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CHAPITRE III

LES HEURES DU JOUR MARQUÉES PAR UNE TOILETTE S AUTREFOIS H TOILETTES DE PRÉSENTATION S LE LINGE : DANS LE PASSÉ ET aujourd'hui ® DU TACT DANS LES ROBES DE VISITES S DE LA PUISSANCE AFFECTIVE DES COULEURS H DU SENS DES COULEURS AU QUINZIÈME SIÈCLE a DU CHAPEAU, ETC. saBliailIlH®

FRANKLIN disait : « Une Française brille plus dans son déshabillé du matin qu'une petite maîtresse anglaise mise avec beaucoup de recherche et de dépense. »

C'est donc qu'à toute heure du jour, la feinme élégante ne doit jamais

oublier qu'elle est et que sa fonction est de demeurer vine femme élégante. Et il en a toujours été de même; c'est ce qui fait qu'à travers les époques la mode que nous voyons fixée soit dans des portraits, soit dans des images, s'impose à notre attention, non seulement par son caractère devenu historique, mais par une certaine séduction d'une délicatesse infinie.

« Il nous vient en leur présence, a écrit M. H. Bouchot, un

plaisir comparable à celui de feuilleter un livre de vignettes anciennes, dont tout au plus la reliure aurait souffert. Qu'on tourne les pages, et l'on revit un temps inconnu ; des idées particulières, une autre existence, que celle du moment présent.

« Une philosophie se déduit de ces constatations : c'est combien la chose futile et frivole que l'on dit être la mode, 'marque d'une indélébile empreinte chaque génération. »

Par conséquent, en même temps que la femme prend du plaisir à se bien vêtir, elle travaille inconsciemment à la joie des générations à venir.

Je reconnais qu'aujourd'hui les protocoles divers de la toilette ne sont pas réglés avec la précision que l'on y apportait sous l'ancien

régime. Autrefois, sans pour cela forcer le costume à signifier des symboles, il y avait, pour certains actes de la vie de société, des habitudes qui, au fond, étaient à la fois plus et moins que des habitudes ; plus, parce qu'on y enfermait une part de sentimentalité obscure, qui nous paraît bien enfantine; moins, parce que de si durables servitudes ne s'expliquent que par un excès de sottise à les adopter ou de veulerie à s'y soustraire. Mais revenons aux costumes protocolaires.

On sait qu'autrefois la présentation

à la cour se faisait en grand gala, avec pas

mal de simagrées. La comtesse de Genlis nous a

conté cela dans son Dictionnaire des étiqtiettes

de la cour.

« La présentation des femmes, écrit-elle, consistait, après les preuves (de noblesse) faites et examinées par le généalogiste de la cour, à être présentée publiquement en cérémonie, en grand hahit de cour, par une femme déjà présentée...

'< On avait pris des leçons de révérences ; on avait un énorme panier, une queue qui pouvait se détacher, afin qu'on pût l'ôter quand on rentrait chez soi : cette queue s'appelait bas de robe. Elle était assez étroite et d'une longueur démesurée; il fallait vingt ou vingt-deux aunes d'étoffes pour faire un grand habit, sans garniture. »

Passons sur les révérences et le reste. Quant

à la toilette, elle était strictement décrite : Jaubert, en 1773, écrivait dans son Dictionnaire des arts et métiers:

« Le jour qu'une dame est présentée à la cour, et en corps, son bas de robe et son jupon doivent être noirs, mais tous les agrémens sont en dentelle à rézeau... Tout l'avant-bras, excepté le haut, vers la pointe de l'épaule où le noir de la manche paraît, est entouré de deux manchettes de dentelle blanche, au-dessus l'une de l'aiitre, jusqu'au coude. Au-dessous de la manchette d'en bas, on place un bracelet noir formé de pompons. Tout le tour du haut du corps se borde d'un tour de gorge de dentelle blanche, sur lequel on met une palatine noire étroite ornée de pompons,

corps

qui descend du col et qui accompagne le devant du corps jusqu'à la ceinture. Le jupon et le sont aussi ornés de pompons faits

avec du rézeau ou de la dentelle d'or. « Le lendemain du jour de la présentation, on se pare d'un habit semblable au premier, excepté que tout ce qui était noir se change en étoffes de couleur ou d'or. »

Dans le Livre -Journal de Af"" Eleffe, publié par le comte de Reizet, on trouve ce modeste compte de 1.382 livres 4 sols 4 deniers, pour la fourniture et la façon d'un habit de présentation fait par la célèbre marchande de modes à la princesse Solse (18 janvier 1789) ; et cette fourniture ne comprend que les garnitures, soit : '< Taffetas d'Italie blanc, frange de soie torse blanche, retombants de paillons argent bordés de perles et frange en grenat blanc ; rubans à deux rangs de paillons argent et trois rangs de jais blanc bordés de perles ; fond d'habit de satin blanc rayé de rubans en paillons argent et jais ; crêpe blanc brodé de jais; guirlande en feuilles de fleurs d'oranger en satin blanc et paillons d'argent ; quatre rattaches de bas de robe en paillons et jais ; quatre glands en bas de robe argent ; une palatine bordée de blanc et crêpe brodé de jais ; bracelets en ruban de satin blanc jais et perles ; bouquet de côté en pois de senteur et roses ; un panier de toile garni à volans de taffetas blanc avec son enveloppe : bouts de dentelle noire, manches et grand corps. »

Je n'oserais pas soutenir qu'aujourd'hui tout est changé; on a seulement moins de protocoles obligatoires et beaucoup plus de protocoles conventionnels qu'on n'avoue pas, ou, si on les avoue, qu'on suit sans hésitation, parce que c'est une occasion de plus de s'occuper de toilette.

Annoncez à une femme quelque nouvelle qui l'obligera à une manifestation extérieure, mariage, enterrement, baptême, soi- |tv^ rée, théâtre, ventes de charité, que sais-je?

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