‹ Les cousins du député [microforme]Chapitre 9 sur 42 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LARIVÉ, BAPTISTE, LANTONNARD, NAR- CISSE, LABROCHE, JÉROME, FRÉMICHOT

BarrisTe (bousculé à la porte)

Vous avez pas besoin de me tirailler, j’m’en vas.

LANTONNARD (poussant Baptiste)

Allons, place, escogriffe, c'est les parents du député qui viennent le voir. Où est-il mon petit Léon ? (Il entre en portant un pot de fleurs ; il est suivi de Narcisse, de Labroche avec un panier de provisions, dé Jérôme et de Frémichot.)

Tous

Enfin !... C’est pas dommage !.. Nous y voilà !

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és

LABROCHE

Sont-ils drôles les gens de Laurierville ?

LANTONNARD

Eh ben, mais le cousin? (Ayercevant Larivé derrière son bureau.) Ah ! le voilà, le p’tit Léon. Fe Tous | Le voilà ! le voilà!

Viens donc que je te donne la main, cousin. (/! lui donne la main sans quitter son pot de fleurs.)

LABROCHE ER Eh bin! vieux,te v'là donc député. Ca m'en donne de la fierté et dex larmes dans les yeux. (1 s'essuie les yeux.) Voïs-tu, mon p'tit, jl’avais toujours dit que tu deviendrais quelque petite chose comme ça. (2! lui donne la main. Tous les autres en font autant.)

LARIVÉ (tout en leur donnant la main) Mais … je suis bien content de vous voir tous.

ce; endant.… vous comprenez... je ne puis guère en ce moment...

LABROCHE

Te gêne pas, mon p'tit, fais comme chez toi... Eh bin, tu ne devinerais pas comment que nous sommes venus ? C’est le garçon au défunt père Dumoulin qu'a eu c’t'idée-là, sauf qu’il a manqué le train, parce que sa vache s’est cassé la patte par suite d'accident. Une malchance, quoi. Et puis. Vous me laissez tout dire, Lantonnard.

Expliquez-lui donc tout à éluir l’affaire de notre voyage.

LANTONNARD

D'abord, c'est moé qu’a eu la première idée, sauf que je ne l’avais communiquée qu’à moé-même.

Quand j’ons vu dans la Presse qu’il y aurait une ex position à Laurierville avec un train de plaisir, j’ons dit: partgns-y, les amie, et on verra du même coup les bêtes à cornes, le député, la vilie et tous les animaux, quoi donc. On est parti et nous v'là. C’est toute l’histoire.

LARIVÉ

Je suis bien content de vous voir tous, mais. vous savez que les devoirs de ma nouvelle fonction (A part.) La peste soit des cousins |

FRÉMICHOT

Père Lantonnard, dites-lui donc qu’il vous demande pourquoi que Vous avez un bouquet de fleurs.

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e en LANTONNARD Ça c’est vrai, j'allais oublier le principal. Tu sais bien, cousin, le rosier que ta marraine avait d planté le jour que tu es venu au monde, et que ‘h tu aimaiïis tant à arroser étant petit ? Il est mort Joe trois fois depuis ce temps-là ; on avait planté ça à per” la place, et j'ai imaginé qu’en te l’apportant ça te à rappellerait le jeune temps et les amis d'autrefois. patte Voilà.!

5 LARIVÉ ard étre Merci bien. C’est un gracieux souvenir. (A part.)

Triples campagnards !

On a aussi bien des choses à vous dire de tout le monde au pays. Sitôt qu’on a appris que vous étiez député, le maire de notre village a fait recoudre la frange du drapeau de la corporation pour vous faire honneur. .

NARCISSE

Et notre vache, elle a eu un veau !

LANTONNARD

Tais-toi donc, puisque nous n’l’avons pas amenée à l’exposition agricole.

JÉRÔME

Pi notr’ club de base-ball s’est fait battre tout le temps.

LARIVÉ

Votre club s’est fait battre ?

Re ne gene

JÉRÔME Oui ! les jeunes gens du village se sont réunis et on a formé un club de base-ball, pi on a commencé à jouer avec les clubs des villages voisins, mais on s’fait battr’ tout l’temps. Y nous faudrait que’que bon joueur de Montréal pour nous montrer.

Je m'occuperai de cela. Mais voyons, où allezvous loger pendant ces trois jours ? Je ne fais que d'arriver dans cette maïison-ci, et rien n’est encore placé. Jai engagé un jeune homme et sa femme pour tenir ma maison, et ils commencent aujourd’hui. Ils vont avoir beaucoup à faire pour la mettre en ordre d’ici à l’arrivée du ministre.

LANTONNARD Oh! ne te gêne pas pour nous. Nous serons bien ici, pas vrai, monsieur Frémichot ?

FRÉMICHOT À la guerre comme à la guerre.

LABROCHE J'ai là toutes nos petites provisions.

LANTONNARD Et puis, on mettra des matelas par terre pour coucher. On n’est pas tous les jours chez un député.

LARIVÉ

Je vais voir à arranger cela. Je vous laisse un instant pour voir si le jeune Baptiste Cousineau est

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à s'installer. J'ai des ordres à donner, car j'attends le maire de notre petite ville dans quelques minutes.

LANTONNARD Va, va, fais tes affaires. comme chez toi. (Lariré sort.)

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