‹ Les cours royales des îles normandesChapitre 8 sur 198 · Second report, p · texte numérisé non relu

Second report, p

pour renvoyer la suite de l'affaire à la cour du banc du roi, en Angleterre. A Guernesey, où ils avaient siègé auparavant, ils avaient ajourné la communauté à comparaître, pour la suite du plaid, à Jersey; les Guernesiais, qui prétendaient qu'un plaid commencé à Guernesey ne pouvait être renvoyé hors de l’île, firent défaut ; les justiciers prononcérent la saisie provisoire de leurs coutumes prétendues : l’affaire fut ensuite évoquée au banc du roi, où était déjà renvoyée la cause des Jersiais (15 oct. 1332)?.

Les deux communautés envoyérent des procureurs ou aftournés Dour suivre leur affaire en Angleterre. Mais la cour du banc du roi ne fit encore que remettre la cause de terme en terme. Las de ces délais, les insulaires se décidèrent enfin à agir directement auprès du roi et du parlement.

C'était alors le parlement d'Angleterre qui recevait et examinait les pétitions adressées au roi. Les habitants des deux îles s'entendirent pour rédiger une pétition commune qui dut être remise au parlement en janvier 1333 (comp. ci-dessus, $ 1). On trouvera le texte de cette pétition dans les Pièces (n° XXXV et XXX VI). Les insulaires y exposent franchement leur pensée : ils nient la légalité des plaids de quo waranto, qui, ayant été établis par le parlement anglais, ne peuvent être légitimement institués qu'en Angleterre ; ils nient qu'on puisse valablement les ajourner hors de leurs îles, soit en Angleterre, soit d’une île à l’autre; ils demandent : 4” que ces ajournements irréguliers soient annulés, comme avaient été annulés des ajournements semblables donnés par les justiciers de 1309 ; 2° que le roi confirme expressément leurs coutumes, dont ils lui adressent un précis par articles ; 3° qu il envoie de nouveaux justiciers pour reviser les jugements des précédents. Pour obtenir ce qu'ils demandent, il font valoir avant tout leur bon droit; mais ils ont soin aussi de joindre à ces raisons des arguments d’une autre espèce : le roiet son conseil sont suppliés de considérer que les habitants des îles normandes « sont enclos de la grant mer en la marche de toutes nacions, par quoi il covient qils soient toutz jours prestz, ils ne seyvent quel hure, pur defendre eux et lour biens et sauver les chasteax et la terre a loeps nostre seignur le Roi et de ses heirs, en divers cas

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