‹ Les courtisanes de l'égliseChapitre 8 sur 15 · XII J · texte numérisé non relu

XII J

La croisade précbée par Urbain II avait ranimé le fanatisme et l'enthousiasme de toute la chrétienté. Les partisans d'Henri diminuaient en Italie, tandis que ceux des Guelfes augmentaient. Henri opéra sa retraite; il revint à petites journées en Allemagne. Mais sa femme et son tlls révoltés n’attendirent pas son retour; ils passèrent à la cour de Mathilde.

« Cette fuite de Praxedis, dit le chapelain de Canossa, eut tout l'effet d’une grande victoire pour Mathilde et pour l’Église. »

Triste victoire achetée par la trahison. Mais une autre trahison aussi noire de la comtesse fut découverte par son mari, le duc Guelfe de Bavière, qui, comme Godefroi le Bossu, ne fut nullement enchanté d’avoir été épousé pour la forme. Cependant il contint son indignation jusqu’au moment où il apprit qu’avant son mariage la comtesse avait fait donation de tous ses biens à l’Église. Le pape Urbain II, jugeant qu’après la fuite de l’impératrice et la révolte de Conrad, la comtesse était assez forte pour lever le masque, lui demanda de renou-

veler publiquement sa donation secrète à l’Église. Le duc Guelfe bafoué exigea alors un divorce, tant pour n’avoir pas joui du mariage que pour avoir été dupe d’un faux contrat; après quoi le second mari se retira en Allemagne, comme le premier s’était retiré en Lorraine.

Appelée en témoignage, Mathilde convint que le duc avait dit l’exacte vérité, qu’il n’y avait jamais eu d’intimité conjugale entre elle et lui, en outre qu’elle lui avait fait une donation fictive de ses biens.

Ces procédés de dévote désaffectionnèrent de la souveraine de Toscane un grand nombre de chrétiens. Mais pourvu que l’Église triomphât, peu importait sa réputation à la fille de Pierre. Il ne lui restait qu’un obstacle à surmonter, qu’un adversaire à vaincre : l’antipape Guibert qui trônait à Rome. Mathilde ne craignit pas de s’allier avec Roger, le nouveau chef de ces Normands qui avaient mis Rome en cendres. Guibert vaincu s’enfuit à Ravenne, où il termina ses jours en entraînant au tombeau son compétiteur Urbain II, le grand prédicateur de la première croisade.

La comtesse avait déterminé la rébellion de Conrad, le fils aîné de l’Empereur, par l’offre de la couronne d’Italie; cependant elle le tenait trop outrageusement sous sa dépendance, et la guerre allait éclater entre eux lorsqu’il mourut subitement

au mois de juillet 1101, mort foudroyante qui rappela celle de Godefroi le Bossu.

Après les funérailles d’Urbain II, la comtesse dépécha à Rome ses ambassadeurs, chargés de favoriser l’élection d’un Toscan animé d’une haine religieuse implacable, le cardinal Rainerius, qui devint Pasqual II. Mathilde et le nouveau pape se concertèrent pour fomenter une nouvelle trahison intestine à la cour d’Henri IV ; ils circonvinrent le plus jeune des lils de l’empereur, l’héritier de la couronne; ils lui promirent leur appui et l’entraînèrent à la rébellion. Cependant le jeune Henri aurait dû être désarmé par la générosité de l’Empereur qui, ayant compris son impatience de régner, l’avait fait couronner dans la diète de Cologne en 1098. Mais, héros et type d’ingratitude, il n’hésita pas à déclarer à son père qu’il ne le reverrait que lorsque son excommunication serait levée. C’était entrer ouvertement dans le parti du pape et de la comtesse.

Le fils révolté convoqua une diète à Mayence le jour de Noël; il conseilla perfidement à son père

de se retirer dans l’intérêt de sa sûreté au château d’Ingelheim et d’y attendre les décisions de la diète. Les archevêques de Mayence, de Cologne et de Worras vinrent bientôt le sommer, au nom de la diète, de leur remettre les ornements impériaux destinés à son fils : la couronne, l’anneau et le manteau de pourpre.

