PLUSIEURS CHOSES ENCORE
Quelle singulière tactique que celle des Compagnies d’assurances dans notre pays ! Un misérable met le feu à la maison d’une pauvre fille, Catherine Vinet; Catherine Vinet était montrée au doigt dans la localité qu’elle habitait, parce que, ayant eu un enfant, elle l’élevait courageusement. Le père, un séducteur, l’avait abandonnée, et la mère,
poursuivie par le dédain de ceux qui l’entonraient,
élevait péniblement une malheureuse créature sans nom et sans appui.
Catherine Vinet payait régulièrement ses annuités; elle pressentait peut-être que la haine des paysans tournerait mal pour elle; il fallait au moins sauvegarder le peu de bien qu’elle possédait.
La Compagnie, croyant à un incendie volontaire, a fait condamner cette femme à huit années de réclusion.
Quelle consternation a dû être la sienne 1 Ruinée par un sinistre, voyant ses peines perdues, ainsi que l’argent qu’elle avait payée au prix de tant de privations, condamnée sans être coupable et séparée de son enfant !
O justice des hommes! quel abîme sous les pas de cette femme !
Que va-t-il arriver maintenant?
La Compagnie ne payera qu’après sommation, après procès peut-être.
Et l’année de réclusion déjà accomplie, qui donc en indemnisera Catherine Vinet? Son enfant, qu’estil devenu? Est-il vivant encore? Quelles tortures a-t-il souffertes, ce fils de condamnée? Nous connaissons la charité des paysans.
Que de coups a dû recevoir ce petit être tandis qu’on lui disait : « Ta mère est au bagne! on a le droit de ne pas te traiter comme les autres enfants. •
Tout cela est horrible, n’est- ce pas? Que serait-ce donc si le coupable ne s’était volontairement dénoncé ?
Oue reste-t-il, d’ailleurs, à Catherine Vinet? Sa maison était brûlée, et on a dû saisir le terrain pour payer les frais du jugement qui la condamnait injustement 1
Les anciens avaient fait du hasard un dieu, divinité accidentelle et capricieuse que celle-là, influence sans cause et sans lois, sans direction et sans but. Ce serait une curieuse histoire que celle qui revient au hasard. Que serait-ce donc si on suivait pas à pas les évolutions et les retours imprévus de la vie de chaque jour? Il semble que tout homme ait six points gravés sur la poitrine, cinq dans le dos, quatre sur une épaule, trois sur l’autre, deux sous les pieds et un sur la tête.
C’est ainsi qu’il échoue ou qu’il réussit, qu’il gagne sa partie ou qu’il la perd, selon le côté où il est tombé et selon le point qu’il amène.
Pour peu que le soleil égaye la face du ciel, les rues de Paris sont à peu près désertes le dimanche. Voitures et chemins de fer ont entraîné vers les ombrages des environs toute la population, avide d’air et de verdure.
C’est à peine si, de midi à six heures du soir, quelques rares passants font retenjir de leur talon le pavé des quartiers qui ne touchent pas le boulevard.
Il était environ deux heures, la rue d’Aumale
semblait inhabitée, quand un jeune homme tourna le coin de la rue Saint-Georges.
«Tiens! dit-il en regardant à ses pieds, voici une jolie petite lettre, une lettre cachetée. Elle est soigneusement fermée, l’adresse indique une écriture féminine.... A mon inconnu!... Cet inconnu peut être moi aussi bien qu’un autre. Lisons ! »
Et le jeune homme oüvrit la lettre :
• Mon cher monsieur,
« Il faut que vous soyez prodigieusement inoccupé ou que vousayez bien du temps à perdre pour vous amuser à ramasser les papiers que vous trouvez dans les rues; vous ne pourrez donc jamais maîtriser votre coupable curiosité? Je suis en ce moment cachée derrière l’un des stores d’une maison voisine, et je ris de bon cœur à vos dépens.
« J’ai l’honneur d’être, monsieur, avec la considération que vous méritez.
