CAEN
[S. Jacques).
Le couvent dominicain de Caen a la gloire de remonter à
S. Louis, dont on voyait l'effigie sur une verrière, tenant
olise entre les mains: il s'élevait près des remparts qui ui servaient de clôture au midi ; au-delà des murs, les Frères sossédaient un vaste terrain qui leur servait de cimetière et qu'ils devaient, croit-on, à leur saint fondateur.
Nous conservons plusieurs sceaux qui illustrent leurs hisoires au moyen âge; un des prieurs, Jean, 1317 (arch. nat. no 9730), le représente aux pieds de la St Vierge, deux autres (nos 9798-9799) rappellent aussi l'Ave Maria.
En 4569, les protestants y portèrent leurs ravages, la r'ÉVO-
Archives nationtes, no 0732. ution n'en a presque laissé aucun vestige.
Nous avons cherché sur le plan de Bras (1585) dont nous
devons copie à la plume si fine de M. Jacquier, son église, sa haute tour, ses bâtiments, ses
jardins, sur une vue de 1672, d'intéressants détails du moyen âge. Nous avons cherché encore
quelques vestiges sur l'emplacement qu'il occupait. M. de Longuemar à bien voulu faire pour
nous, l'exploration dont nous transcrivons les curieuses découvertes : «au n° 6 de la rue des
de laquelle il ajoute : € Je vous ai marqué le chevet que
Jacobins, nous écrit-il, était situé le couvent de S. Dominique. L'entrée surmontée d’une niche vide avait cette inscription, Positus sum prædicalor, gravée sur un des montants; on ne distingue plus aucune lettre sur l'autre montant. La porte doit dater de la fin du xvrre siècle. On entre dans une grande cour ; au fond, à gauche, on remarque un contrefort qui a du soutenir
le
retrouve une grande fenêtre ogivale qui à du faire partie du chevet, la seule trace ancienne
mur de la chapelle, et qui s'appuie sur une maison bourgeoise ; dans le grenier on
que j'aie pu constater. Il n'y a pas de caves sous le sol, fréquemment livré aux inondations. Des maisons ont bouleversé l'aspect des lieux, on voit de place en place de vieux murs qui faisaient certainement partie du couvent, mais dont il est impossible d'établir la destination précise. Mme Lesur et les religieuses de la miséricorde, qui dirigent une crèche voisine, m'ont dit que des ossements, découverts il y à quelques années rappellent la présence du cimetière ».
M. de Longuemar a eu la bonté de faire une seconde exploration en notre faveur, à la suite ui découvert. Je suis revenu sur
place et, ce qui me confirme dans mon opinion, cest qu'à l'angle du mur, du côté de la rivière, du côté de la porte d'entrée il y à un contrefort intact un vrai contrelort de
chapelle ».
BIBLIOGRAPHIE
« Guide à Caen, 1857.
« De BrauRePAIRE, Caen illustré, 1896. p. 315-322. « Huer, Origine de la ville de Caen.
« TRÉBUTIEN, Caen, son histoire, ses monuments, 3e édit. p. 180. « P. CHart
« JAGQUIER, Reproduction des anciens plans. p. 194.
, Histoire des dominicains.
« De LoxGuEmaAR, Exploration des lieux.
Bibl. nat. — Latin 8846. b. 103.
CAHOR:
Les dominicains appelés à Cahors par l’évêque Bertrand de Cardaillac (1295) et par son successeur Pons d'Antéjac s’établirent d'abord près de S. Barthélémy, puis dans un jardin près
de l'Église S. Gery que leur avait donné Raymond Benedicti ; ils s'installèrent dans cette rési-
dence en 1227, y firent quelques constructions, une Église voûtée avec une chapelle pour les malades, un cloître, un dortoir, une infirmerie. Trente-six ans plus tard, ils se transportérent à côté de l'Église S. Pierre-des-Hortes au faubourg de Cabessut, où ils élevérent un couvent
plus vaste et plus commode. Ils étaient en partie redevables de cette faveur à un bourgeois de
Cahors, Arnaud Béraldi qui leur donna le terrain et une somme importante pour les constructions. Après la mort de ce bienfaiteur ils recueillirent pieusement ses restes (1260) et les
déposèrent dans le chapitre.
Les dons affluaient ; Guillaume de la Brone, évêque de Cahors (+ 1323), leur donna toute
sa fortune 20.000 florins (environ 65.000 francs) qu'ils employèrent dans la construction de l'E
dont il avait fait bâtir le chœur. Citons encore parmi les titulaires des tombes Concots, arche-
ise. En 1349, le cardinal Gaucelin de Jean fut inhumé au pied du grand autel de l'Église vêque d'Aix (1329), Pierre du Bérail, évêque d'Agde (1353), Pierre de Piret, évêque de Mirepoix (F 1348), Pierre de la Vie, seigneur de Villemur et beau-frère du pape Jean XXII (41337), Arnaud d’Ense, le père de ce pape enterré dans la chapelle S. Agnès.
En 1507, le chapitre général se tint à Cahors, circonstance qui prouve l'importance de son
couvent. Les protestants ne l’épargnèrent pas au xvie siècle (1580); les bras du transept, la voûte de l’Église furent brûlés pendant le siège d'Henri IV, les vases sacrés dérobés, plusieurs sarcophages profanés, notamment celui du père de Jean XXII et ceux de cinq à six cardinaux bienfaiteurs de l'Église.
Au 14% janvier 1609, un incendie dévora le couvent que les consuls en vertu d’une ordonnance royale firent reconstruire. La révolution en chassa les religieux. En 1885, une nouvelle Église s'établit au milieu des ruines sous le vocable du Sacré-Cœur, et les bâtiments sont occupés par un pensionnat de jeunes filles.
Peu de couvents dominicains nous offrent des restes si importants; l'abside est encore
debout avec ses contreforts et ses majestueuses lancettes à travers lesquelles on aperçoit les
vieux murs de la nef. Le clocher moderne doit avoir été refait sur les fondements de l’ancien,
nous avons essayé une restauration que j'ai soumise au regretté M. de Roumejoux, à M. de
Fontenilles, à M. l'abbé Massabie.
BIBLIOGRAPHIE
« BERNARD Gut, Fondations.
« Boyer, Voyage (de Jacques). — 171%. — Edité par M. Vernières 1886. L. d7 55.
« LE COMBARIEU et F. CANGARDEL, Archivistes, histoire générale du Quercy AS84. 4 vol. 8. « DE RoumeJoux, Lettres et documents 1901.
« Chanoïne POTTIER & Girma, Photograph
abbé LABORIE, Photographies.
Fe