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CHAPITRE XVIII

L'aspect des courses, au point de vue monijain, n'est ni moins varié ni moins curieux qu'au point de vue hippique. Le coup d'oeil n'est pas le même au printemps qu'à l'automne; le Grand Prix de Deauville ne ressemble en rien au Grand Prix de Paris.

Avant même l'apparition du printemps, les courses recommencent.

Auteuil,que la pluie et la neige contrarient parfois, est toujours très suivi. La foule des sportsmen, après le repos de l'hiver, est heureuse de revenir à son hippodrome de prédilection. L'élément féminin fait un peu défaut, surtout au début : ce sont les demimondaines qui donnent, soit à cause de leur plus grande intrépidité, soit à cause des steeple-chases, qui leur procurent plus d'émotions.

Avril ramène au Bois sporismen et sportswomen, heureux de vivre, heureux de revoir, au tournant de la Cascade, refleurir les lilas et reverdir la pelouse. Ce sont toujours les mêmes visag'es, les mêmes types connus ; il semble que c'était hier le dernier jour

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d'automne. Et pourtant plus d'un nom sympathique manque à rappel, plus d'un fidèle du turf a disparu! Mais point n'est besoin de serrer les rangs : pour un ancien qui est parti, trois nouveaux sont venus.

Déjà les équipag-es sont plus élégants et plus corrects ; adieu les fourrures admises à Auteuil, mais qui ne sont plus en harmonie avec les tons chatoyants des marronniers ! Seules les giboulées menacent encore : aussi les toilettes restent-elles sobres et même un peu sombres, une toute petite note claire s'y montre pour se mettre à l'unisson du soleil. Adieu les braseros qui rôtissent d'un côté pendant que le vent glace de l'autre!

Mais l'assistance féminine, un peu clairsemée tout d'abord, se complète peu à peu : la messe, la toilette a retenu les plus indolentes. Au commencement on s'observe, puis on se rapproche, on se retrouve, on se forme en petits groupes quelque peu exclusifs, mais d'où ne sont jamais complètement bannies la coquetterie et la médisance. Voici un groupe de parieuses : elles organisent des poules et déjà leurs jolis visages s'éclairent ou s'assombrissent, Rivant que la fortune les maltraite ou les favorise. Infortuné chapeau bleu ! son cheval n'est pas en forme î mais trois fois heureuse la petite capote cerise! Elle a pincé le favori. Nouvelle Perrette, elle escompte son gain et déjà son imagination galope à travers les étalages admirés la veille ; elle cherche l'emploi des louis qu'elle va toucher.

Ici c'est un salon, où l'on affecte systématiquement de négliger les courses. Les chevaux passent : on ne les regarde pas. Ils galopent, on leur tourne le dos, et de retour à Paris les belles indifférentes demandent qui a gagné le Grand Prix !

Celles-là sont de petites folles. Elles parlent de tout et ne pensent à rien, suivent la seconde course avec le programme de la troisième, oublient leurs ombrelles, cassent leurs éventails, causent, sans s'écouter les unes les autres, toilette, théâtre, beaux-arts, toilette surtout. Leurs langues bavardes n'ont jamais connu le repos. L'une d'elles cependant écoute d'une oreille attentive la conversation d'un grand jeune homme qui s'appuie

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légèrement au dossier de sa chaise, tandis que les trois autres disent à qui mieux mieux du mal de la petite baronne et de la blonde marquise. C'est un Five o'clock en plein vent, une potinicreen miniature.

Mais voici la vraie sportswoman; lorgnette en bandoulière, programme et crayon à la main, elle va, vient, s'agite, se démène, recueillant au vol tout les racontars. Rien ne lui échappe; à elle tous les tuyaux et les renseignements. Elle ne confie à personne

le soin de ses paris, cause avec les jockeys, sourit aus entraîneurs et ne dédaigne pas le commerce des gens d'écurie. Elle compare Bolfe A Hopkins, Hartley à Lane, au besoin elle s'enthousiasme pour Kearney.