« La demoiselle de la jalousie. »
« (i’est bien, » dit le jeune homme qui eut la présence d’esprit de ne pas se retourner.
Et il continua son chemin, en cachant le dépit que lui inspirait celte plaisanterie enfantine.
Il s’arrêta à l’autre bout de la rue, puis, revenant sur ses pas, il s’enfonça sous une porte avec le dessein de surprendre l’auteur de la mystification.
Le billet ouvert était encore en évidence sur la chaussée comme pour indiquer l’endroit précis où l’observation pourrait être fructueuse.
Plusieurs personnes passèrent; l’une s’arrêta, prit le billet, le lut, le relut, le mit dans sa poche et continua son chemin.
Une fenêtre s’ouvrit..., un nouveau billet vint tomber sur le troittoir.
Le jeune homme entra et s’informa auprès du concierge du nom et de la situation sociale des locataires du premier étage.
Cet étage était habité par M. B,.., négociant retiré, et sa lille Pauline, sortie du couvent depuis quelques jours seulement.
Évidemment, c’est Mlle Pauline qui avait inventé ce divertissement.
« Je ne l’oublierai pas’, » murmura le jeune homme.
Il ramassa le second billet et ne l’ouvrit qu’après être sorti de la rue.
La rédaction différait absolument de celle de la première lettre :
« Mon cher complice,
« Une violente migraine m’empêche de quitter la chambre ; je ne pourrai vraisemblablement pas faire partie de l’expédition, et il faudra que tu ailles seul retirer le précieux dépôt.
« La somme est considérable; une simple bêche te suffira pour la déterrer car elle est enfouie à fleur de terre, et je tremble, si tu ne te hâtes, que quelqu’un mette la main dessus.
« C’est au fond de la rue des Vignes, à Grenelle, à cent mètres de l’ancien couvent, dans un terrain vague. Tu verras un vieux poirier qui pousse à peine quelques feuilles ; creuse au pied de cet arbre. Fais vite, je t’attends. *
Lejeune homme qui avait ramassé les deux billets était licencié en droit et secrétaire d’un des avocats célèbres du barreau de Paris.
Il résolut de pousser l’aventure à bout, et, deux jours après, la jeune fille qui avait la manie d’écrire aux passants, trouva la lettre suivante dans sa corbeille à ouvrage : ■
« Mademoiselle,
« Je suis propriétaire d’un terrain situé à Grenelle dans la rue des Vignes, et je ne puis m’en prèndre qu’à vous de ce qui est arrivé. J’ai fait arrêter deux individus qui sont venus abattre un arbre dans ma propriété; ils ont produit à l’autorité un billet qu’on a reconnu venir de vous. Sachez donc qu’en creusant à l’endroit que vous avez si bien indiqué, on a trouvé le squelette d’un enfant. La justice est saisie de cette affaire et vous
allez être interrogée au sujet de la fin mystérieuse de cette créature infortunée.
C’est la considération que m’inspire le nom que vous portez qui m’engage à vous avertir de l’éclat qui vous menace. »
La lettre était signée : « Daniel, propriétaire à Grenelle. »
A l’heure du dîner, M. B... put remarquer que sa fille avait les yeux rouges ; c’est à peine si elle prononça deux mots pendant la durée du repas.
Le lendemain, un personnage vêtu de noir vint demander Mlle Pauline, qui tressaillit et devint pâle.
« Mademoiselle, dit le visiteur, je viens vous interroger au sujet d’une malheureuse affaire à laquelle vous vous trouvez mêlée....
— Oh! monsieur, répondit la jeune fille toute tremblante, je vous jure que je ne sais rien. C’est le hasard qui a tout fait. J’ai voulu m’amuser aux dépens des badauds et j’ai indiqué un terrain à Grenelle comme j’aurais indiqué tout autre endroit. Il faut croire qu’il y a partout des squelettes dans les environs de Paris, c’est ce qui donne à la campagne un air si triste I »
Le supplice ayant assez duré, M. B... revint auprès de sa tille, qui jura bien de ne plus écrire aux passants; et le jeune avocat, devenu l’un des habi-
LES GRIS DE PAON
tués (le lamaision, y trouva réellement le trésor que Mlle Pauline, trop modeste, l’avait envoyé chercher plus loin.
