.

1. Auregny, et non Aurigny, est le nom ordinairement employé en français dans les iles. En anglais on dit Aîderney, en patois guernesiais Ourgni.

tenent totam Insulam et totum dominium, jurisdictionem secularem.… Et habet quilibet dictorum Regis et Capituli terras suas inter se divisas fere per medietatem, et campipartiones terrarum suarum, et homines suos residentes vocatos gallice Reseans, et suum prepositumi mutabilem annuatim qui recipit redditus 2, amendas et emolumenta jurisdictionis, et tenet jura; et ibi sunt sex homines jurati pro tota Insula, coram quibus, una cum quolibet dictorum prepositorum #, cause ducantur in medio. Et tenetur prima Curia Regia per prepositum suum et juratos suos predictos de hominibus suis, et deinde functis ejusdem causis incontinenti ibidem tenetur Curia Capituli per prepositum suum et juratos predictos de hominibus suis. »

2° Les rôles des justiciers itinérants qui ont visité Auregny. Ce sont ceux de 1304 et ceux de 1320. Ces derniers, arrivés à Auregny, demandèrent aux habitants, comme ils avaient fait à Jersey et à Guernesey, une déclaration des coutumes par lesquelles ils prétendaient être gouvernés, et ensuite adjugèrent aux habitants tout ce qu'ils avaient demandé. On trouvera ci-après le texte de la déclaration de la communauté d’Auregny®.

3° Les ordonnances de la cour royale de Guernesey. Quelquesunes des ordonnances contenues dans le recueil imprimé sont relatives aux institutions d'Auregnyf.

4 Le Second report de MM. les commissaires Ellis et Bros, tant à cause des renseignements recueillis par ces commissaires à Guernesey et à Auregny même en 1846, que pour les pièces qui y sont insérées.

S 2. La cour du rot et la cour du chapitre.

D'après le Status Insule de Aurineo, l'île d'Auregny, au xune siècle, était partagée entre le roi d'Angleterre et le chapitre de Coutances, qui possédaient chacun à peu près la moitié du territoire et se partageaient aussi également le droit de justice, « jurisdictionem secularem ». Le partage du droit, de jus-

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