DANS LA TEMPÊTE
rENT, tu peux m' entraîner dans ta robe sauvage Et d'un vol ébloui Me dévoiler des océans et des rivages Sous les rafales - — - oui !
Tu peux, foulant les bois que ta richesse irrite,
O Vent robuste et doux, Me forcer à courir dans les airs à ta suite,
En riant, n'importe où.
N'es-tu pas la harpe câline et turbulente,
Le sonore arc-en-ciel, Le soleil fugitif où mon âme volante
Se pose et boit le miel ?
Que m'importe ta haine aiguë et passagère Ou que dans tes yeux bleus
J'aperçoive l'orage obstiné qui lacère?
Je te sais d'autres feux.
Que me fait le mépris de ta bouche empourprée?
N'est-elle pas la fleur Où sommeille la joie estivale et pleuré©
Du jardin des couleurs?
Si ton approche est une houle ténébreuse
Et, les mains dans les mains, Nous luttons plus que l'eau et la côte écumeuse,
Nous cédons plus humains.
Ton éclat, tes élans sidéraux, tes victoires,
Non plus que tes douceurs, Ne me furent jamais étrangers, et ta gloire
Est ma fervente sœur.
Saisis-moi de l'étreinte farouche et subtile
Dont on aime l'effroi, Traversons des pays enflammés et des villes
Aux oscillants beffrois.
Nous verrons des spirales d'écume azurée,
Nous verrons les déserts Hausser vers nous leurs bras de parcelles dorées
Pour supplier les airs.
Atteignons les splendeurs et les voix des batailles !
Il faut que tout le jour, Enlacé à tes cris je m'enivre et m'en aille
Par les deux, foi Amour î