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ces rayons de topaze et d'or
Le soir,
Splendeur éparse du soleil
Qui vibre en l'air et que reflète
L'eau du marbre et des miroirs !
O l'aquatique et musical essor 1
Ces éclats que les vitres caillent
Gardent les feux de la mer
Et des rutilantes écailles
Et des bijoux et des éclairs 1
Flots d'or et de topaze
Eclaboussant les vases,
Perlant au coin verdi des cadres;
Cascades,
Jour coulant de la terrasse,
Accords !
Le calme, le royal décor
Mon enfant, que pour vos extases
Vous offre ainsi que topazes
Le soleil d'or.
O les parfums tiédis du soir
Dans les jardins,
Le goût rose et lilas des fleurs I
Le ciel a moins de chaleur,
L'eau vibre moins
Sous les futaies il fait plus noir,.*
O la langueur sombre du soir,
L'adieu des feux et des regards,
Les brumes vagues,
La voix des nuits et des étoiles !
Tiédeur sentant la jacintke,
Silence déferlant au loin
D'appels et de crainte ;
Les mains dans les mains, les secrets,
Les soupirs, les mots, les tendresses I
O ce décor calme et royal,
Mon enfant, que pour vos désirs,
Vous abandonne, comme un saphir,
Le soleil descendu dans le soir !
Tu n'es plus que le soir où Ton glane, et j'en pleure *
Toi qui passas auprès de ma demeure
Du printemps sur la tête et le soleil au yeux,
Toi dont la chair était fuyante et lumineuse
Comme un beau jour de Mai sous les ramures vertes,
En T ombre tu disparais sans qu'il me reste
Ni la moindre fleur morte
De toi
Et de nos rêves.
Et cependant voici nos bois, Hêtres et frênes.
Courbant les flots de la lavande et des troènes, A travers cent parfums lilas et dorés Je te voyais venir, D'abord lointaine. . .
Et de tes bras fluaient des fleurs pourprées,
Des épis languissaient parmi ta chevelure,
L'eau des fontaines
Que les baisers n'ont pas ternie,
Lustrale,
Nacrait ta bouche,
Rose conque
Volubile , . .
Je t'attendais»
Blanche anémone fragile
Et souple,
L'azur aux yeux, déjà.
De ton désir.
Tristes pas, Vains soupirs î
On a fauché la houle heureuse des épis.
Mes bleus convolvulus brunissent chaque soir.
Je pense à toi, mon pâlissant espoir,
Je te vois fuir
Comme une folle épave
Noire
Sous la lune,
Et tu n'es plus
Pour moi
Qu'un souvenir hâlé que Novembre saccage,
Qu'un jardin matinal et pourtant mutilé ;
Lointaine, morte, froide, impure,
O femme,
Tu n'es plus
Qu'un coin de ciel roussi parmi les nuages,
Fuyant mes blés,
Au crépuscule.
-ta-
NON, mon âme, L'amour n'est pas ce jeu vernal Que l'on poursuit dans les bocages, Orgueil du chant joyeux des eaux Et des roseaux.
L'amour n'est pas ce blond mirage Où dans le lointain vespéral S'envole Et nage
Une galère aux panneaux d'or.
Non, l'amour N'est pas cela, mon âme, Pour nous.
L'amour est au-delà du soir,
L'amour a plus d'amertume,
L'amour est dans la nuit cet oiseau noir
Et taciturne.
L'amour est le morne océan
Des solitudes,
La mer livide qui se redresse sur son séant,
La pleine mer,
La mer nocturne . . .
Le veiit géant
Qui raille, souffre, fuit et rage
Et qui se tord dans les sinistres nuits d'orage
Sur les falaises.
Ôh! pourquoi ce réveil brusque
Et par ce matin rose,
Blanche baigneuse aux cheveux blonds,
Une aussi lourde incertitude
Et tous ces songes ?
Pourquoi cette ombre sur les yeux,
Ce goût amer et suave au cœur
Et la saveur,
Framboise acide ou blonde pêche,
Dont s'empourpraient soudain ses lèvres ?
L été
Frissonnait de jeunesse et d'air rose.
Les oiseaux,
Voix des jardins et leur clarté,
Fusaient comme éclats de soleil,
En chansons vibratiles
D eaux adamantines.
La mer
Lourde d'odeur saline et vague
Laissait voler en jeux nacrés
Sa chevelure
Jusqu'au rivage.
Et moi,
Le regard alourdi d'un cœur triste, Le cœur plein d'une étrange infortune/ Lassé des œillets et du miel,
je regardais
Là-bas,
Lentes étoiles,
Entre les eaux et le ciel
Disparaître
Une à une
Des voiles !
J'ai dit:
Qu'on ferme le parc automnal
Où s animaient souples mes rêves ;
Mes beaux lévriers ont bondi,
Blanc, bai, brun, noir,
Dans le soleil.
J ai dit :
Laissez à sa tristesse
Mon parc aimé,
Quil se délabre
Et que le hêtre, le frêne, 1 érable
S effeuillent
Dans les bassins du soir !
On a fermé le parc en deuil
Autrefois clair,
Dans les bassins,
De ses brocarts ;
Et nul essaim
Depuis lors
Ne s y pose ou ne le traverse.
On Ta fermé
Car les désirs de ma jeunesse
M'ont fui,
Ailés
Comme des flèches ;
Et depuis lors
Mon parc est môrne,
Ses vasques sèches
Gardent les feuilles
Et j'y suis seul.
Or
Te n'ai pas toujours été le passant triste
Qui se mire
Dans les bassins constellés d'or,
Le frère étrange et taciturne des fontaines,
Le solitaire,
Non.
Je fus le compagnon des routes
Qui jettent de clairs baisers
A l'ombre
Des cyprès,
L'ami rêveur des vierges blondes
Qui les sut chastes
Et dans le soir
Qui les sut lasses,
Celui qui chanta sous les treilles
En cherchant des fruits pour ses sœurs,
Les fruits de joie
Dont on regarde avant de les cueillir la flamme
Sur le ciel bleu.
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