‹ Les crises industrielles en AngleterreChapitre 20 sur 51 · LES DIFFERENTES THEORIES DES CRISES · texte numérisé non relu

LES DIFFERENTES THEORIES DES CRISES

Trois groupes de théories des crises. 1° Les théories de la'fproduc— tion (Jevons) ; 2° Les théories de l'échange (Laveleye, Juglar) ; 3° Les théories de la répartition (Sismondi, Rodbertus).

C'est en Angleterre que la périodicité des crises industrielles apparaît avec le plus de netteté. Mais, dans tous les autres pays capitalistes, on observe des fluctuations périodiques de l'industrie. A partir de la période de 1870- 1880, les phases de prospérité et de stagnation embrassent simultanément, ou presque simultanément, l'ensemble du monde capitaliste. Les dépressions industrielles qui se produisirent vers 1880, 1885, 1890, 1900 et 1908 se sont fait universellement sentir. La seule différence fut le plus ou moins d'intensité de la dépression dans les divers pays. De même pour les mouvements de prospérité. L'ébranlement de l'économie nationale dans tel ou tel pays, dans le passage de la prospérité à la dépression, y a été, en règle générale, proportionnelle à l'intensité du mouvement de prospérité. Là où l'essor industriel n'a pas eu un caractère brusque, on n'a pas observé d'ébranlement brusque du crédit lors du passags à la stagnation ; là où l'essor fut. très violent, la baisse du flux industriel s'accompagna de crises violentes et de paniques. Ainsi, l'Angleterre, pendant les derniers temps, n'a pas éprouvé de crise industrielle

typique ; elle n'a eu que des périodes de stagnation industrielle, sans aucuue panique ni ébranlement brusque du crédit. Au contraire, l'Allemagne et les Etats-Unis ont connu pendant cette époque toute une série de crises non moins intenses que les crises anglaises d'autrefois.

Comment donc expliquer ce phénomène énigmatique de l'évolution capitaliste, son caractère cyclique, la succession périodique des phases d'essor et de dépression? Pendant longtemps la science économique a été impuissante à donner une solution à ce difficile problème.

Les différentes théories élaborées pour le résoudre peuvent se diviser en trois groupes. Au premier groupe appartiennent les théories qui ont cherché les causes des crises dans le domaine de la production sociale ; au second, celles qui les ont vues dans le domaine de l'échange social; au troisième, enfin, celles qui ont cru les trouver dans le domaine de la répartition sociale.

La caractéristique des crises industrielles modernes est leur périodicité. Si la cause des crises était localisée entièrement dans la sphère de la production, la périodicité des crises industrielles ne pourrait. provenir que de fluctuations périodiques survenues dans telle ou telle branche de la production sociale sous l'influence de causes spéciales propres à la branche donnée. Quelle est donc la branche de la production sociale qui a ainsi ses fluctuations indépendantes? D'abord tout le domaine du travail économique qui est lié aux conditions atmosphériques, c'est-à-dire l'agriculture. Les récoltes des produits agricoles comportent des fluctuations considérables, d'où des variations dans le prix de ces produits d'abord, puis dans la quantité des produits industriels demandés par la population agricole. Les crises industrielles périodiques ne peuvent-elles donc pas résulter des fluctuations périodiques des récoltes?

Beaucoup d'économistes ont, en effet, tenté de montrer cette liaison, mais leurs efforts ont été vains. Le cycle capitaliste est régi par ses propres lois, qui sont indépendantes

Page 1