CHEZ LE JEUNE ENFANT
Nous l’avons vu, chez le jeune enfant, la discussion qui se pose est celle d’une hydrocéphalie.
Il existe des hydrocéphalies par blocage au cours normal du liquide ventriculaire et la cause la plus fréquente de ces hydrocéphalies, sont chez l’enfant les tumeurs de la fosse postérieure.
Elles sont certainement plus fréquentes que les craniopharyngiomes, et d'emblée c’est à elles que l’on pense. Elles sont mul-
P. Droguet ; 7
tiples, ce peuvent être des tumeurs de la ligne médiane ou des
tumeurs d’un lobe. Les plus fréquentes sont des astrocytomes, des médulloblastomes, mais il existe d’autres variétés de gliomes, des méningiomes, des tubercules du cervelet, etc. Nous ne pouvons ici entrer dans plus de détails sur ces tumeurs et renvoyons aux thèses de J. LEREBOULLET et de Loïsez. Toutes ces tumeurs ont un tableau clinique voisin.
Elles frappent de jeunes enfants. La céphalée est précoce, la
stase apparaît rapidement entraînant la baisse de la vision. La démarche est anormale. l'enfant marche la tête inclinée en torticolis et fixée, il se retourne d’une seule pièce. La démarche est hésitante, titubante. Il y a quelques maladresses dans les
mouvements des membres supérieurs. Il faut saisir rapidement ces troubles cérébelleux discrets. Les mouvements hésitants et :
maladroits des mains lorsque l'enfant veut saisir un jôuet, donnent plus de renseignements que les épreuves classiques du doigt au nez et des marionnettes.
Les craniopharyngiomes peuvent donner, nous l'avons vu, des troubles cérébelleux, mais ils sont habituellement plus tardifs. Il faut s’efforcer, par l’interrogatoire de l'entourage de connaître le trouble initial. « La notion du premier symptôme est capitale en matière de diagnostic de localisation d’une tumeur du cerveau » (Clovis VINCENT).
Le gros élément de diagnostic reste la radiographie, et les images de calcifications supra-sellaires viennent trancher le diagnostic très souvent. Quand les calcifications manquent (ce n’est tout de même que dans un quart des cas en moyenne), les images de destruction de la selle peuvent prêter à erreur. La dilatation du troisième ventricule par hydrocéphalie peut ouvrir la selle turcique. Elle détermine une usure des clonoïdes qui simule, non pas une tumeur intra-sellaire, car il n’y a pas d’effondrement du plancher de la selle, mais une tumeur supra-sellaire qui donne les mêmes aspects radiologiques.
/ Dans les cas douteux, le dernier mot reste à la ventriculogra-
phie qui dans les craniopharyngiomes, montre, outre le remplissage des ventricules latéraux, l’absence de remplissage du troisième ventricule, ou son remplissage partiel avec amputation de sa partie antérieure.
Les tumeurs de l'aqueduc de Sylvius, certaines glioses de l’aqueduc, déterminent également une hydrocéphalie, On les observe
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surtout chez le jeune enfant. Là encore, c’est la ventriculogra-
phie qui, dans bien des cas, permet seule de trancher le dia-.
gnostic.…
L’hydrocéphalie pure, hydrocéphalie congénitale, dite essentielle, n’est pas toujours d’un diagnostic aisé. Quand élle est : modérée, elle peut rester supportée pendant des années. Parfois les enfants n'ont pas de retard dans leur développement. Leur, intelligence est normale. L'hydrocéphalie peut déterminer des troubles oculaires, qui peuvent être aussi bien la stase que latrophie primitive par compression des nerfs optiques. Elle peut même dans les années qui suivent entraîner des troubles de la croissance, et du développement génital, qui contribuent plus encore à orienter le diagnostic vers un syndrome hypophysaire. On conçoit.la difficulté du diagnostic, entre ces hydrocéphalies compliquées de syndrome hypophysaire, et les craniopharyngiomes qui entraînent très souvent l’hydrocéphalie.
- Là encore, la ventriculographie,. en l’absence de calcification
supra-sellaire, rétablit le diagnostic.