‹ Les cours royales des îles normandesChapitre 21 sur 198 · Le Geyt, t. IV, p. 15-18; comp. Rec. d'ord., p · texte numérisé non relu

Le Geyt, t. IV, p. 15-18; comp. Rec. d'ord., p

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lieutenants, les seules dont j'aie à m'occuper, sont aujourd’hui à peu près réduites à rien, mais elles ont été autrefois considérables. En eflet, le gardien, à l'origine, était le baël{i du roi, son représentant dans les îles : à ce titre, il faisait tout ce que le roi lui-même aurait pu faire.

C'est ainsi qu'il avait le droit de nommer les officiers royaux, et en général de disposer des places qui étaient à la nomination du roi. En effet, ce que faisait le gardien était réputé fait par le roi lui-même. En voici un exemple : en 1342, Édouard III écrit au gardien des iles pour lui ordonner de saisir le temporel d'une cure de Guernesey, parce que l'évêque de Coutances, diocésain des îles, n'avait pas voulu y instituer le clerc que lui, roi, lui avait présenté, «… presentaverimus regio jure nostro »; or, nous avons le texte des lettres de cette présentation, elles ne sont pas du roi, mais du gardien, qui y parle en son propre nom : « Ad ecclesiam Sancte Marie... ratione custodie predicte nomine prefati illustris Regis Anglie ad meam presentationem spectantem.… Guillelmum de Gayllard.… presento » etc.! Néanmoins, les rois n’ont pas toujours abandonné aux gouverneurs l'exercice de ces droits de nomination, ils les ont souvent exercés par. eux-mêmes. On en trouve des exemples fréquents dès le xrv* siècle. Depuis le xvn* siècle, ils se les sont peu à peu réservés exclusivement; les gouverneurs ont pourtant conservé jusqu'à ce siècle la nomination des recteurs de paroisse et celle des receveurs des revenus royaux. Pour chacun des offices de judicature, on verra dans la suite de ce travail les variations de l’usage à cet égard.

Le gardien fut aussi à l'origine le chef de la justice royale dans les îles. Tenant la place du roi, il le représentait dans l’administration de la justice comme en toute autre matière; c'était lui qui tenait, à Jersey et à Guernesey, la cour du roi. Ainsi, en 1219, le gardien Philippe d’Aubigné reçoit l’ordre de faire une enquête judiciaire? et tient des assises dans les deux îles. En 1254, la cour royale de Guernesey siége sous la présidence de Jean de Gray, lieutenant du gardien Richard de Gray‘. En 1289 encore, mention est faite d’une réunion des membres de la cour, sous la

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