Sans cesse à la recherche de la meilleure cote, elle se fait coudoyer stoïquement au milieu des listes; pour elle le bookmaker galant rehausse d'un point le chiffre, et lui tend son ticket en souriant.

La course commence; cette doctoresse en sport ne veut pas perdre une foulée de son favori. Elle grimpe sur une chaise.

comme une fauvette sur sa branche; sa lorgnette exercée suit le groupe mobile et multicolore, mais c'est son cheval surtout qui l'intéresse. Il gagne! Non! Son jockey le pousse, il est en détresse, il est battu! Mais le voici qui revient. O bofiheur! il est en tète au dernier tournant. Hélas ! voici un de ses adversaires qui l'attaque; tout est perdu; Rolfe a levé sa cravache. Encore un effort et tout est sauve ; sur le poteau il a repris - ". l'avantage, d'une tête seu-

' " lement, i! est vrai, mais,

comme dans les luttes électorales et parlementaires, qu'importe que la majorité soit faible, pourvu qu'on l'ait la majorité!

Pourtant, tout n'est pas fini. Dieu veuille qu'il ait son poids, qu'il ne soit pas invalidé, que le bookmaker paye! — AU right!

i crié d'une vois reten-

tissante le héraut d'armes des chevaliers de la sacoche, et dans les mains fiévreuses de cette Danaè absolument moderne la pluie d'or va tomber.

Calinetle est une fantaisiste : elle fait montre d'originalité, choisit son cheval d'après le nom qu'il porte : Bichelle, Plaisanterie, Didine, Ardente, Caressante ou Coureuse de Nuit. Elle s'attache même au numéro du programme, qu'elle pointe comme la carte à Monaco.

Paméla appartient, au contraire, au type classique : avant de partir elle a consulté la Chronique, pioché les performances, discuté les origines, lu toutes les feuilles et commenté leurs pronostics. Rien ne l'émeut, et le jour du Grand Prix elle parie volontiers pour les Anglais : en voilà une qui se moque du patriotisme!

' La femme du propriétaire s'intéresse aux chevaux de l'écurie et parie pour eux, même s'ils n'ont aucune chance. Que voulezvous? elle les connaît depuis leur naissance, elle les a vus grandir et, des fenêtres du château, elle a suivi leurs courses folles dans la prairie. Elle leur a caressé l'encolure de ses blanches mains; elle a partagé toutes les émotions et toutes les espérances, comme tous les déboires de leur préparation.

La femme du bookmaker ne lui sert de commis que lorsque sa fortune est modeste; plus tard elle reprend sa liberté, déserte le piquet conjugal et passe son temps à parcourir les listes, pariant elle-même, plutôt mal que bien, très accessible aux fausses nouvelles dont son expérience devrait la préserver, et ne joue heureusement que de faibles sommes : autrement cette Pénélope nouveau modèle déferait de ses mains le travail conjugal.

Celle qui est là-bas avec une cour de petits jeunes gens n'aimait jadis ni les courses ni le jeu. Mais elle est coquette, jalouse, et son mari est plongeur. Il est jeune, s'entête et double ou triple sa mise pour rattraper ses pertes. Elle vient le surveiller, n'empêche rien et se laisse glisser elle-même. Sa coquetterie ne s'en plaint pas: c'est un prétexte à toilettes. Superstitieuse et se laissant influencer par tout ce qu'elle rencontre, elle a foi en son étoile et n'a pas tort. Ses choix déconcertent la raison, et pourtant réussissent.

