II PRÉFACE
« Les disciples de saint Benoit ont-ils fécondé les terres incultes? Ont-ils prêté au travail et à la science des inventions et des idées? Ont^ils conservé, dans Tarche sainte du cloître, les trésors littéraires de Téloquence et de la poésie? Oui.
<c Les moines n'ont-ils pas fait vœu de pauvreté, d'humilité, d'obéissance? N'ont-ils pas renoncé à la famille, au plaisir, à la gloire, aux affections de toutes les sortes ? N'ontîls pas gravi, en priant^ en jeûnant, en travaillant, en se mortifiant, cette haute et aride montagne du sacrifice, qui touche au royaume de la perfection chrétienne? Oui. »
Les historiens qui parlent ainsi ont raison; mais ce n'est point là tout à fait l'histoire des couvents.
Les littérateurs du monde, en s'arrétant à leur tour sur une limite équivoque, n'ont daigné prendre garde qu'à la triste décadence des ordres monastiques; ils ont répondu à la partialité des historiens religieux :
« Les mo&astères les plus savants n'ont-ils pas détruit eux-mâmes les chefis-d'œuvre poétiques, les merveilles littéraires que la science du clottre avait dérobés à l'impitoyable ignorance de la barbarie? Oui.
« Les moines, qui avaient foit vœu de pauvreté et d'humilité, n'ont-ils pas fini par montrer à leurs amis et à leurs ei\oemis des richesses immenses, des vêtements magnifiques, des chevaux de luxe, des équipages somptueux? Oui.
'< Les moines de tous les pays n'oQt*-ils pm vécu au milieu