En vain le vieil Henri chercha à les émouvoir en leur rappelant ses bienfaits : les indignes évêques se jetèrent sur lui, arrachèrent ses insignes, en disant :

« N’esl-ce pas à nous qu’il appartient de sacrer les rois, de les orner de la pourpre? Celui que nous avons revêtu par un mauvais choix, pourquoi ne l’en dépouillerions-nous pas? »

Après avoir subi de tels outrages, le vieil empereur, dont la destinée lamentable rappelle celle du roi Lear de Shakespeare, convoqua le ban et l’arrière-ban de ses fidèles serviteurs, en forma une armée, puis il marcha à la rencontre de son fils : il le vainquit dans une première rencontre; malheureusement sa victoire lui coûta la moitié de ses partisans; accablé par le nombre, il fut complètement défait. 11 erra quelque temps sur les bords du Rhin, dépouillé de tout et réduit à une telle misère, selon la légende, qu’il aurait proposé à l’évêque de Spire de sonner les cloches et de remplir l’office de clerc pour gagner son pain de chaque jour.

Accablé sous le poids des chagrins, excommunié par l’Église, trahi par ses fils, abandonné par ses vassaux et sujets, l’empereur d’Allemagne mourut comme un pestiféré, dans la solitude et le désespoir. L’évéque de Spire But pitié de son cadavre, et, malgré l’excommunication, l’enterra au fond d’une crypte de la cathédrale.

A cette nouvelle, l’odieux Henri V ordonna l’exhumation du cadavre de son père, dont les restes furent jetés, comme ceux d’un chien, au milieu d’un champ peu éloigné de la ville de Spire.

Voici l’oraison funèbre d’Henri IV faite par le chapelain de madame Alàthilde :

« Ce roi se roula, comme un pourceau, dans le vice et dans le mal... Saoulé de chagrins et de dégoûts, battu, cassé, tordu comme un arbre jeté à terre, n’espéraiil plus môme le repos dans la mort. »

Est-ce assez chrétien?...

Après avoir dispersé les os de son père le grand maudit de l’Église, Henri V envoya à Lucques et à Rome des ambassadeurs pour demander la récompense de son impiété filiale, de sa monstrueuse ingratitude. 11 renouvelait sa soumission envers l’Église et le saint-père; il exprimait le désir que le pape lui plaçât sur la tôte la couronne impériale, enfin il réclamait du saint-siège le droit des inves-

titures, refusé au prix de tant de luttes à son père.

Mathilde accueillit bien les ambassadeurs de Henri; mais, lorsqu’elle connut les exigences royales qu’ils avaient été chargés de transmettre au pape, elle engagea secrètement Pasqual II à ne pas accéder à une telle demande. « Ce serait perdre en un jour, disait-elle, le fruit de trente ans de combats et d’efforts, ruiner l’œuvre de Grégoire et retomber dans tous les désordres du passé. »

Pasqual II, enhardi par la comtesse, refusa à Henri le droit des investitures. Il consentit seulement à lui donner la couronne impériale s’il était fermement résolu à se montrer le fils obéissant de Pierre, comme Mathilde en était la fille soumise.

Le jeune roi d’Allemagne n’avait ni les défauts ni les qualités chevaleresques de l'empereur son père que la violence et la franchise perdirent. Il était pétri de malice et de ruse. Sans montrer aucun mécontentement de sa déconvenue, il partit tranquillement à la tête de son armée pour Rome. Il ravagea toutes les villes italiennes placées sur son passage, en ayant la précaution de respecter les États de Mathilde, qu’il invita à la conférence de Bibiancllo. La comtesse sortit de ses tours de Canossa pour défendre la conduite et les volontés du saint-père. Mais elle faiblit devant les hypo-

tOi LES COURTISANES DE L'ÉGLISE.

crites protestations d’Henri; croyant à sa soumission réelle au pape, elle conclut avec lui une trêve; c’est tout ce que demandait le roi. Il traverse rapidement la Toscane, qu’au mépris de la trêve ses soldats ravagèrent, puis il arrive devant Rome, après avoir eu l’attention d’adresser à Pasqual II un hypocrite message qui l’assurait de ses respects, de sa fidélité de bon chrétien, de sa soumission absolue à ses ordres.

