‹ Les cours royales des îles normandesChapitre 7 sur 198 · Lettres du 20 août 1320, ci-après, pièce XXIV · texte numérisé non relu

Lettres du 20 août 1320, ci-après, pièce XXIV

4. Rôle des justiciers Spigurnell et Denon, au Record office, n. 1.37, 7, et n.

La question se retrouvait donc intacte, quand encore une fois de nouveaux justiciers vinrent aux îles : ce furent Robert de Scarborough, Robert de Norton et Richard de Westcote, en 1331. Ceux-ci reprirent l’énumération des coutumes réclamées par les habitants, et requirent de nouveau ces derniers de déclarer à quel titre (quo waranto) ils prétendaient avoir ces droits. Mais la patience des insulaires était à bout, et ce plaid fut signalé par des incidents d'un caractère tout nouveau. Une association s'était formée pour la défense des libertés des îles ; elle comptait parmi ses membres des personnages considérables : l'un des deux gouverneurs des îles, Laurent Gaillard ; deux ex-baillis, Pierre de Garis et Renouf Le Gay ; les prieurs du Valeet de S. Clément, moines du Mont S.-Michel ; des membres des premières familles insulaires, un Cheyny, un Beauchamp, un Saumarez. On disait qu'avant l'arrivée des justiciers les associés s'étaient assemblés au Prieuré de l'ilet' et avaient juré de se soutenir les uns les autres pour l’œuvre commune de la défense des franchises instlaires. Un jour, le 27 juillet, les conjurés parurent en cour séante par devant les justiciers itinérants et réclamèrent la confirmation de leurs coutumes ; sur le refus des justiciers, ils protestèrent que tout ce que feraient ceux-ci ne pourrait préjudicier à leur droit, et la foule qui les accompagnaïit acclama leurs paroles en criant oui! oui! (« etiam >»). Cette scène violente donna lieu à des poursuites pour conjuration et rébellion ; mais sur le premier chef les accusés demandèrent le jugement par jury et furent acquittés. Pour la scène du 17 juillet il n’y avait pas besoin de jury puisque les faits s'étaient passés par devant la Cour ; mais la cause ayant été remise, les accusés firent défaut, et nous ne savons ce qui en advint ensuite *.

Cet incident n’empêcha point le procès principal d’avoir son cours ; mais les justiciers s’abstinrent encore de le terminer par un jugement définitif. Les communautés de Guernesey et de Jersey, successivement appelées à justifier leurs prétentions, demandèrent l’une et l'autre du temps pour délibérer. A Jersey les justiciers, qui étaient près de partir, profitèrent de ce délai

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