‹ Les couventsChapitre 4 sur 22 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

dans Tane, ni dans Tautre de ces deux opinions extrêmes : le souvenir édifiant des austérités chrétiennes du désert et du cloitre; le tableau scandaleux des fautes et des faiblesses de la vie céuobitique.

Cette première et cette dernière page d'un livre religieux, inspirées par des intérêts contraires, ne forment pas séparément un ouvrage historique; elles ne peuvent que servir de matériaux à des historiens qui voudront raconter à la fois le commencement et la fin, le bien et le mal d'une grande institution religieuse. Un historien politique, un historien d'État, si Ton peut s'exprimer ainsi, se souvenait de ce bien et de ce mal, de ce commencement et de cette fin, lorsqu'il disait à une nation assemblée :

c( Le sort de toutes les institutions humaines est de porter en elles-mêmes le germe de leur destruction. Les campagnes fécondées par de pieux solitaires ont vu s'élever dans leur sein dévastes cités dont le commerce a insensiblement altéré Tesprit de leurs fondateurs. L'humilité et le détachement des choses terrestres ont presque partout dégénéré en une habitude de paresse et d'oisiveté qui rendent onéreux des établissements fort édifiants dans leur principe ; partout à pénétré l'esprit de tiédeur et de relâchement qui finit par tout corrompre. L'opinion publique fortement prononcée a produit le dégoût dans le cloître, et les soupirs des cénobites, embrasés de l'amour divin, n'y sont que trop souvent étouffés par les gémissements de religieux qui regrettent

Page 1