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Leurs regards se choquèrent.
‘Les yeux de Benoît disparaissaient complètement sous la saïllie de ses sourcils froncés.
* Vous voulez m’entraîner à quelque mauvais coup! murmura-t-il,
—J°y suis entraîné moi-même, répliqua le vicomte avec froideur ; nous n’avons pas le choix des moyens... 0 affaires touchent aux miennes, mon garçon, et la police ni la justice ne doivent point se mêler de nos affaires.
—Qui donc peut divulguer nos anciennes relations ? bjecta Benoît. s
—C'est fait... J’ai raconté moi-même devant soixnte personnes notre rencontre et ce qui s’en est suivi.
— Quelle imprudence !”
Le vicomte soupira et dit :
“Ce n’est pas la seule que j'aie commise cette nuit!
—Vous avez fait ce que vous avez voulu! s’écria Benoit, ‘’insurgeant tout à coup; moi, je ferai ce que je oudrai... Ce n’est pas un procès que je crains... l'Indien va-t-il m'appeler devant les tribunaux : je vous le demande ! |
—Ïl le peut,” repartit le vicomte.
Benoît haussa les épaules.
“Sinon lui, poursuivit Henri, du moins le mayor.
—Comment pourrait-il prouver ?
—Cette nuit, interrompit le”vicomte, devant soixante personnes, j'ai donné mon approbation pleine et enière à un homme qui disait : “ Le Français Edouard et
n valet Mohican étaient deux voleurs et deux infâmes.”
Benoît le regarda d’un air ébahi.
Ah çà! balbutiat-il, cétte nuit vous étiez donc ivre u fou!
—Ecoutez-moi bien, mon ami Benoît, prononça le icomte lentement, la bataille n’est pas perdue encore ; Mais Vous né vous sauverez que par moi et avec moi...
Sil vous faut une explication, la voici: cette nuit, l’hôtel de Boistrudan, je me suis trouvé en face d'u homme qui sait tous nos secrets...
—Tous!... répéta le propriétaire avec effroi. C’: donc le mayor lui-même!
—Un instant, je l’ai cru... Cet homme a profité tri habilement de la manie de ma future belle-mère, tr jours avide d'aventures et d’impressions de voyage. | a raconté avec des détails très frappants de vérité, cctt épisode de notre Odyssée qui eut pour théâtre le camyx ment des Couteaux d'Or... Je venais justement de mor trer mon golden-dagger et de narrer je ne sais quel anecdote : notre repas chez l’Irlandais de la montagne. Pendant son récit qui a duré une heure (et comme cctt heure m’a semblé longue!) cet homme avait sans ces les yeux sur moi... je sentais qu’il me tenait en «0 pouvoir pieds et poings liés... mais, comme il tarda à m'attaquer en face, l’idée m’est venue qu’il voulait e compter sa science... Et, pour lui tendre la corde, j: donné mon témoignage sans réserve à tous les faits avar cés par lui.
—Quelle imprudence ! dit pour la seconde fois Benoi
—Je n'avais pas d'autre moyen d’éviter le coup 4 massue qu’il pouvait me porter d’un instant à l’autre. J'étais là en présence d'Hélène... J’ai dû même alle jusqu’à dire, tant les circonstances me pressaient, qu je savais le vrai nom des deux aventuriers et que...
—Et que?... répéta Benoît.
—Pourquoi le cacher ? reprit Henri après un court : lence, j’ai promis à la marquise de les lui révéler...
—La conclusion! interrompit Benoît d’un air sombn
—Cet homme savait tout, comme je l’avais. deviné cet homme aurait pu me montrer au doigt et dire: Voil celui qui a volé, voilà celui qui a délaissé une femm mourante et mère; voilà celui qui a fui devant le ver
geur!
nuit, i ice d'un