Madame, un 'peu pâle et toujours très émue, est mariée à un grand jeune homme, élancé comme un oiseau. Absolument nul, il parle peu, ne comprend guère et rit toujours. Pourtant elle l'aime inconsciemment. Excellent ménage : on vit largement, et pourtant on n'a rien. Cette jolie femme est un homme d'affaires : nul mieux qu'elle ne sait débrouiller un handicap et profiter des fluctuations de la cote. Elle ne lâche jamais son grand innocent, Tescorte jusqu'aux piquets et choisit le cheval, le bookmaker et la cote. Elle est la volonté qui commande et lui le bras qui exécute. Mais cette vie l'use très vite, elle vieillit : terrible chose que de compter sur le jeu pour payer son terme et sa couturière;

il y a tout de même une saveur d'imprévu : on part sans déjeuner et l'on dîne chez Bignon,

Tout ce monde s'étudie, se jalouse, s'observe, se contient. Quelquefois pourtant éclatent les scènes de ménage, qui amusent la galerie et dont les observateurs sont friands. < Qui as-tu pris? s'écrie madame, au chignon d'or très défraîchi ; moi je veux le 9, va me le chercher. — Le 9, mais c'est absurde!

il n'a aucune chance! D'ailleurs ii est trop tard, le signal est donné. »

Les chevaux arrivent, et, par le plus grand des hasards, le 9, une rosse, gagne d'une encolure. • La!

je l'avais bien dit! C'était sûr! on me l'avait donné!

C'est ta faute! Quel malheur de vivre avec un entêté pareil ! Tu sais pourtant que j'ai besoin d'argent! Mais ça m'est égal, tu me payeras tout de même : ça t'apprendra à faire ce que je te dis ! » Quelquefois elle ajoute : « Sale bête! • comme Sapho. Lui, baisse le nez, se sauve et revient plus tard recevoir une nouvelle bordée, à la grande joie des voisins, qu'amuse fort cette lessive de famille.

Et les scènes de pugilat et les luttes à main plate. Ce n'est pas le plus joli du tableau, mais ça se voit.

En route pour Chantilly! La gare du Nord a l'air d'une ruche où l'on a récolté un essaim. Des queues interminables se forment. Tous les guichets délivrent des billets pour Chantilly. D'énormes écriteaux portent l'inscription : ■ Courses à Chantilly. » Sur le quai, les trains sont pris d'assaut. Tout le monde va en chemin de fer, les voitures et les mail-coaches ne viennent que des châteaux.

Le train part; chacun s'installe, prend ses aises et regarde à la dérobée ses voisins ou voisines; puis on cherche à occuper le temps : d'abord l'étude du programme, puis la lecture des journaux. Dans certains wagons se sont faufilées des bandes de bonneteurs qui amorcent les naïfs. L'éducation du public s'est faite, les pigeons déviennent rares. Au bout d'une demi-heure, les distractions s'épuisent. Mais le paysage, d'abord monotone, est de plus en plus joli. Voici la forêt, les étangs, la Reine- Blanche, on arrive, on est arrivé, et, comme on voit au théâtre la fée étincelante rejeter tout d'un coup le sombre manteau qui la couvre, on voit tomber les cache-poussière qui dissimulaient les toilettes printanières. Les chapeaux ronds sont en majorité et les plumes sont devenues fleurs. On traverse la gare, au milieu des cochers qui assaillent le client, en lui criant leurs offres. Si le temps est beau, ils s'égosillent en vain; il est bien plus gai de gagner à pied l'hippodrome, suivant l'allée qui a nom des Aigles, mais qui mériterait celui des Mendiants. Les marchandes de muguet, à la bonne heure : ça embaume et c'est coquet! En passant, voici la tribune des Princes, qui ne sera plus vide. Les tribunes se garnissent de toilettes. D'autres femmes se forment en corbeille sur le gazon. Les villes de l'Oise, Beauvais, Compiègne, Clermont, Senlis ont toutes envoyé leurs contingents. L'état-major de la garnison de Senlis est au complet. Les modes nouvelles sont dans tout leur épanouissement; mais c'est au Grand Prix qu'elles battront leur plein.

Le prix de Diane et le prix du Jockey-Club excitent de grandes émotions.

