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&. Le Geyt commet ici une légère erreur. Les réponses des insulaires aux plaids de quo waranl!o intentés contre eux diffèrent un peu des articles de leur pétition de 1333. Ce sont ceux-ci qui ont passé dans les fausses Constitutions.
moire que M. Olivier, Ministre de St. Hélier, en donna au Gouverneur, en 1604, et le mémoire portoit pour titre : Hæ Constitutiones el Provisiones constitulæ per Dominum Regem Johannem, postquèm Normannia alienata fuit, et usitatæ sunt in Insulis de Guernsey et Jerse, diversitanies a consuetudine Normanniæ. » Il est facile de reconnaïtre dans la rubrique que cite Le Geyt une combinaison du titre de l'enquête de Henri III, « Constitutiones et provisiones », etc., et de celui des articles de la pétition à Edouard III, qui est ainsi conçu : « Hee sunt consuetudines usitate in Insulis de Guerner. et Jereseie, diversitantes a consuetudine Normannie, et dé quibus in peticione Insulanorum fit mencio. »
Il est assez singulier qu’un texte aussi décisif que ce passage de Le Geyt soit resté inaperçu des écrivains jersiais et guernesiais, même de ceux qui ont le plus vivement attaqué les fausses Constitutions. Aucun doute n’est possible : les prétendues « Constitutions du roi Jean » sont une compilation fabriquée au xvrr° siècle, avec une enquête de l’année 1248 et une pétition de l’année 1333.
Si Jean est le créateur des institutions des îles, ce qui est possible et même probable, il faut reconnaître qu'il ne nous est resté aucun acte écrit de cette création. Il semble qu'il n'en ait laissé aucun; en effet, quand les rois d'Angleterre, au xin° et au x1v° siècle, voulurent connaître les coutumes et les institutions des îles, « les lois que le roi Jean y avait établies », ils eurent recours au témoignage oral des habitants, à la voie des enquêtes.
S 2. Enquêtes. Extentes.
La première de ces enquêtes dont le texte nous soit parvenu est celle que fit faire Henri III en 1248, et dont il a été question dans le paragraphe précédent ; ce n’est pas la première que ce roi ait fait faire : les lettres par lesquelles il l’ordonne mentionnent
une enquête faite antérieurement de son ordre, qu'il déclare in-
suffisante. Cette première enquête portait sur les « coutumes et services que les hommes des îles avaient coutume de faire », en d’autres termes, sur les redevances dues au roi dans les îles. L'enquête de 1248 traite du même objet et, en outre, des « établissements et réglements établis par le roi Jean, après la perte