‹ Les courses de chevaux en FranceChapitre 68 sur 76 · SOCIETE DU DEMI-SANG · texte numérisé non relu

SOCIETE DU DEMI-SANG

I. Marquis de Cornulier. — 2. M. Legoux-Longpré. commissjiires. 3. M. TierccUn, agent général.

Société du Demi-Sang.

sion en 1860, devait bientôt s'org-aniser sur de nouvelles bases, et c'est quatre ans plus tard (1864) que se fonda la Société d'Encouragement pour l'amélioration du cheval français de demi-sang. Elle eut son siège à Caen, tout naturellement, puisqu'elle devait sa naissance à la collaboration des principaux éleveurs de Normandie. Et l'on ne pouvait pas dire pour cela qu'elle fût d'intérêt purement local, puisqu'elle recrutait ses membres parmi des hommes venus à elle de presque tous les points de la France et qu'elle dotait de subventions prises dans sa caisse les diverses Sociétés qui s'imposaient des sacrifices en vue de protéger l'élevage. Voici la composition du Comité fondateur : MM. le marquis de Croix, président, le marquis de Cornulier, le comte de Germiny, le comte d'Osseville, de Basly, Bastard, Brion, Desloges, le comte de Montigny, Forcinal, Henri de Saint-Germain. M. Legoux-Longpré n'était encore que le Messie pressenti ; il était très jeune, participait à la défense nationale dans une compagnie franche et ne devait entrer dans le Comité qu'en 1875, pour compléter un trio de commissaires qui depuis n'a pas varié : le marquis de Cornulier, Legoux-Longpré et Hervieu.

, Le trotting a maintenant sa place bien large au soleil hippique. Nous ne pouvons pas être encore orgueilleux de nos jockeys, je le confesse; mais, s'il y a encore beaucoup à désirer de ce côté, il faut avouer que l'amélioration de la race peut être considérée comme une vraie conquête nationale.

Les chevaux sont là; les hommes viendront! Il eût fallu les voir il y a vingt ans nos jockeys de courses au trot. Mais glissons sur ce point faible.

Dans les écuries de trotteurs, le maître — quand il est vraiment le maître — est trop doux ou trop emporté. Quand par hasard nous trouvons un cavalier de mérite, son premier soin est de ne rien apprendre aux camarades qu'il a sous ses ordres. Il sait, mais ne transmet pas son expérience de l'entraînement. Sa façon de donner des conseils est d'opérer lui-même en présence d'un élève auquel il n'explique rien et qui ne comprend pas davantage. Et maintenant faut-il s'applaudir de l'état actuel, qui en arrive à

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l'exploitation à outrance? Je crois au contraire que, si les hommes qui président aux destinées hippiques de la France n'y mettent bon ordre, la décadence arrivera.

J'ai peur que la production, l'élevage et l'entraînement des trotteurs, qui coûtent actuellement deux millions, ne trouvant qu'un ensemble d'allocations qui ne dépasse pas la moitié de ce chiffre, n'obligent l'éleveur à désarmer; car je ne pense pas que les transactions commerciales comblent le déficit.

L'éleveur cherche à produire, le marchand veut trouver le cheval d'hippodrome. L'éleveur, c'est-à-dire celui qui ne vend pas ses produits, procède d'abord par .croisements raisonnes et intellig-ents; il prépare un grand nombre de ses jeunes élèves pour la « course ». Il les nourrit en conséquence, les fait panser et manier pour les habituer à l'homme. Voilà qui est bon ; car le poulain, qu'il réussisse ou ne réussisse pas sur le turf, aura toujours le bénéfice des soins dont il aura été l'objet, soins qui autrefois lui faisaient complètement défaut.

Les haras et les remontes connaissent si bien les bons effets de l'entraînement, qu'ils n'hésitent plus à faire un premier choix parmi les vainqueurs des courses et sont d'autant mieux disposés à payer un bon prix qu'ils sont plus sûrs des origines.

Le fruit sec des courses n'en conserve pas moins les qualités acquises, le commerce le prend comme cheval de service et comme cheval de luxe.

Il n'y a à tout cela qu'un point noir : l'étranger, qui nous guette, écréme souvent avant nous et mange les bons marrons que nous tirons du feu.

Voici quelques détails complémentaires susceptibles d'intéresser les amateurs de trotting.

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