Puis c'est la grande semaine : Grand Steeple ! Grande Course de Haies I Grand Prix ! tout est grand, il n'y a de place que pour les héros du turf. C'est la semaine bénie des couturières et des modistes, où tout Paris s'habille et babille en attendant l'heure de la séparation.

Les sportsmen ne sont pas toujours fanatiques de ces grrrandes journées, où les habitués se voient noyés dans le flot des profanes, où les plus intéressés ne voient rien. Mais le coup d'oeil

est joli : les tribunes ressemblent à des paniers d'Isabelle. Le soleil et la mode aidant, il y a parfois une véritable orgie de couleurs claires; le blanc surtout domine : robes de dentelle, de toile, de soie; ombrelles transparentes en gaze, en dentelle bouillonnée et toutes chargées de fleurs; grands chapeaux de paille avec nœuds de ruban menaçant le ciel et bouquets tremblotants.

C'est la plus belle, mais aussi la dernière journée de la saison parisienne : déjà les plages se préparent à recevoir leurs hôtes accoutumés ! Dans l'intervalle, Auteuil, Fontainebleau et Beauvais attirent et retiennent la plus grande partie des turfistes; il y en a qui pour un empire ne manqueraient pas Fontainebleau. La gare de Lyon est un peu loin, mais le déplacement n'est pas cher et là vallée de la Sole est charmante.

Quel plaisir de s'en aller à pied ou en voiture à travers la forêt ! Quel air embaumé et salubre ! Il en est qui, venus de bonne heure, déjeunent dans la forêt, au buffet du pesage.

Fontainebleau doit aussi son aspect particulier à sa garnison et à son école d'artillerie. Beauvais doit son élégance aux châteaux qui l'environnent. On y est généralement carbonisé.

Les sportswomen se retrouvent à Caen. Pendant quarante-huit heures la paisible ville normande offre un aspect nouveau. Voici les contingents de Trou ville-Deau ville, de Cabourg, Villers, Houlgate, Luc-sur-Mer, Saint-Aubin, etc. Voici les députations de Lisieux, Falaise, Bayeux, Bernay, Pont-l'Évêque, Saint-Lô, -etc. Voici enfin plusieurs trains complets qui arrivent directement •de Paris, proie rêvée par les hôteliers aux notes effrayantes. De tous côtés accourent les calèches, les omnibus traînés par de vigoureux percherons. Tout le monde est content et les châtelains ^sont heureux de procurer à leurs hôtes cette rare distraction.

A l'heure des courses, les rues de Caen sont vides : toute la

; population est sur l'hippodrome, revêtue de ses plus beaux

atours. C'est quelquefois un peu lourd, un peu surchargé; les

icouleurs sont parfois criardes, mais c'est très élégant tout de

jnême.

LE SPORT ET LA FEMME. SBq

Trouville ! Huit jours d'arrêt ! Les naturels de l'endroit trouvent que, si la semaine des courses n'existait pas, il faudrait l'inventer. C'est la moitié de leur rente annuelle.

Le flot des visiteurs apparaît dès le premier jour, depuis l'élégant qui prend le train de luxe jusqu'à la clientèle des trains omnibus qui arrive avec un parapluie, une canne et un sac de nuit. Tous les trains ont deux heures de retard; dans la gare les malles font des tours Eiffel. Pensez donc! pour huit jours, au moins seize robes !

Plaignons ceux qui n*ont pas retenu leur logis ! Pendant des heures, ils vont de porte en porte. Sans leur valise, on les prendrait pour ces fantômes des anciennes légendes qui, pour prix de leurs crimes, errent éternellement à travers le brouillard et la nuit.

Enfin, tout le monde s'est casé plus ou moins ; du matin au soir, d'élégantes Parisiennes trottinent sur les planches, afin d'y exhiber les dernières créations de Redfern.