Le pape l’accueille avec joie; il lui donne solennellement la couronne et lui rappelle ses serments d’obéissance au saint-siège. Mais le lion rejette la peau de renard et dévoile sa ruse. Henri se lève impétueusement en disant au pape d’un ton impérieux :

« Je ne veux pas, saint-père, que tu me donnes seulement la couronne, il me faut encore l’anneau et la crosse pour que je les confère à mon tour à tous les évêques de mon royaume, ainsique l’ont fait mes ancêtres. »

Henri V réclamait hautainement les investitures des évêques que ses prédécesseurs, disait-il, avaient possédées pendant quatre siècles, depuis Charlemagne, sous soixante-trois pontifes, en vertu et par l’autorité de nombreux privilèges ; en outre, il déclarait que ses ecclésiastiques se contenteraient des dîmes et des oblations, et que le roi reprendrait, retiendrait, pour lui et pour ses successeurs.

les terres et les droits régaliens qui avaient été donnés aux églises par Charles, Louis, Othon et Henri.

Pasqual opposa tant au nom de son clergé qu’au sien un refus formel à ces prétentions impériales dépassant celles d’Henri IV, de funeste mémoire.

L’assemblée était très-agitée pendant ce débat * pathétique. Le roi furieux fil arrêter par ses cstafiers allemands le pape, tes évéques, les cardinaux et les citoyens qui les soutenaient.

Cependant deux évêques avaient pu s’échapper de l’assemblée ; ils avaient informé les Romains de l’attentat du roi et de ses Allemands contre le saint-père. Les Romains, mettant la nuit et les ténèbres à profit, tombent à l’improviste sur les troupes royale qui, refoulées, reculent au delà du Tibre. Mais Henri les ranime, les ramène au combat et se rend maître de toute la ville. Ces avantages obtenus, il fait conduire le pape et ses cardinaux dans la forteresse de Tribucco.

Dès que Mathilde connut la captivité du pape, elle dépêcha Arduin, son plus éloquent conseiller.

avec la mission de rappeler le roi à ses engagements envers l’Église.

Henri se déclara prêt à s’incliner devant le pape, mais sous la condition expresse que le saint-père lui donnerait la couronne impériale, et renoncerait aux investitures ainsi qu’aux droits régaliens.

Effrayé par les menaces de mort des farouches soldats d’Henri, et ne voyant pas d’ailleurs d’autre moyen de sortir de sa cage, le pape fit toutes les concessions refusées si obstinément à Henri IV. Il signa un traité par lequel il cédait à l’Empereur l’investiture des évêchés et des abbayes de son royaume ; il releva les partisans d’Henri de toutes les excommunications qu’ils pouvaient avoir encourues; il s’engagea à ne jamais l’excommunier luimême ; bien plus, il accorda la terre sainte au corps d’Henri IV. Lorsque le pontife eut confirmé ce traité par serment sur l’hostie sacrée partagée entre les communiants, et qu’il eut place- de sa main la couronne impériale sur la tête d’Henri, les portes de sa prison lui furent ouvertes, ainsi qu’à ses cardinaux.

Henri V partit triomphant. Il avait vengé l’humiliation de la couronne. Plus habile que son père, il avait joué le pape et la grande comtesse ; le traître qu’ils avaient formé, qu’ils avaient poussé à la félonie, à la rébellion contre l’autorité paternelle, les frappait sans pitié, mais en toute justice. Avant

de quitter l’Italie, Henri rendit ses devoirs à sa mère dans son château de Bibianello. Il apaisa ses ressentiments par de mielleuses paroles ; la réconciliation se fit, et l’Empereur se sépara très-ami en apparence de Mathilde, qui, suivant sa parole, voyait son œuvre détruite et cinquante années de guerres soutenues pour défendre l’absolutisme papal et le fameux droit d’investiture réduites à néant par l’habileté d’un conquérant allemand.

