‹ Les coutumes indigènes de la Côte d'Ivoire. Documents publiés avec une introduction et des notesChapitre 39 sur 75 · PENALITES · texte numérisé non relu

PENALITES

Homme qui tue son père : est tué par son frère.

Homme qui tue sa mère : est tué par son père ou son frère.

Homme qui tue sa sœur, — —

Père tuant son enfant : paye au père de sa femme une amende de 150 francs.

Mère tuant sou enfant : mise aux fers pendant un mois et reçoit tous les jours 20 coups de corde.

Mari qui lue sa femme : paye une amende de 1.000 francs à son beau-père, sans quoi il est tué ou fait captif.

Homme tuant un homme qu'il surprend en flagrant délit d'adultère : mort; il est tué par le père ou le frère de la victime ou à défaut par le chef du village.

Homme qui tue sa femme sans excuses : mort, tué par le père ou le frère de la victime.

Fils insultant gravement son père et refusant d'obéir : est mis aux fers et reçoit chaque jour 20 coups de corde.

Inceste du père et de la fille : sont tous deux expulsés du pays.

Inceste de la mère et du fils, — —

Inceste du frère et de la sœur non mariés : chacun 100 coups decorde.

Inceste du frère et de la sœur mariés, — —

Femme mariée se conduisant mal : le mari peut rendre la femme à la famille, mais il n'a droit à aucun remboursement.

Homme qui tue un homme libre : mort, tué par le père de la victime.

Si le meurtre est commis à la suite d'une dispute : mort, tué par le père de la victime.

Homme libre tuant en cas de légitime défense : mort, lue par le père de la victime.

Homme libre tuant un homme libre qui a assassiné : morl. Seuls le roi ou les membres de la famille de la victime peuvent mettre à mort.

Homme qui tue un homme qu'il surprend en train de voler chez lui : acquitté.

Homme libre volant : mis aux fers et reçoit publiquement des coups de corde.

Homme libre volant un homme libre pour en faire un captif: expulsé du pays.

Homme libre volant un captif: 50 coups de corde (publiquement).

Homme volant une jeune fille non mariée: 50 coups de corde (publiquement.

Viol d'une femme mariée : 30 coups de corde (publiquement).

Viol d'une petite fille : doit garder la jeune fille et l'épouser.

Vente d'amulettes fausses par un marabout : le marabout rend l'argent.

Hôte mécontent de l'hospitalité reçue et laissant un papier pour appeler la malédiction sur la maison : expulsé du pays.

Captif tuant un captif de son maître : est vendu par son maître.

Captif tuant un captif non du même maître : est donné au maître du captif tué.

Captif allant cueillir du mil dans un lougan qui n'appartient pas à son maître : le maître paye le mil.

Captif se sauvant et restant dans le pays : doit être rendu à son maître.

Vol d'un bœuf : 50 coups de corde et rend le bœuf ou sa valeur.

Vol d'autres objets, — —

Ivresse suivie de coups : en prison jusqu'à ce que l'ivresse ait cessé.

Ivresse suivie de meurtre : mort.

Comme on le voit, dans presque tous les cas, c'est le chef de la famille qui est chargé de l'exécution des jugements. Quand le coupable est inconnu, on a recours au jugement du Bouri qui n'est autre qu'un marabout ou un disciple de marabout. Ce Bouri a, paraît-il, le pouvoir de retrouver, à l'aide de certaines formules, les coupables de quelque crime ou délit que ce soit. Inutile d'ajouter qu'il se fait grassement payer.

Les indigènes prétendent qu'il n'y a plus de Bouri à Bouna, mais tout porte à croire que cet emploi, si lucratif, n'a pas dû être abandonné. Parfois aussi, on s'en rapporte à ta position occupée par une poule tuée par un disciple du Bouri. Si la poule meurt, le ventre en l'air, c'est une réponse affirmative, le dos en l'air, c'est une réponse négative.

Enfin dans le Lobi, la justice est encore plus expéditive. Chacun se fait justice comme il l'entend. Ce sont alors, parfois, des guerres de Soukala à Soukala ou de village contre village.

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