C'est le règne de la fantaisie : le rouge et le bleu dominent. C'est le triomphe des robes matelot, avec leurs grands galons blancs et leurs ancres brodées partout, des jerseys qui portent sur la poitrine le nom d'un joli yacht. Pour les coiffures, la variété est extrême : à celles qu'on voit partout s'ajoutent les casquettes, les bérets, les toques de jockey et surtout les petits chapeaux marin, à bords plats, avec simple nœud sur le devant.

Deauville reste d'ailleurs la réunion élégante par excellence, et rien n'est plus joli, plus aristocratique que l'enceinte du pesage le jour du Grand Prix.

Puis cette animation, ce mouvement extraordinaire cessent brusquement : la mer est toujours aussi belle, le ciel est encore bleu, mais la cavalerie sportive est en route : c'en est assez pour qu'à sa suite s'envolent tous ces oiseaux de passage, dédaigneux des beautés de la nature, si tant est que la nature ait rien d'extraordinaire en ce pays. L'existence la plus élégante tient la femme en haleine. Pas un instant de repos, toujours en représentation! Le matin, c*est le bain et la potinière. Puis le déjeu-

ner, difficile à obtenir; les garçons, éreintés, ahuris, persécutés, ne savent à qui placer la langouste rémoulade.

Puis c'est, après la messe, l'heure de s'habiller de nouveau, monter en voiture, assister aux courses, faire des visites, et faire les planches à Trouville, dîner, nouvelle toilette, assister au spectacle ou au concert, au bal, et aux petits chevaux. Voilà la vie d'une femme élégante qui va se reposer à la mer.

Dieppe hérite de Trouville; pendant cinq ou six jours on y reprend la même vie, puis on se retrouve à Auteuil ou à Fontainebleau. Septembre ramène au Bois les fidèles; mais ce n'est plus l'assistance du printemps et de l'été. La villégiature et la chasse y laissent de nombreux vides. Pourtant bon nombre d'élégantes y viennent le dimanche. Les journées sont moins chaudes, mais encore agréables. Le Bois est ravissant avec ses teintes dorées. L'aspect des toilettes se modifie.

Le genre favori est le genre militaire. Les casaques de drap très collantes ont les unes des chevrons, les autres des brandebourgs, toutes des galons; mais les toilettes sont assez sombres, garnies de zibeline, de loutre et d'astrakan. Les chapeaux se font remarquer par leur exiguïté : c'est à peine s'ils se voient, vraies huppes de poules de Houdan. Beaucoup de capotes rouges de toutes nuances, depuis la flamme jusqu'au grenat, des plumes lisses et posées toutes droites, parfois mélangées avec des aigrettes de jais, des oiseaux entiers se culbutant, des tètes de loutre aux yeux de rubis, apparaissant dans un fouillis de rubans à coques droites.

Comme les sportsmen et surtout les sportswomen sont superstitieux, ils ont toujours un fétiche : celui qui a remplacé le fer à cheval, le porte-veine et l'éléphant blanc, est Vaudja. C'est le porte-bonheur des peuples qui habitent les bords du Nil; il avait déjà cette spécialité sous les Pharaons. On le faisait en or, en pâte, en bois. C'est à la fois le soleil couchant et le soleil levant ; l'œil droit et l'œil gauche ; l'œil d'Horus, la larme qui coule; le Nil, l'eau ou la chaleur qui féconde; son nom veut dire : santé, bonheur, prospérité.

LE SPORT ET LA FEMME. O o-'

Encore une jolie semaine à Chantilly, dans la forêt, qui semble d'or éteint, comme certaines femmes exquises à leur déclin.

Novembre appartient à Auteuil, et, sauf quelques-unes de ces journées rares que fournit Tété de !a Saint-Martin, les jolies frileuses font leurs adieux au turf ; seules les enragées luttent contre le froid et l'humidité, couvertes de fourrures et les pieds collés aux grilles des braseros ; elles voient courir le prix de la Croix de Berny, le prix de Clôture, le prix d'Adieu, le prix du Départ. Puis, comme dans la romance du Petit Faust : > Plusrien! c'est l'hiver! >

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