Un autre hasard, plus singulier que celui-ci, a fait la fortune du docteur Félix.
Ce praticien, si recherché aujourd’hui, occupait alors, dans les combles d’un hôtel de la rue de Ponthieu, deux pièces mansardées, qui, si eüguës qu’elles fussent, semblaient trop vastes pour le maigre mobilier qu’elles renfermaient.
C’était le temps des habits râpés, des pantalons effilochés par le bas, et des dîners à vil prix dans les crémeries et les petites tavernes où l’on étale, comme appât, dans la vitrine des œufs et des fruits secs.
Le premier étage de l’hôtel était habité par une riche Anglaise qui avait assez souvent des crises nerveuses, pendant lesquelles elle avait recommandé qu’on la renfermât dans sa chambre, sans que personne y pût être introduit.
Un soir, le docteur Félix avait été entraîné par quelques-uns de ses anciens camarades de l’école; habitué à la continence, il avait largement dîné, et il regagnait son domicile du pas lourd et pesant
(le l’homme dont le cerveau est troublé par les alcools.
Il était à peine rentré qu’on frappa violemment à sa porte.
« Descendez vite, lui dit-on, l’Anglaise se meurt ! »
Le docteur Félix, après être fllfecendu par l’escalier de service qui conduisait chez lui, remonta l’escalier d’honneur et fut introduit chez l’Anglaise. Celle-ci était étendue sans mouvement sur un canapé.
Le docteur voulut lui tâter le pouls, mais la chaleur et l’agitation de ses propres mains l’empêchaient de sentir le battement du pouls de la grande , dame.
Le docteur, désespéré, passa la main sur son front et reprit le bras de l’Anglaise, mais tout dansait autour de lui, il ne voyait plus....
ir laissa retomber le bras de la malade et s’écria avec une profonde douleur :
« Ivre ! »
Puis il se précipita vers la porte et regagna son taudis.
Le lendemain, lady X... le fit demander de nouveau. Elle le reçut dans un boudoir attenant à sa chambre à coucher, et quand les domestiques se furent éloignés :
' « Monsieur, lui dit-elle, vous avez découvert un terrible secret. Je vous crois Jiomme d’honneur, et
j’espère que ce secret restera entre vous et moi. En effet, monsieur, élevée en Écosse, dans un vieux château, j’ai passé mon enfance avec des femmes de peine qui ont trompé la confiance de mon père; j’ai contracté avec elles une malheureuse habitude, je ne trouve de foif ê^et d’énergie que dans un flacon de porto ou de sherry, et, hier, quand on vous a fait entrer, j’étais anéantie par un excès de boisson. Vous serez désormais mon médecin, monsieur. Pourrez- vous me guérir? Je ne l’espère pas, mais je n’en aurai que plus souvent besoin de vos soins. Vous êtes jeune, vous avez besoin d’arriver, je vous recommanderai à mes compatriotes, et je pense qu’ils seront pour vous une fructueuse clientèle. »
En effet, le docteur Félix est devenu l’un des médecins les plus riches de Paris; car vous n’ignorez pas que les Anglais payent très -largement, — quand ils payent.
Si nous savons comment payent les Anglais, nous pourrons voir bientôt comment payeront les Prussiens.
Il y aura des pots cassés, c’est une affaire entendue ; l’Autriche esfrhabiluée aux sacrifices, elle
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s’exécutera ; mais les marquis de Brandebourg n’eulendent pas de cette oreille-là, et il y aura certainement des pleurs et des grincements de dents.
Le prince Frédéric-Charles va-t-il reprendre les ordres du jour de Bonaparte?
Ce prince avait fait un joli début dans les duchés.
