PRÉFACE. V
la liberté. I^ moment de la réforme est donc arrivé, car il doit toujours suivre celui où les institutions cessent d*étre utiles'. »
La pensée qui sert de cadre à notre ouvrage est bien simple.
Si les cathédrales représentent toute la vie publique de rÉglise, a dit un spirituel écrivain, les couvents nous rappellent toute la vie privée du catholicisme.
La vie publique de rÉglise, c'est le dogme, c'est l'éloquence de la chaire, c'est la sainteté des images, c'est la pompe des cérémonies religieuses, c'est la foule qui s'agenouille à la voix du prêtre, c'est l'orgue qui pleure et qui chante sur des chrétiens , c'est le spectacle solennel des mystères de la religion, c'est l'égalité des grands et des petits devant Dieu !
La vie privée du catholicisme, c'est la foi dans la solitude, c'est la prière dans le silence, c'est la résignation avec un cilice, c'est le travail dans la contemplation, c'est la science dans l'extase, c'est la grandeur dans l'humilité, c'est la gloire sous le froc, c'est le christianisme tout entier dans la thébaïde de saint Antoine, de saint Paul, de saint Augustin et de saint Jérôme. — Les couvents commencent.
Mais le monde est comme le temps : il ne respecte que ce que l'on fait avec lui ! Le monde s'efforce tôt ou tard de péné-
* Rapport de Treilhard à rassemblée nationale, 1789. -- Les ordres et eongr^gations en France furent supprimés le 13 révrler 1790, en vertu d'un arllcle constitutionnel.