DU CHEVAL DE COURSE
Il faut bien que je dise ici quelques mots du cheval de course, dont il sera si souvent question dans ce livre. Le pur sang, que les caricaturistes ont représenté comme une ficelle, est tout au contraire le type rêvé de l'élégance et de la vigueur. C'est à l'infusion du sang arabe pur que l'Angleterre doit la création, le développement et l'immense supériorité de sa race, suprématie incontestable et incontestée jusqu'au jour où, adoptant le même principe, empruntant à nos voisins non seulement leurs étalons et leurs poulinières, mais encore l'organisation de leurs courses, profitant des efforts qu'ils avaient faits depuis un siècle, nous sommes presque arrivés au même résultat.
< Personne, dit M. Bocher, ne conteste l'influence du pur sang
sur l'état général de la population, ni la nécessité d'entretenir au faîte de la production un certain nombre de types exceptionnels, fruits d'une sélection attentive et constante, créés non pas en vue de telle ou telle destination spéciale, de tel intérêt particu lier, mais en vue de l'intérêt général, dans lesquels se réunissent toutes les qualités, d'où émanent toutes les améliorations qui servent en même temps à former, à perpétuer dans toute sa valeur, la race supérieure à laquelle ils appartiennent et à répandre à tous les degrés et dans toutes les variétés des races secondaires l'action régénératrice dont ils sont la source et le véhicule. »
Tous les chevaux de pur sang sont inscrits au Stud-Book, le livre d'or de la race chevaline, dont la création en France date de i832.
Le Stud-Book est rédigé sous le contrôle d'une commission nomniée par le ministre de l'agriculture, qui la préside. Le viceprésident est M. Auguste Lupin, et les membres MM. le vicomte de Baracé, E. de la Charme, H. de Cormette, directeur des haras, le marquis de Dampierre, le comte de David Beauregard, Edmond Blanc, Moreau-Chaslon, Froidevaux, inspecteur général des haras, Pierre Donon, le comte G. de Juigné, de Laire, inspecteur général des haras, du Plessis, inspecteur général honoraire des haras, P. de Vanteaux.
Le Stud-Book n'a qu'un défaut : c'est de paraître trop irrégulièrement. Il est indispensable à tous ceux qui s'occupent d'élevage et de sport. On y trouve d'abord la liste des étalons, des poulinières, nés en France et en Angleterre; les étalons orientaux, les poulinières orientales. L'ouvrage se termine -par uqe table et un addenda de renseignements, reçus pendant l'impression, qui ne va jamais vite.
En i885, en ce qui concerne les chevaux de race pure, les inscriptions de poulinières au Stud-Book ont été de 2 554, dépassant d'une unité les déclarations faites en 1884. Le nombre de poulinières anglaises, qui était de 2048 en 1884, n'est plus que de 1997 en i885, tandis que celui des poulinières anglo-arabes, qui n'était
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que de 348, s'est élevé à 894. On peut évaluer à 1 160 le nombre des naissances en i885.
La commission du Stud-Book a, pour la représenter au Ministère de FAg-riculture, un secrétaire, auquel les éleveurs sont invités à envoyer la liste de leurs juments, celle des poulains qui sont nés de ces juments et leurs noms. Ils doivent dire les changrements qui se sont opérés dans leur élevage, indiquer les animaux vendus et les noms de leurs acquéreurs.
C'est un recensement très utile, qui n'est pas assez sérieusement imposé aux éleveurs. Voilà pourquoi il se fait avec beaucoup de négligence et paralyse la publication régulière du Stud-Book. J'ajoute qu'un seul employé me paraît insuffisant pour mènera bonne fin un travail aussi minutieux et aussi considérable.