Mathilde recevait le châtiment de son abandon des intérêts de l’Italie, de sa politique antinationale et papiste. Elle était bien forcée d’accepter le triomphe d’Henri V, car ses sujets pressurés et fatigués, dont elle devait réprimer les fréquentes insurrections, auraient refusé de la suivre dans de nouveaux combats. Et cependant quel beau rôle elle eût joué si au lieu de se sacrifier à l’exaltation de la papauté, de se constituer l’humble vassale du saint-siège, elle eût mis son courage indomptable, son caractère énergique et son belliqueux génie au service de sa nation ; en un mot, si elle eût préféré être appelée le porte-étendard de l’Italie plutôt que la fille soumise de Pierre.

Pétrie de la main des papes, la madone armée de Pltalie devait rester enchaînée à la poursuite de leur idéal. Jusqu’au règne de Mathilde, les républicains de l’Italie, voyant ou devinant la voie fatale où la papauté poussait leur nation, s'étaient opposés vigoureusement à leurs tendances théocratiquesen plaçant, à l’exemple des anciens Romains, l’élément politique et la liberté au-dessus de l’élément religieux. Mais ladévote fille de Pierre donna à la papauté une puissance temporelle et militaire qui lui permit de ruiner le parti républicain, de résister à ses prises d’armes, à ses insurrections. Mathilde, en outre, divisa Tltalie et l’Allemagne en deux factions armées: les Guelfes(du nom deGuclfe de Bavière, le second époux de la comtesse), parli-^ sans aveugles du pape, et les Gibelins partisans de l’Empire. Il ne fut plus question de savoir si l’Italie devait constituer des pouvoirs politiques assurant son indépendance, mais seulement qui avait raison ou de l’Empereur ou du Pape.

Ainsi posé, le problème était insoluble, car au point de vue des droits et des libertés des nations.

pontifes et souverains avaient tort : l’unité théocratique représentée par la papauté et l’unité nationale par l’empire étaient également funestes. Mais au point de vue des situations respectives, il était bien permis à la féodalité militaire, aux rois et aux empereurs du moyen âge, de refuser leur vasselage au pontificat de Rome.

Si la guerre civile coïncida avec la guerre étrangère pour désoler les belles contrées de l’Italie, et si les empereurs d’Allemagne frappèrent impitoyablement les Italiens, ceux-ci méritèrent leur sort, car ils avaient dédaigné les théories antjpapistes de leur aristocratie républicaine et prêté main-forte aux manœuvres de leurs pontifes.

Mathilde de Toscane fut le fléau de l’Italie ; elle la détourna de son vrai but politique pour l’enfermer dans l’impasse religieuse. En outre elle fortifia matériellement la papauté ; elle constitua le despotisme à double face du sainl-siége, sans compensations ni satisfactions possibles pour la malheureuse Italie rivée à la chaîne temporelle et spirituelle de saint Pierre. --

Les dernières années de la comtesse furent attristées par le triomphe imprévu du traître Henri V. On la croyait morte lorsqu’elle se releva de son lit d’agonie pour écraser une nouvelle sédition de la ville de Mantoue; ce fut son dernier effort. Elle s’éteignit à soixante-neuf ans, le 24 juil-

let 11 15, peu regrettée de ses peuples et chantée par son chapelain de Canossa sur ce tou dithyrambique :

« Ta gloire, 6 Christ, est restée debout, grâce à l'héroïque Mathilde. C’est pour toi qu’elle a combattu les princes impies et les villes rebelles. »

Au mépris de la donation au saint-siège faite par Mathilde, Henri V rentra en Italie pour s’emparer des États de sa cousine. Fort de soixante mille soldats supérieurs à tous les jurisconsultes, il attaqua la validité du testament de la souveraine de Toscane; il prétendit que Mathilde avait entendu parler de ses propriétés, non des fiefs ou des biens régaliens:

Pasqual ayant de bonnes raisons pour ne pas comprendre ainsi la donation de la fille de Pierre s’éleva vivement contre la prise de possession impériale. Henri alla lui donner une consultation de droit à Rome. D'ailleurs il avait un autre grief sérieux à lui reprocher.

