DEUXIÈME PARTIE
SECTION I". — DE L'INFRACTION
Comme je l'explique plus loin (IIIe partie) il n'ya aucune espèce de juridiction régulière. Les crimes, délits, contraventions, sont soumis a l'appréciation de l'arbitre ou de la collectivité.
Il est rare, d'ailleurs, que cette appréciation soit contraire au bon sens et en désaccord complet avec nos lois, notamment en ce qui concerne l'irresponsabilité ou les faits justificatifs, tels que la légitime défense.
Les poursuites ne sont faites que par la partie lésée.
S'il y a des indemnités à payer, les parents du délinquant sont responsables. Ils ne peuvent être atteints par la vengeance ou les représailles d'un crime que si leur complicité est dûment établie.
SECTION II. — DES PEINES
Quand un crime ou un délit vient à être commis, l'indigène lésé ou les parents de la victime réclament une indemnité. Si le coupable ne
COUTUMES DES KHOCJMEN DU SASSANDRA 503
paie pas, ils cherchent à se venger de lui selon la loi de lynch, enfin si le coupable trouve un appui dans sa tribu, il arrive la plupart du temps que la tribu de la victime lui déclare la guerre.
Dans ces circonstances, on a parfois recours à l'arbitrage de chefs influents qui n'appartiennent ni à l'une ni à l'autre tribu, mais les décisions de ces arbitres sont rarement respectées à moins qu'ils ne les imposent par la force.
SECTION IH. — RÉFORMES
En résumé, aucune loi n'existe, aucune infraction n'est définie, aucune peine n'est prévue. Chacun se venge, selon son bon plaisir ou selon ses moyens.
Cet état d'anarchie a tellement fait souffrir la masse des indigènes, qu'à part quelques chefs, dont la puissance est d'ailleurs bien réduite, on les trouve généralement disposés à accepter notre intervention ou à y avoir recours.