Unjour il s’écriait :
« Il suffira de dire ; « J’étais à Missunde, » pour que, dans la patrie, on réponde : « Voilà un brave 1 »
C’étaient là de nobles paroles.
Il est seulement regrettable pour le prince Frédéric-Charles que Napoléon les ait prononcées avant lui.
Dans ce cas, nous citons nos auteurs.
Le prince Frédéric-Charles doit connaître Napoléon, car ce conquérant est allé passer quelques jours chez lui.
Ainsi, le prince Frédéric-Charles pourra glisser dans une de ses proclamations ces paroles énergiques :
« Soldats! du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent. »
Il faudra seulement avoir la précaution de faire transporter en Saxe deux pyramides au moins.
Une autre fois, le prince Frédéric-Charles s’é-
criera ;
« Soldats ! c’est le soleil d’Austerlitz ! »
Ert même temps, on pourrait glisser dans les journaux prussiens le beau trait d’un soldat qui aurait dit à Tarchiduc ;
« Quand môme vous seriez le petit caporal, on ne passe pas! »
Il sera bon, pour la circonstance, de déterrer le fameux général Zieten. Zieten a laissé en Prusse une réputation proverbiale, quelque chose d’intermédiaire entre un héros et un épouvantail pour les enfants.
C’est le type du parfait hussard de l’époque. On conserve précieusement à la Kunst-Kammer de Berlin la représentation authentique de cet illustre personnage. C’est le masque le plus renfrogné qu’il soit possible d’imaginer, avec des sourcils en buisson, des moustaches pendantes et une interminable cadenette.
L’uniforme adapté à ce mannequin est aussi grotesque que la physionomie; le dolman en est décoré de plaques de fer-blanc, en forme d’étoiles, de lunes et de demi-lunes qui auraient satisfait pleinement à la curiosité de Cathos et à la vanité de Mascarille.
Zietèn, en un jour de colère, avait engagé sa parole de ne plus dégainer l’épée à la tête de son régiment.
C’était à Potsdam. Une armée prussienne s’exer-
çait aux dispositions stratégiques ; on venait d’inventer le déploiement en échiquier masqué.
« Quand l’ennemi est devant moi, dit Zieten, je fais mes dispositions sur le champ môme et je marche! »
Le vieux Frédéric haussa les épaules. Zieten, qui n’en voulait pas avoir le démenti, commanda une attaque simulée de la place, où la baïonnette agissait de franc jeu.
Le roi s’écria :
« Mais c’est un indigne c image! retirez-vous; je ne veux plus vous voir manœuvrer votre régiment! »
Zieten remit son épée au fourreau, commanda la conversion et rentra tranquillement à Berlin avec son régiment, qui comptait à peine deux ou trois cents blessés.
Plus tard, le roi eut besoin de Zieten ; la Pompadour avait mis une grosse besogne sur les bras de la Prusse, et Frédéric alla chercher le sabreur Zieten, si maladroit au camp de manœuvres, si précieux sur le champ de bataille.
« Sir 3, répondit Zieten, j’ai juré de ne plus tirer l’épée à la tête de mon régiment.
— Eh bien ! répondit Frédéric, tu commanderas ton régiment avec un fouet. »
C’est ce que fit Zieten, qui chargea le fouet à la main.
Ou’allons-nous faire de toutes les femmes si la "uerre qui s’annonce est aussi meurtrière que le nombre des combattants et la puissance des machines de destruction semble l’annoncer?
Qu’il meure cinq cent mille hommes, nous voici un million de femmes sur les bras, car un homme nourrit deux femmes en moyenne, sa mère et son épouse, ou son épouse et sa sœur, ou sa sœur et sa nièce, mais, quelles que soient les combinaisons, deux femmes au moins.
.le sais bien que le théâtre du Châtelet occupe à lui seul un grand nombre d’individus du beau sexe; il faudra donc, qu’à l’exemple de M. llostein, tous les directeurs de théâtres de l’Allemagne se mettent à jouer des féeries.
