‹ Les coutumes indigènes de la Côte d'Ivoire. Documents publiés avec une introduction et des notesChapitre 63 sur 75 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

SECTION I. — DE LA FAMILLE

Les indigènes du cercle de Sassandra forment deux groupes distincts: Sassandra ou Bokré el Drewin où Kéké.

Leurs diverses tribus ont des origines très variées ; quelques-unes proviennent du haut Cavally, d'autres du haut Sassandra, d'autres enfin de l'Est. Elles se sont fusionnées à un tel point que les Néyaus, ou habitants du cercle de Sassandra, ont acquis un type unique, distinct de ceux des autres cercles, ontun langage particulier, le JNfe'ttwaie, et paraissent bien différents, comme coutumes et comme race, des indigènes de Fresco, Lahou ou San Pedro, qui ont pourtant des origines semblables el se sont groupés de la même façon.

A part la pluralité des femmes, la famille est organisée de la même façon que chez les peuples civilisés.

La parenté s'établit par les deux Uges, paternelle et maternelle, mais la parenté par les femmes a relativement peu d'importance.

Les individus, issus d'un même père, habitent un même village. L'aïeul a autour de lui ses frères, ses fils el ses neveux.

Les filles, au contraire, quittent la maison paternelle pour rejoindre leurs époux el, dès lors, n'onl plus avec leurs familles que des relations éloignées. D'ailleurs, les Néyaus vont chercher leurs femmes le

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plus loin possible. Si minime que soit le degré de parenté entre deux jeunes gens, il suffit pour les empêcher de s'unir par le mariage.

Les familles, parentes entre elles par la tige paternelle, habitent, comme je l'ai dit plus haut, un même lieu ; elles forment la tribu. Le doyen des descendants directs du fondateur de cette tribu en est de droit le chef. Mais ce titre de chef qui lui est attribué n'est, la plupart du temps, qu'une simple marque de déférence. C'est à peine s'il peut obtenir l'obéissance de la part de ses propres enfants. Ses neveux ne reconnaissent pas son autorité.

Quelques chefs de tribu devenus très riches ont réussi à grouper autour d'eux, par des largesses, leurs parents directs, leurs esclaves et même un certain nombre de clients provenant d'autres tribus.

Ils peuvent ainsi disposer d'une force réelle qui leur servait, avant notre arrivée dans le pays, à opprimer leurs voisins et à commettre de multiples exactions.

Tel est le cas de Niéba Bougri, chef de la tribu de Kékéyo, considéré autrefois comme roi de Sassandra sous le nom de Kîng George et qui n'avait pourtant aucun droit à ce titre.

Je donne ci-dessous la généalogie de celte tribu de Kékéyo, parce qu'elle peut servir de type et faire comprendre d'un coup d'ceil la formation d'une tribu de Néyaux :

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