Le traité du pape avec l’empereur, arraché, comme on l’a vu, par la violence, avait excité l’in-

dignation de tous les dignitaires de l’Église et de tous les Guelfes; on le considérait comme un lâche abandon de la politique de Grégoire VII, des conquêtes de la chrétienté sur l’empire.

Sollicité de ne pas exécuter ce traité, de déclarer nul son serment et d'excommunier l’empereur, Pasqual avait réuni au palais de Latran un concile qui déclara nuis tous les engagements du pape visà-vis de l’empereur, et. l’excommunia pour avoir indignement extorqué le saint-siège. Le pape, assez perplexe entre l’empereur et le concile, n’approuva ni ne désapprouva la sentence. Il réussit à mécontenter les deux parties du débat; aussi son impopularité élaitcomplèteà Rome lorsque Henri V y entra aux acclamations des Gibelins et des barons mécontents de Pasqual II.

Le pape n’attendit pas l'empereur qu’il redoutait tant; il se retira d’abord au Mont-Cassin, puis à Bénévent, enfin en France.

Pendant quelques années, l’Italie fut livrée à une anarchie complète, partagée entre les prétentions contraires des Guelfes et des Gibelins; enfin, sous le pontificat de Calixte II, une diète assemblée à Worms en 1122 établit un accord passager entre les Allemands et les Italiens, entre le pape et l’empereur. Moyennant quelques concessions, Henri V garda le droit des investitures.

« Ainsi se termina par un arrangement puéril,

dit de Potier, après cinquante ans de guerre la plus acharnée, la funeste querelle des investitures. Mais la rivalité entre le sacerdoce et l’empire n’était pas éteinte. »

La théocratie et la monarchie, le despotisme religieux et le despotisme monarchique se sont longtemps disputé le monde et les peuples, jusqu’au moment où ils se sont entendus pour mieux exploiter et opprimer le genre humain.

Le résultat final de la querelle des investitures, close par la diète de Worms, annulait complètement les effets de l’action religieuse etmilitante de Grégoire VII et de Mathilde.

Non-seulement l’Italie paya-de son sang et de son argent les frais de cette guerre stérile en résultats et féconde en dévastations, mais l’héritage de Mathilde disputé par le saint-siège et l’empire, lui infligea encore plus d’un siècle de ruines et de désastres. L’Italie doit à la fille de Pierre un plus fatal héritage, contre lequel elle se débat aujourd’hui même. Les prétentions des papes à la souveraineté temporelle d’une partie du territoire de l’Italie s’appuyèrent sur la donation au saint-siège des

États de Mathilde. Avant elle, des donations avaient été faites au pontificat de Rome par Pépin, Charlemagne et Louis le Débonnaire ; mais les domaines de l’Exarchat et de la Pentapole étaient considérés comme des apanages ruraux, nullement comme des donations impliquant hommage de vassaux, droits régaliens et souveraineté politique.

Dante, le grand ennemi du pouvoir temporel du saint-siège, définit l’immoralité de ces luttes impies en disant que l’Église romaine était tombée dans la boue pour avoir confondu la nature des deux pouvoirs. Machiavel voyait dans Rome pontificale la destructrice de toutes les patries politiques, de toutes les unités nationales. D’accord quant au fond avec le jugement de ces deux grands hommes, nous résumerons en ces quelques mots l’histoire de l’Italie :

La papauté a été la cause de ses guerres intestines, de ses invasions étrangères, de ses servitudes, de tous ses malheurs.

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