Le monde irrégulier de Paris n’est pas sans inquiétude.
On lui a promis l’Exposition, et il y compte;
mais d’ici là la situation financière lui parait lourde à supporter.
Le monde irrégulier se donnait de trop grands airs depuis quelque temps.
11 offrait des soirées, des bals.
Les demoiselles y ont pris l’habitude de s’appeler madame
Et il faut voir avec quel air ^incé une demoiselle demande à une autre demoiselle :
« Madame, comment se porte votre fils aîné ? »
N’est-il pas curieux d’étudier ces prétentions et amusant de les punir?
Chacune de ces filles se croit une supériorité sur l’autre.
Rien n’est plaisant comme de voir une ancienne femme de chambre dans ses salons. Elle imite le monde comme le zinc imite le bronze; elle reçoit et accueille avec un sourire aristocratique des créatures qui s’élancent à peine de la borne, et les reremercie de l’àoimeur qu’elles veulent bien lui faire.
Des gens en habit noir se font les complices de cette odieuse mascarade. Ils rient tout bas et en jasent une fois dehors ; mais tant que dure la soirée, ils gardent leur sérieux et s’habituent peu à peu à parler mensonge comme les filles qui disent d’eux :
« Ce sont des amis! »
LES CRIS UE PAON
Personne ne s’entend comme ces amis à compromettre les honnêtes femmes.
On parlait devant jjn de ces suffisants de la vie parisienne d’une soirée qui avait eu lieu la veille.
« Chez Mme de X...? dit-il d’un air entendu.
— Est-ce que vous la connaissez?
— Beaucoup.
— Êtes- vous allé à cette réunion ?
— Voici sa lettre d’invitation.
— Enfin, parlez, que s’est-il passé?
— Pas grand’chose; il paraît qu’elle m’avait remarqué à l’Opéra.
— Eh bien?
— Elle m’a adressé cette lettre sans que je lui eusse été présenté.
— Et puis?
— Et puis, j’ai tourné autour d’elle, cherchant sa main que je suis enfin parvenu à saisir.... Voyant que tout marchait à souhait, j’ai risqué la demande Je rendez-vous....
— Et elle l’a accordé ?
— A peu près. *
En ce moment survint un nouveau personnage,
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« Tiens! dit-il au narrateur, pourquoi n’ôtesvous pas venu chez Mme de X...? Je vous avais adressé une lettre d’invitation.
— Ah çà ! demanda le groupe des auditeurs , quelle est donc cette histoire que vous nous racontiez, puisque vous n’êtes même pas allé chez Mme deX...?
— Mon Dieu! dit lé fanfaron sans se déconcerter, je vous ai raconté ce qui se serait passé, si j’y étais allé. >
C’est ainsi que se passent le plus grand nombre des bonnes fortunes qui se racontent.
Un photographe connu est souvent heureux en clientes; dernièrement il avait fait la conquête d’une comtesse russe, Russe, certainement, comtesse, peut-être. ' 'N
La dame n’a pas été sans aventures sur le pavé de Paris; quand je dis pavé, je pourrais dire^ entresol, premier ou deuxième étage. C’est la même chose au fond, mais c’est plus poli dans la forme.
Le photographe avait amené la comtesse à Saint- Germain.
- Une table à deux couverts sous un bosquet, le tdte-à-tête était suave.
Plusieurs jeunes gens arrivèrent :
« Comment vous portez-vous, madame ?
— Et vous, cher monsieur ?
— Tiens I vous êtes ici: dit un autre.
— Charmée de vous voir ! »
Le photographe, contrarié de cette nombreuse intimité, tâcha de le manifester discrètement.
Il prit un plat, et souriant à la dame, il lui dit :
« A' oyons, comtesse, veux-tu du fricandeau? »
L’histoire est authentique, et le mot m’a été rapporté par deux témoins de la rencontre.
Mais, comme dit au président l’accusé Bideau ;
« Qu’est-ce que deux témoins dans un pays qui compte quarante millions d’habitants?