MARTIAL ET ARMAND
GALERIE DE VENTE REDFERN
de rinspiration romane, et pourtant ne sont nullement d'inspiration historique ; dentelles, rubans, chiffonnés de toute sorte, c'est une harmonie qui vous enchante et qui vous grise.
Et quelles couleurs ! Des tons francs et des tons attendris, des dièzes majeurs et des chansons bémolisées, tout l'arc-en-ciel, avec les sept lignes de sa portée chromatique, sur lesquelles la symphonie s'écrit en frissons vivants de jeunesse et de beauté !
De temps en temps, sur un appel, le mannequin dit le nom dont
on a baptisé le costume qu'elle présente, et, comme les spectateurs ne sont pas ici des esthètes ni des contemplatifs, le prix ; puis, le silence renaît, et ce n'est qu'à côté, dans les pièces voisines, où les mannequins se métamorphosent, que l'on perçoit le brouhaha de voix rapides, jeunes, affairées ou gaies, qui bavardent comme des oiseaux dans une volière.
C'est quand on voit passer ces « collections » qu'on mesure de quel effort multiple d'imagination est faite la mode, la mode qui doit, dans sa fantaisie, aller de la jupe la plus simple à la parure la plus excentrique, et pour qui il est obligatoire d'innover loin de l'ambiance qui sera celle de sa réalisation. Sa devise pourrait être : Deviner, prévoir, suggérer !
Et c'est Paris qui accomplit à la fois et toujours cette mission créatrice et cet apostolat d'initiation, puisque c'est dans ses ateliers les plus illustres que l'étranger vient voir, périodiquement, comment la bonne semence a levé.