‹ Les couventsChapitre 3 sur 22 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

d'un cortège de clients, de valets et d'esclaves? Esi*ce qu'ils n'ont pas souvent accaparé les plus beaux revenus de la fortune publique? Est*<^ que les abbés n'ont point ressemblé, plus d'une fois, à de hauts seigneurs temporels? Es^-ce qu'ils n'ont pas gouverné des châteaux, des cités et des royaumes? Est-ce qu'ils n''ont pas ordonné des exactions^ calomnié les princes, conspiré contre les rois? Oui.

« Vous parlez à merveille de tout ce qu'il y a de grand» de beau, d'admirable, dans l'histoire des anachorètes du désert et des premiers cénobites d'Occident; mais, vous oubliez ce qu'il y a de triste, de honteux, de déplorable, dans l'histoire de bien des disciples de saint Antoine et de saint Benoit ! Est-ce que les moines et les religieuses, à un# certaine époque, n'ont pas succombé à la tentation de tous les péchés? Est-ce qu'ils n'ont pas soufflé dans le clottre, au lieu de l'éteindre, au lieu de l'étouffer, le feu des passions mondaines? Est-ce qu'ils n'ont pas franchi, le jour et la nuit, avec le plaisir, avec l'amour, avec l'ambition, le seuil des couvents où ils s'étaient promis de vivre en téte-àtête avec Dieu? Oui.

« Enfin, les désordres des moines et des religieuses n'ontils pas provoqué l'indignation de plus d'un concile? N'ontils pas été flétris par la justice des évéques et des papes? N'ont-ils pas mérité,... chose étrange!... la colère d'Alexandre VI lui-même? Oui. »

L'histoire des couvents n'est vraie, exacte, sincère, ni

Page 1