‹ Les crépuscules du matin;Chapitre 54 sur 60 · DANS LA TEMPÊTE · texte numérisé non relu

DANS LA TEMPÊTE

rENT, tu peux m' entraîner dans ta robe sauvage Et d'un vol ébloui Me dévoiler des océans et des rivages Sous les rafales - — - oui !

Tu peux, foulant les bois que ta richesse irrite,

O Vent robuste et doux, Me forcer à courir dans les airs à ta suite,

En riant, n'importe où.

N'es-tu pas la harpe câline et turbulente,

Le sonore arc-en-ciel, Le soleil fugitif où mon âme volante

Se pose et boit le miel ?

Que m'importe ta haine aiguë et passagère Ou que dans tes yeux bleus

J'aperçoive l'orage obstiné qui lacère?

Je te sais d'autres feux.

Que me fait le mépris de ta bouche empourprée?

N'est-elle pas la fleur Où sommeille la joie estivale et pleuré©

Du jardin des couleurs?

Si ton approche est une houle ténébreuse

Et, les mains dans les mains, Nous luttons plus que l'eau et la côte écumeuse,

Nous cédons plus humains.

Ton éclat, tes élans sidéraux, tes victoires,

Non plus que tes douceurs, Ne me furent jamais étrangers, et ta gloire

Est ma fervente sœur.

Saisis-moi de l'étreinte farouche et subtile

Dont on aime l'effroi, Traversons des pays enflammés et des villes

Aux oscillants beffrois.

Nous verrons des spirales d'écume azurée,

Nous verrons les déserts Hausser vers nous leurs bras de parcelles dorées

Pour supplier les airs.

Atteignons les splendeurs et les voix des batailles !

Il faut que tout le jour, Enlacé à tes cris je m'enivre et m'en aille

Par les deux, foi Amour î

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