SCENE XI
Les Précédens , excepté la veuve GRAND-JEAN.
GRAND- JE AN
Bravo ! fiston !. . . tu commences bien la journée ; ça te portera bonheur.
LORRAIN
Jarni ! j'en ai pourtant ben commencé comme ça, qui n'en ont pas mieux fini pour moi. . . ah! (soupira :t ci regardant la place de Claudine.)
GRAND-JEAN
Eh! ben. . . tu pousses des soupirs d'une longueur. . . tu souilles ! tu souffles qu'on dirait du soufllet d' l'orgue de Saint-Eustache. . . quoiqu'tas donc?
LORRAIN
C que j'ai ?i . .(nez, j'ai c' que vous avez l'eu avant moi, c' que vot père a feu avant vous, c' que ben d autres auront z'encore après nous.
GRAND-JEAN
Est-c' que ton coeur s rait déjà z entamé?
LORRAIN
Z'entamé ?. . mieux qu'ç.a ; il est pris qu'il ne m'en reste pas ça !.. .
ghano-jean.
Pas possible !.. à ton âge ?
L ,i»RAJN.
Que vouhsz-vous, ¥ je suis z'hàîif c n'est pas ma faute.
e longue
( iG J)
GRAND-JEAN
À qui qu' t'en veux donc ?
LORRAIN
Comment I vous n' mettez pas V doigt d'sus ?
GRAND- JE AN
Est-c que ça serait. . .
LORRAIN
Du tout.
GRAND- JEAN
AlR : Quoi, ma ooisme est-tu fâchée?
S'rait-c' le cœur de la marbrière ?
LORRAIN
C n'est pas si dur.
GRAND-JEAN
S'rait-ce c'te veuv' la chaudronnière ?
LORRAIN
C n'est pas si mûr.
GRAND-IEAN
La marchand' de citrons , d'orange ?
C n'est pas si sûr.
M GRAND-JEAN
La eabartièr' , madame Mélange ?
LORRAIN
C'est bien plus pur.
GRAND- JE AN
Plus pur , plus sûr ! tiens , z'en mariage, c'est du clair s' et du solide qu'y faut , une bonne dot en un mot. . .
• LORRAIN
AlR : Le noble éclat du diadème.
Sans dentelle et saus cachemire t Je la vis un soir à Paphos t Et la beauté pour qui j soupire, N'a pas même un p'tit mérinos.
Un modeste fichu d'indienne , Le bavolet, la fleur des champs; Des bas bleus , un' Juppé de laine , Ça n'empêch' pas les sentimens.
GRAND- JEAN
Quoi î c'est c'te p'tite jardinière d' Argenteuil qui t'a donné
dans l'œil ? . . c' t'elle-là qui vous a pour tuteur un jeune frère qui ui mandera squ dernier sou!... ahîben. Lu sYais joliment z accouplé z avec c'te jeunesse sans expérience - 1 mariage est pour les pauvres un vrai collier d misère : les enians pleuvent comme la grèic.
LORRAIN
Eh ! ben, r grand mal. . .m'est avis que l1 monde tirerait bcii vite à sa fin si gn'y avait qu' les riches pour le rpeupler.
G' AND JEAN
Aux pauvres la b zace ! comme on djt. . .au résumé nous verrons par la suite ; mais pour le quart-d'heure , par toute l'autorité z et la tendresse que j ons pour toi, j1 t'ordonne d'aller dans un autre quartier rsemeler les particulières et y chercher chaussure à ton pied.
LORRAIN
Mais , mon père ! . . .
GRAND-JEAN
Assez causé. . . une goutte à ta petite Claudine et pas de riposte (Lorrain pt end son verre tristement , le psre Gruud-Jcai le regarde , trinque avec lui.)
AlR de l'ancien caveau.
Allons , d' la gaite :
iMTe\-
D ti beauté, Ça doit t' plaire !
Bois donc à | » 1 s in verre , Ln p'tit coup d' cast>is t Ou d tv< is , six; Bois , mon fils ; Ton viens, père En étoufferait bien dix.
LORRAIN
Ne craignez rien ; versez , versez.